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Le Prix de la langue française décerné à Pierre Guyotat

Le Prix de la langue française récompense cette année un écrivain et dramaturge qui occupe une place à part dans le paysage littéraire. Un choix assumé. Dans son œuvre, qui fait toujours scandale, Pierre Guyotat invente un monde de guerre, de sexe et des formes nouvelles d’expression. Une langue déstabilisante, à la fois âpre et belle.

Il est né en 1940, écrit depuis plus de 50 ans et longtemps, son nom a été synonyme d’avant-garde, d’engagement politique, d’esprit de rébellion. De violence outrancière et d’obscénité aussi pour certains. Le nom de Pierre Guyotat est aujourd’hui encore associé aux scandales qui ont accompagné la publication de Tombeau pour cinq cent mille soldats, en 1967 (long poème cru et violent nourri de son expérience de la guerre d’Algérie) puis trois ans plus tard Eden, Eden Eden, interdit dès sa parution de publicité, d’affichage et de vente aux mineurs. Unis contre les censures, les milieux intellectuels et littéraires se divisèrent profondément, prenant position pour ou contre cette langue transformée, en quête de tous ses possibles.

Auteur de récits, d’essais, de poésie, de livres politiques profondément marqués par cette guerre qualifiée à l’époque “d’événements”, Pierre Guyotat est un écrivain rare et audacieux qui poursuit sa recherche sur la puissance des mots et la langue au travers de ses différents ouvrages. Il a reçu en 2010 le Prix de la Bibliothèque Nationale de France. En cette rentrée littéraire, il publie un roman autobiographique, Idiotie (Grasset), dans lequel il revient sur son entrée dans l’âge adulte, entre sa 19e et sa 21e année: son arrivée à Paris, ses rebellions, ses amitiés et l’élan qui le pousse déjà vers l’Art. Idiotie est en lice pour le Prix Médicis et le Prix Femina 2018.

Créé en 1986 par la Ville de Brive et doté de 10.000 euros, le Prix de la langue française, décerné par un jury composé d’Académiciens français, d’Académiciens Goncourt, d’écrivains et de journalistes*, distingue une personnalité du monde littéraire, artistique ou scientifique dont l’œuvre contribue de façon importante à illustrer la qualité et la beauté de la langue française. Pierre Guyotat succède au palmarès à Jean-Luc Coatalem, Philippe Forest et Mona Ozouf, lauréats ces dernières années.

Le prix sera remis lors de la cérémonie d’inauguration de la Foire du livre de Brive le vendredi 9 novembre à 18h.

*Tahar Ben Jelloun, Dominique Bona, Hélène Carrère d’Encausse, Paule Constant, Franz-Olivier Giesbert, Paula Jacques, Dany Laferrière, Alain Mabanckou, Jean-Noël Pancrazi, Bernard Pivot, Patrick Rambaud, Jean-Christophe Rufin et Danièle Sallenave.

Infos sur foiredulivredebrive.net.

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Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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