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La cheffe Catherine Grosjean a inspiré le film La Brigade

Après le documentaire Les cuisiniers de Treignac, voici la fiction inspirée de cette cheffe briviste au tempérament bien trempé qui transmet plus que son savoir culinaire à de jeunes migrants. Une comédie militante qui change notre regard sur ceux que l’on appelle les MNA (Mineurs non accompagnés) et leurs parcours déracinés. L’actrice Audrey Lamy était hier à Brive avec une partie de l’équipe pour présenter en avant-première le film qui sortira mercredi 23 mars. Allez le voir.

Documentaire Les cuisiniers de Treignac

Si pour son personnage central incarné par Audrey Lamy, Louis-Julien Petit s’est inspiré des différentes cheffes qu’il a rencontrées à travers la France, l’élément déclencheur n’en reste pas moins cette professeure briviste révélée en 2018 par le documentaire de Sophie Bensadoun. Une cheffe à qui il rend hommage dans le nom de l’héroïne, Cathy Marie, et qui apparait aussi brièvement dans le film en marraine de vocation.

L’origine se passe ici, c’est pour cela que nous sommes aujourd’hui à Brive”, expliquait-il hier après la projection. Pour creuser la question de l’intégration déjà abordée avec Les Invisibles, le réalisateur s’est invité dans la cuisine du lycée hôtelier. Le choc : “Il y a cette dame qui donne des cours de cuisine à des jeunes migrants. Et 100% des jeunes décrochent leur CAP, 100% trouvent un emploi, 100% s’intègrent…”, s’étonne-t-il encore. Mais l’idée du film était née. “Bon, d’accord, ça barde aussi dans la cuisine”, s’amuse-t-il en allusion à la poigne et au parler direct de celle qui règne en ces lieux.

“Louis-Julien qui arrive dans ma cuisine! Incroyable! Ça a été une très jolie aventure”, témoigne Catherine Grosjean. “Ça fait beaucoup de bien de voir des jeunes comme mes anciens élèves s’épanouir, acquérir de l’expérience, du travail et aller à leur tour dans la transmission. J’ai été un petit maillon qui a pu permettre cela.” Car si difficle soit le sujet social abordé, le film est une belle comédie émouvante qui donne à la sortie une bonne dose d’optimisme.

“J’ai kiffé”, déclare Demba Guiro, un des jeunes qui composent cette brigade cinématographique. “J’ai fait l’école de Treignac, j’ai été formé par la cheffe Cathy qui m’a donné un savoir-faire. J’ai eu mon CAP, j’ai travaillé au Garden Ice et aujourd’hui je suis chef de partie sur Paris. Je suis très fier de moi”, explique le Malien-Sénégalais. “Mon rêve est de revenir en Afrique, d’ouvrir mon restaurant et de pouvoir partager moi aussi mon savoir-faire.”

Son camarade Amadou Bah renchérit: “Ce film raconte notre histoire. Moi, je suis de Sierra-Léone. Je suis arrivé en France il y a 5 ans, j’étais dans la rue, je ne parlais pas français.” Une famille d’accueil l’a hébergé et il a pu suivre une formation pour devenir informaticien. “Mon but est de rentrer chez moi, créer une école en informatique pour que d’autres jeunes n’aient pas à vivre le même parcours que moi. Je veux dire merci aux gens, aux éducateurs, qui comme Cathy croient en nous.”

Et c’est aussi dans cette alchimie mêlant des acteurs professionnels comme François Cluzet à des jeunes, castés dans diverses associations d’accueil parisiennes, que tient le succès du film. “Je ne leur ai pas donné le scénario, juste raconté l’histoire dans les grandes lignes. Je voulais garder leur découverte pas à pas du personnage de Cathy Marie. Ce qu’ils ont apporté, a été exponentiel”, commente le réalisateur. “Il y avait quelque chose de spontané, d’authentique”, reconnait Audrey Lamy. Une fraîcheur vivifiante. Le film rend compte de ce courage au quotidien, de cette force qu’il faut pour arriver de part ou d’autre à transmettre comme à s’intégrer, pour comprendre l’autre aussi, le respecter, lui témoigner finalement de l’amour. Le film se nourrit de cette énergie. Et ça fait du bien.

Et après le film? Louis-Julien Petit propose aux spectateurs d’être acteurs de la société de demain. Il a acheté le numéro de téléphone 07.49.79.49.61 qui apparait dans une scène à la fin du film. Le numéro est bien actif et renvoie sur l’association nationale Famille rurales présente à travers tout le territoire. Il est à la disposition de patrons formateurs à la recherche d’apprentis qui ont envie d’engager ou de former des jeunes mineurs non accompagnés.

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Marie Christine MALSOUTE, Photos : Fatima Kaabouch

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Fatima Kaabouch

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