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Quand la parole des enfants se libère

Victimes directes ou collatérales des violences conjugales, les enfants ne sont pas oubliés par l’association Sos Violences conjugales. Ils sont même au centre de l’action menée par l’association. Depuis 2014, en collaboration avec le Conseil départemental, Sos Violences conjugales utilise une méthode « Les Mots pour le Dire » afin de libérer la parole des enfants et des parents confrontés à des situations de violences au sein de la famille ou du couple. L’association a profité de la venue de sa « marraine » Julie Gayet pour présenter cet outil, faire un bilan de ses actions, réaffirmer son combat en cette période de crise sanitaire et de libération de la parole comme l’actualité nous le rappelle quasiment quotidiennement.

En 2020, les services de l’association ont accompagné 336 personnes (329 en 2019) dont 332 femmes. La majorité de ces femmes sont mères d’enfants mineurs. « Ces mères nous ont souvent confié leurs difficultés à mettre des mots pour dire la violence vécue avec leurs enfants. Leurs difficultés à recevoir la parole ou le silence de leurs enfants. Depuis 2014, nous utilisons la méthode Les Mots pour le Dire afin de libérer cette parole entre enfants et parents, victimes de violences conjugales », explique Jeanne Itangu, directrice de Sos Violences conjugales.

Une quarantaine de duos mère-enfant a été reçue au sein des locaux de l’association. « Difficile de sortir un témoignage. Si ce n’est celui, récent, d’une petite fille de 9 ans et de sa maman. Cette maman nous disait qu’elle n’avait jamais osé parler des violences à sa fille. Qu’elle n’arrivait pas à employer les bons mots. La petite fille, quant à elle, n’arrivait pas à exprimer ses craintes notamment concernant le retour du conjoint violent. Après avoir travailler avec le duo, la petite fille a pu dire à sa mère, Maman, pourquoi tu lui laisses toujours la porte ouverte ? », raconte Agnès Lavaud, éducatrice au sein de l’association. « Ce sont les mots de l’enfant qui ont fait prendre conscience à la maman de la situation et qui ont mis fin », complète Muriel Blazat-Faure, assistance social au Département.

« De façon générale, ce contexte inédit de crise sanitaire entraîne des incidences toutes particulières pour les victimes de violences. Depuis le début de l’année 2020, nous observons la précarisation des situations des personnes victimes. C’est une forme de vulnérabilité sociale et sanitaire accrue. Nous avons constaté une augmentation des situations problématique, critique et en risque. Cependant, les personnes victimes nous le disent. Pour elles, les violences conjugales sont une forme de confinement sans fin. Ce huis-clos, c’est le reflet de leur réalité quotidienne », ajoute Jeanne Itangu.

Au delà de cette action menée de concert avec les enfants et les parents et de son action au quotidien auprès des personnes victimes de violences conjugales, l’association poursuit sa politique de prévention dans le milieu scolaire, étudiants pour faire émerger une réflexion sur toutes les formes de violences (sexisme ordinaire, prostitution, cyber violences) avec comme leitmotiv, Brisez le silence !

 

Contacts. Numéro national 3919

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Brive au 05.55.88.20.02 ou au 05.55.25.61.52
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Tulle au 05.55.21.92.47 le lundi, jeudi, vendredi de 10h à 16h
Mail. inform-elles19@orange.fr

 

Nous avions rencontré récemment Jeanne Itangu, directrice de Sos Violences conjugales. Pour lire ou relire son portrait c’est ici.

Julien Allain

Julien Allain

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