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Le veau de lait n'aime pas les vacances parisiennes

Foire primée aux veaux de lait

Ce matin sur le foirail du Teinchurier, il y avait de la grogne parmi les éleveurs présents pour la foire primée aux veaux de lait. Cette viande gouteuse est très appréciée des boucheries de la capitale qui a entamé ses congés scolaires. Et le prix des bêtes a pâti de ces vacances parisiennes.

pano veaux

controle qualiteIl y avait près de 80 veaux, et parmi eux de très belles bêtes, pour cette première foire primée de l’année à Brive. Alors que le jury faisait le tour des jeunes bovins pour déterminer les 30 meilleurs, on sentait déjà l’inquiétude monter parmi les producteurs venus de toute la Corrèze mais aussi de la Dordogne et du Lot. L’ouverture du marché a confirmé leurs craintes.

Dès le coup de sifflet, il faut en général à peine quelques minutes pour que les transactions soient conclues. Ce matin, les négociations auront duré une heure! Après un rituel digne des meilleurs acteurs. L’acheteur tournant et retournant autour d’une bête, toujours d’un air distant afin de ne pas dévoiler son intérêt, tâtant la croupe, scrutant le blanc de l’oeil, la couleur clair du poil, repartant, revenant aussi nonchalamment, tapotant à nouveau la bête en lâchant un prix, forcément trop bas au goût de l’éleveur, s’éloignant devant le refus du vendeur… avant de revenir un peu plus tard tout aussi indifférent.

oeil du veauLe balai est savamment orchestré et n’obéit pas qu’au jeu de l’offre et de la demande. Ce matin, les acheteurs arguaient les vacances parisiennes, et de ce fait certains marchés fermés, pour faire baisser les cours. Les éleveurs s’appuyaient sur la qualité de leur bête pour maintenir leur prix. Les négociations auront donc été des plus âpres.

Les derniers à partir seront finalement les premiers, ceux primés. Etonnement. “Certains sont même partis moins chers que d’autres de moindre qualité”, proteste un producteur. “Dégouté ! Je suis bien content de prendre ma retraite”, avoue un autre. Quelques éleveurs auront préféré remballer leurs veaux plutôt que les brader. “Il y a trop de foires primées”, relancent certains. Un argument récurrent. “Zéro, celle là, comme l’an dernier”, martèle un jeune exploitant. “La semaine dernière à Objat, on est monté à 60 francs le kilo. Aujourd’hui, on sera monté à 54 maxi.” Ici, les négociations se font toujours en francs.

veaux1Les remises de plaques calment les esprits échauffés. Les 2e et 3e prix reviennent à Denis Blondel de Segonzac. Le premier prix à l’EARL Froidefond de Perpezac-le-blanc… qui ne vient pas immédiatement récupérer les plaques. Trop occupé à justement négocier ses deux veaux primés, les seuls encore sous le foirail, estampillés d’un I et d’un V, des chiffres romains tracés en rouge sur le dos des bêtes et qui exhibent leur classement. Face aux acheteurs, lui aura tenu bon jusqu’au bout. Farouchement.

A noter que ces foires, qui se déroulent au foirail du Teinchurier, sont publiques. La prochaine aura lieu mardi 3 mars à partir de 8h30. Vous avez donc tout loisir d’y assister si vous souhaitez en vivre l’ambiance.

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Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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