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Les Bisons forment un bataillon pilote ivoirien

Les Bisons brivistes sont stationnés pendant 4 mois à Abidjan, une base opérationnelle avancée en Afrique de l’Ouest. Ils y ont participé à la formation du premier bataillon ivoirien qui sera projeté cet été dans le cadre de la mission des Nations unies au Mali. Le point sur leur présence à mi-mandat.

Tirs, combats, contrôles de foule, conception et rédaction des ordres… les Bisons ont transmis leurs savoir-faire aux cadres et militaires du rang du 1er BPP (Bataillon pilote projetable). Cette formation technique et tactique intervient dans le cadre des actions de coopération militaire accompagnant la réforme de l’armée ivoirienne.

“C’est une expérience très valorisante“, reconnait le colonel Hugues Pérot, chef de corps du 126, sur place depuis février avec plus de 220 Bisons (son état-major, la première compagnie et la CCL, Compagnie de commandement et logistique). Cette formation avait débuté au mois de décembre 2017. Elle a été initiée par les prédécesseurs des Bisons qui ont pris le relais depuis leur déploiement en février sur cette base opérationnelle avancée en Afrique de l’Ouest. Une formation d’autant plus valorisante pour le régiment que l’Onu vient de certifier la capacité de ce bataillon pilote à être engagé dans la mission au Mali.

Pendant leur présence sur cette façade, les Brivistes ont temporairement troqué leur bison pour l’ancre du 43e Bataillon d’infanterie de marine qu’ils constituent avec 24 autres unités de blindés, d’artillerie, génie, aviation de l’armée de terre… Ce positionnement permet à ces forces de garantir l’approvisionnement des convois de la mission “voie sacrée” pour l’opération Barkhane au Mali et d’accueillir si besoin des renforts extérieurs.

Stationnés sur le camp de Port-Bouet stratégiquement positionné à côté de l’aéroport d’Abidjan, les militaires brivistes n’en poursuivent pas moins un entrainement soutenu qui a fait du 126 un régiment reconnu comme particulièrement mobile et polyvalent. Après leur baptême amphibie à l’automne dernier lors de l’exercice Trident Juncture (la plus grande manœuvre multinationale de l’Otan depuis la guerre froide qui a rassemblé quelque 50.000 soldats du côté de la Norvège et alentours), les Bisons ont participé pendant 4 jours en février dernier à un nouvel exercice de débarquement grâce à la présence sur zone du porte-hélicoptères Tonnerre. Un exercice qui impliquait également des éléments ivoiriens.

Profitant de cette mission à Abidjan, ils effectuent également des formations en “aguerrissement lagunaire” sur l’ile d’Agobri toute proche et bénéficient de l’immense terrain de Lomo Nord à l’intérieur du pays, vers la capitale administrative Yamassoukro: un camp de 7000 hectares, 80km de circonférence ! Un terrain d’entrainement unique pour combiner toutes les armes d’infanterie. “On tire dans des conditions climatiques totalement différentes”, explique le lieutenant Anthony de la 1ère compagnie qui en est à sa 10e mission extérieure et la 3e en Côte d’Ivoire. Pour le sergent Paul, chef de groupe grenadiers voltigeurs, c’est une première: “Nous avons l’occasion de simuler des situations avec l’engagement des mortiers, cela nous permet de mettre en œuvre les compétences acquises”. Le tout sous des températures étouffantes.

Les Bisons évoluent en effet dans une chaleur moite, à plus de 30°. Un climat qui éprouve fortement les organismes, d’autant plus avec le poids de tout un matériel dont le nouveau fusil d’assaut, le HK 416. “Nous sommes au plus près du standard Barkhane”, commente le chef de corps. Autant d’expériences qui accroissent le savoir et la polyvalence du régiment. D’autant que pour beaucoup de ses effectifs, souvent très jeunes, il s’agit d’une première.

“Pour 45% de la compagnie, c’est un premier déploiement et la moyenne d’âge de cette section est inférieure à 25 ans “, résume le capitaine Benoit-Cyr. “C’est une grande découverte”, témoigne le 1ère classe Jonathan, arrivé au régiment en novembre 2017. “Ce qui m’a le plus marqué, c’est la pauvreté des gens et ils ont toujours le sourire. Ça relativise les soucis qu’on peut connaitre chez nous.” Une première aussi pour Doris, pourtant moins éprouvée par le climat: “Je viens de Tahiti”, explique-t-elle. “Je suis opérateur radiographiste au sein de la CCL. En opération, ce qui change, c’est le rythme, le fait de vivre ensemble, de côtoyer d’autres régiments”. Pour tous, même les expérimentés, l’expérience militaire se révèle aussi profondément humaine. Les Bisons sont actuellement à mi-mandat. Même si les réseaux sociaux atténuent tant que faire se peut la distance d’avec leurs proches, l’éloignement commence à se fait sentir. Ils retrouveront la cité gaillarde et leur famille avec des retours étalés entre le 5 et 20 juin.

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Les 3 premières photos (bataillon ivoirien et exercice amphibie) ont été fournies par l’armée.

 

 

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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