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“Tous les secteurs d’activité sont essentiels, c’est le lien de notre société”


“La restauration, l’hôtellerie, l’événementiel, le sport, le voyage, la culture… souffrent de ne plus exister”, alerte la présidente de la CCI, Françoise Cayre. Les aides financières, les prêts, les reports de charges ne suffiront pas: “Seule la confiance du consommateur et des entreprises nous permettra de reprendre une vitesse de croisière raisonnable“.

Avant de présenter la nouvelle organisation de la chambre consulaire (lire notre article Un même directeur pour les CCI de Corrèze et Dordogne), Françoise Cayre a tenu à donner un aperçu des différents secteurs de l’économie corrézienne. Dans l’industrie, avec l’absence de visibilité à court comme à moyen terme, l’inquiétude reste présente avec des positions contrastées. Si la majorité des secteurs agroalimentaires, bois, cosmétiques et industries innovantes présentent une bonne tenue, des difficultés marquent la métallurgie notamment dans les secteurs de l’automobile et de l’aéronautique.

Pour le BTP qui dépend beaucoup de la commande publique, la présidente appelle les collectivités à poursuivre leurs commandes et à dévoiler les chantiers à venir, “aussi petits soient-ils, afin de préserver cette activité majeure pour le département”. Sur ce point, la préfecture a autorisé l’ouverture pour le midi d’un certain nombre de restaurants afin que les employés du bâtiment puissent déjeuner à l’abri et avec des repas chauds.

Concernant les groupes locaux et internationaux, la présidente consulaire s’avoue très mesurée: “La vigilance doit être nationale sur les réorientations stratégiques de ces groupes, sous couvert de ce satané virus. Leurs décisions ont des conséquences humaines et sociales souvent irréparables sur nos territoires. Je pense à la dernière fermeture de Deshors Moulage ou au plan social chez Lindera.”

“Le commerce de proximité s’en est plus ou moins bien sorti entre les aides de l’état, de la région et des collectivités très mobilisés sur la préservation de la dynamique commerciale des territoires”, explique Françoise Cayre sans pou autant masquer les enjeux à négocier: “Pour gagner la partie et avoir davantage de visibilité, le commerce doit muter vers le numérique.” Briv’Accélère accompagne d’ailleurs depuis plus d’un an, bien avant la crise sanitaire, cette mutation. Mais le digital ne suffira pas. “Le commerce doit s’adapter aux nouvelles habitudes de consommation, modifier son amplitude horaire adaptée à la disponibilité du client, offrir plus de services : le conseil, l’innovation. C’’est un nouveau challenge pour continuer à exister autrement. Cette crise sanitaire aura été aussi pour ce secteur d’activité un révélateur et un accélérateur de leur transformation indispensable.”

Restent la restauration, l’hôtellerie, l’événementiel, le sport, le voyage, la culture… Tous ces secteurs contraints à la fermeture souffrent de ne plus exister. “Ils sont, comme tous les autres acteurs du commerce et des services, «essentiels » parce qu’ils entretiennent et structurent la relation sociale dont nous avons tellement besoin. La moindre cessation d’activité met en danger l’équilibre des services à la population.” L’équilibre aussi de tout un territoire.

 

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

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