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En lutte contre les violences

C’est aujourd’hui la Journée internationale des droits des femmes. A cette occasion nous vous proposons de lire le portrait de Jeanne Itangu, directrice de Sos Violences conjugales.

 

Jeanne Itangu, 33 ans, est la directrice de Sos Violences conjugales, association qui existe depuis plus de trente ans en Corrèze. Rencontre avec une femme qui a fait de sa vocation son travail.

« Je suis née à Limoges mais je suis Briviste de cœur. J’ai une formation initiale de travailleuse sociale. Exactement, je suis conseillère en économie sociale et familiale, précise Jeanne Itangu. J’ai toujours eu une fibre sociale. Ce qui m’a toujours touché c’est la condition de vie des femmes. Lors de mes dernières années d’étude, je me suis intéressée aux femmes victimes de violence. Je n’ai pas moi-même, personnellement, connue de près ou de loin la violence mais ce n’est pas parce que l’on n’est pas touché que l’on ne doit pas s’intéresser à ce phénomène. De le comprendre, de le détricoter. C’est une vocation que d’être à côté des personnes victimes de violences, assure la directrice. Il y a cependant un événement qui m’a marqué, poursuit-elle. J’avais 18 ans, j’étais étudiante à Limoges et de mon appartement, j’ai assisté dans la rue à une scène de violence conjugale. Un homme a commencé à frapper sa femme. J’ai été choqué et révolté aussi de voir la passivité des passants. J’avais envie de descendre mais j’ai eu le bon réflexe, j’ai appelé les forces de l’ordre. Et c’est le reflexe à avoir pour ceux qui assistent à des violences », raconte Jeanne Itangu.

Une vocation et une rencontre vont décider la jeune femme à définitivement s’engager dans ce combat de l’ombre. Je suis arrivée en 2012 au sein de l’association en tant que travailleuse sociale et la rencontre avec Catherine Ducruezet, militante pour la cause des femmes, co-fondatrice de l’association m’a profondément marquée. Son engagement. Il faut rappeler que l’association existe depuis plus de trente ans. Elle a été créée à un moment où cela n’intéressait personne », rappelle la directrice.

Sos Violences conjugales c’est désormais deux salariés, une petite vingtaine de bénévoles répartis sur les sites de Brive et Tulle. Plus de 329 cas constatés en 2019 (324 femmes ; 5 hommes). « Avec une très nette dégradation durant le premier confinement et le déconfinement qui a suivi », rappelle la directrice. « Nous faisons un vrai travail de broderie, de dentelle car chaque cas est particulier. Les personnes sont différentes viennent de milieux différents, de tous les milieux, insiste la directrice. Il n’a pas de profil type, seules les difficultés sont différentes. Cela peut concerner une jeune fille au début de sa vie amoureuse comme une femme de 80 ans avec 60 ans de mariage. Une personne sans emploi ou avec au contraire un emploi à hautes responsabilités. »

Le travail de l’association patient et minutieux, de longue haleine, traite toutes les formes de violences conjugales. « On pense souvent à la femme battue mais c’est réducteur. Nous luttons contre toutes les violences. Physiques, sexuelles, verbales, économiques… à la maison ou dans la sphère publique », précise la jeune femme. « Nous travaillons beaucoup sur la prévention, l’éducation, c’est essentiel. Nous essayons de faire en sorte que la personne victime de violences conjugales arrive à se reconstruire par elle-même. On les accompagne dans ce sens. Faire en sorte que par notre travail de l’ombre les victimes retrouvent leur propre lumière. »

 

Julien Allain, Photos : Diarmid COURREGES

Julien Allain, Photos : Diarmid COURREGES

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