L'actualité en continu du pays de Brive


Quand Brive se fait muse, avec Yves Viollier (6/9)

Yves ViollierXynthia. C’était en février 2010. La tempête frappait alors la France et plusieurs autres pays européens, ravageait des communes et terrassait des hommes. Dans son dernier roman, La Mer était si calme, publié aux éditions Robert Laffont, Yves Viollier, membre de la nouvelle école de Brive, revient sur cet épisode cauchemardesque à travers quatre familles, trois générations et bien plus de drames. Un récit éprouvant qui avance au rythme de la montée inexorable des eaux.

La tempête avait été annoncée mais rares étaient les habitants de Faute-sur-mer à s’être véritablement inquiétés. Guillaume, Alexandra et leur fille Amandine se sont paisiblement endormis, sans se soucier du danger. De même que les vieux Murail, les Montauran et leurs petits-fils Jérémie et Claire ainsi que Julie, jeune célibataire. C’est à 3h du matin que tout a basculé: les digues ont lâché et la mer est montée, engloutissant tout sur son passage: les plages, les routes et les jardins d’abord puis les maisons, encerclant les habitants et faisant d’eux des prisonniers dociles dans leur sommeil, des proies terrorisées une fois éveillées.

l'ouvrageC’est un récit qui file vite, au rythme de l’eau qui gagne du terrain et des habitants qui montent sur les lits, les armoires, les greniers, les toits, pour tenter d’échapper à un élément d’ordinaire si familier mais qui par cette nuit se trouve être leur ennemie à la vie à la mort, car tous ne s’en sortiront pas indemnes, ne s’en sortiront pas tout court. « L’inattendu est survenu, engloutissant les vies, séparant les familles, terrassant les plus faibles. Au cœur de cette nuit d’angoisse, de silence et de froid, dans la profondeur des ténèbres, dans le déferlement d’une force inconnue et aveugle, la mer a pénétré brutalement dans les maisons que l’on avait bâties pour la paix, fracassant les lieux d’intimité conçus pour la vie en y faisant entrer la mort… » écrit Yves Viollier à la page 102 du roman.

Avec habileté, l’auteur, surnommé le « vendéen de l’école de Brive »  décrit l’engloutissement d’une terre bafouée par la tempête Xynthia. Il dit l’horreur mais aussi le courage des habitants, la solidarité dont ils font preuve. Il prend aussi soin de densifier ses personnages en les dotant de failles, d’erreurs de jeunesse, de crainte d’avenir qui toutes vont resurgir et éclater à la face de l’entourage, tandis que la mort est proche. Porté dans un seul souffle, celui de la tempête, le récit impitoyable entraîne le lecteur aux côtés des victimes, jusqu’au dernier sursaut de vie de ceux qui seront sauvés, jusqu’au dernier soupir de mort de ceux qui seront emportés.

La Mer était si calme, un roman d’Yves Viollier publié en 2011 aux éditions Robert Laffont. 234 pages, 19 euros.

Sur ce même sujet, vous pouvez également lire nos précédents articles:

Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

Laisser un commentaire