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“Les barrières vont être plus poreuses. Il faudra être très vigilants”

Photo Ehpad Bel Air de l’hôpital de Brive

“L’inquiétude n’est pas tant dans les Ehpad que dans les résidences autonomie qui ne disposent pas au sein de leur structure de référents médicaux ou paramédicaux”, a déclaré hier le docteur Florence Gourdeau Nauche, chef du pôle gériatrie à l’hôpital de Brive, lors d’une visioconférence sur le fonctionnement de la plateforme d’appui pour les personnes âgées. D’autant plus dans la perspective d’un déconfinement. “Il faut essayer d’avoir les mesures barrières les plus strictes pour éviter la propagation du virus.”

“Les Ehpad ont été exceptionnellement vigilants dans leur organisation pour prévenir l’entrée du virus et éviter qu’il se ne propage dans l’établissement”, a affirmé le médecin. “Il y a donc eu très peu de cas en Corrèze, qui ont d’ailleurs été hospitalisés. Et on peut espérer qu’il n’y en ait pas à venir”, précise le docteur Gourdeau Nauche. Mais qu’en sera-t-il avec la réouverture de ces structures pour les familles? Et dans la foulée avec le déconfinement…

Photo Ehpad Bel Air Brive

“Les résidents souffraient de l’absence de contact”, argumente la gériatre. Certes certains établissements avaient mis en place des rendez-vous Skype. Un pis aller. “On se retrouvait face à des personnes en demande et qui ne comprenaient pas qu’elles ne voient plus leur famille.” Même souci du côté du Département, autorité de tutelle. “Autant je peux comprendre sur le plan humain, autant j’en appelle à la plus grande prudence“, déclarait la semaine dernière le président Pascal Coste (lire notre article Une campagne de dépistage généralisé auprès des personnels des Ehpad).

Aujourd’hui, les visites sont à nouveau autorisées dans les Ehpad, avec un protocole de précautions. Si tout va bien, à partir du 11 mai, le déconfinement progressif va s’enclencher. “Les barrières vont être plus poreuses. Il faudra être très vigilants”, insiste le chef de pôle. D’autant que les masques sont encore des denrées à gérer avec parcimonie. Pour le public comme pour les professionnels. En Ehpad par exemple, le personnel en porte, mais pas les résidents. “L’idéal serait que les résidents aient eux aussi un masque au moment où ils reçoivent un soin, comme au sein de l’hôpital.”

Pour le chef du pôle gériatrie, “il faut essayer d’avoir les mesures barrières les plus strictes” et dans ce domaine, la plateforme mise en place aura tout son rôle à jouer. Car beaucoup de paramètres troublent encore la visibilité. “La population n’est pas suffisamment immunisée, nous ne connaissons pas l’effet du déconfinement, ce que nous réserve la période estivale. Y aura-t-il un ras de marée ou le virus sera-t-il diminué? Qu’en sera-t-il à l’automne?… La plateforme va rester ouverte pendant un certain temps.”

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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