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Victimes de violences. La Maison de soie ouvre lundi 2 novembre

C’est une structure unique dédiée à toutes les victimes de violences, majoritairement les femmes, mais aussi les hommes et les enfants. La Maison de soie réunit une équipe multidisciplinaire qui s’attache à tous les besoins : médical, social, psychologique, judiciaire, associatif…  pour une prise en charge la plus complète possible des femmes victimes de violences. Elle est située dans l’enceinte de l’hôpital de Brive, en face des urgences. Un cocon discret pour pouvoir cheminer à son rythme, sans jugement et avec bienveillance. Vous pouvez la joindre au 05.55.20.57.24.

Nous vous l’avions présenté début septembre lors de son assemblée constitutive (lire notre article ici). Le projet avait d’emblée fédéré l’ensemble des intervenants dans ce domaine. Sa gestion aura cependant duré plus de deux ans, avec des dépassements de terme dus essentiellement à la Covid-19. Il n’aura heureusement pas fallu attendre aussi longtemps pour passer de la création sur papier à la réalité du terrain. Deux mois après cette assemblée générale, la Maison de soie qui a vocation départementale, s’est installée dans ses locaux et va pouvoir ouvrir dès ce lundi 2 novembre, grâce à la mobilisation de tous les acteurs mais aussi au grand prix de 43.000 euros qui lui a été versé par la Fondation des femmes.

Pour quoi une telle structure ici ? Parce que malheureusement la Corrèze s’affiche comme un des départements où la mortalité rapportée au nombre d’habitants est la plus importante. En rouge bien foncé sur la carte de France des morts violentes au sein du couple. Un problème sociétal bien ancré. “En 2019, il y a eu en France 174 victimes de conflits intrafamiliaux dont 146 femmes, chiffre le docteur Claude Rosenthal, président de Gynécologie sans frontières, lors d’une conférence de presse ce lundi 26 octobre. “Tous les deux jours et demi, une femme meurt sous les coups de son compagnon ou ex-conjoint(e) et une femme est violée toutes les 7 minutes.” Le médecin est l’un des 3 porteurs initiaux du projet qui a germé de cette frustration qu’il partage avec nombre de professionnels à ne pas savoir/pouvoir apporter une réponse probante aux femmes victimes de violences de toutes sortes. À ses côtés, deux sages-femmes, Claire Laval du réseau périnatal Nouvelle-Aquitaine sur le territoire Limousin et Marie Scotet, praticienne libérale.

Dans sa conception, le projet s’est inspiré de la Maison des femmes de Saint-Denis, première structure du genre créée en octobre 2016 et gérée par le docteur Ghada Hatem, qui accompagne les femmes victimes de viols, de violences et d’autres abus sexuels. L’initiatrice était d’ailleurs présente par visioconférence lors de la présentation hier à Brive et a promis de venir pour l’inauguration reportée en raison de la situation sanitaire. “Je me réjouis de cette nouvelle petite sœur. Il faut que ces lieux existent car la violence n’a pas de frontière et n’est pas l’apanage d’une région. Tant que nous n’aurons pas changé l’éducation des petites filles et des petits garçons, nous y seront confrontés.

Les fondateurs de la structure briviste ont choisi de la nommer Maison de soie avec un logo tout aussi métaphorique. “La maison est un abri, un refuge, un lieu accueillant”, détaille Marie Scotet. “La soie évoque la douceur, un tissu précieux qui réchauffe rapidement, son fils résistant symbolise le maillage qui va donner de la force à chaque partenaire. Le papillon est symbole de transformation. C’est la métamorphose du cocon vers la libellule, la capacité de la victime à se transformer et renaitre.” Avec des maîtres mots: “accompagner, soigner, écouter, entendre, se libérer” mais aussi “confidentialité et gratuité“.

“Toute personne qui se sent victime pourra être prise en charge”, résume Claire Laval. “Femmes, hommes, enfants, avec aussi une prise en compte du handicap, facteur aggravant des violences. Notre mission est d’améliorer la santé globale des victimes de violence, faciliter leur prise en charge, favoriser la collaboration des acteurs, coordonner les parcours.” Pourront y intervenir des sages-femmes, médecin, médecin légiste, travailleurs sociaux, juristes, psychologues, les forces de police qui pourront y prendre un dépôt de plainte, mais aussi des bénévoles intervenant dans un parcours de reconstruction par groupes de parole ou des ateliers de chant, théâtre, karaté, danse et autres techniques de détente.  “Le projet fédère et le partenariat n’est pas fermé”, invite Claude Rosenthal.

Unique aussi en sons genre, la Maison de soie veut dépasser le champ originel de ce type de structure en s’attachant dans un deuxième temps aux auteurs des violences. “Il n’est pas normal et admissible d’être violent. La violence doit être considérée comme une pathologie qu’il faut soigner à ce titre par une prise en charge médicale de ses auteurs afin d’éviter la récidive. “Il est important de travailler aussi avec les auteurs de violences, sans jugement mais sans compassion non plus”, nuance Jean-Michel Bernard, président de l’ARAVIC (Association de réinsertion des délinquants et aide aux victimes en Corrèze). “Ce sera dans un second temps, Et les auteurs et autrices de violences seront pris en charge dans un autre lieu”, précise Claude Rosenthal.

La Maison de soie est située dans l’enceinte du centre hospitalier de Brive, en face des urgences, avec également une entrée depuis un portail situé sur l’avenue Pasteur. Elle est ouverte à partir du 2 novembre sur rendez-vous et accueil en urgence: lundi de 9h à 17h, mardi de 9h à 18h, mercredi de 8h à 13h, jeudi de 9h à 18h et vendredi de 8h à 17h. Par téléphone au 05.55.20.57.24. Page Facebook: Maison de soie Brive.

Sur ce sujet, vous pouvez consulter notre précédent article:

 

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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