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La truffe dans tous ses états à Chartrier-Ferrière

Leurs truffes, un trésor pour nos truffes.

Près de 200 personnes se sont aventurées dans le laboratoire expérimental à ciel ouvert de Chartrier-Ferrière où se tenait ce matin le 7e marché aux truffes. Ce marché primé s’est déroulé à l’initiative et en présence de la Confrérie du diamant noir et de la gastronomie. Une fois encore, la terre s’est montrée généreuse. Les 13 producteurs présents ce matin ont réuni sur les étals plus de 8 kg de truffes, et la plus grosse pesait 83 grammes. “La fin de la période est proche, les truffes ont été précoces mais l’année aura été bonne grâce aux trois vagues de froid”, résume un des producteurs. Panier de truffesA travers la brume matinale, dardent déjà les premiers rayons de soleil, de plus en plus vifs. Il est tout juste 9h ce matin et la commune de Chartrier-Ferrière baigne déjà dans le soleil. Sur les lieux, les sens olfactifs se mettent en alerte. La senteur qui s’échappe de la structure où les truffes sont en train d’être délicatement installées, est décidément caractéristique. L’odeur est dense mais fine : unique. Les naseaux s’ouvrent alors en grand. Tout le monde hume, profondément, pour capter ces délices et capturer une senteur à nulle autre pareille. 

remise prix avec les officiels

La première partie de la matinée est consacrée à la remise des prix. Bernard Reynal, grand Maître de la Confrérie du diamant noir, Hervé Coves, ingénieur à la chambre d’agriculture de la Corrèze et Daniel Bourrière du centre technologique interprofessionnel des fruits et légumes (CTIFL) sont les trois membres du jury. 

Remise du prix spécial par Roger Delpy, maire honoraire de Chartrier Ferrière.Un prix spécial a récompensé Louis Lascaux, propriétaire d’un terrain fertile au sein duquel prospère depuis plus d’une centaine d’années un arbre mère.  “Ce chêne, c’est toute une histoire”, lance le producteur. “C’est un arbre qu’on qualifie d’historique. J’avais 12 ans en 1955 et j’ai trouvé, sous cet arbre, une truffe de 860 grammes”. Ça laisse rêveur ! Devenu propriétaire du terrain, Louis Lascaux révèle qu’il ne se passe pas une année sans que cet arbre n’abrite, dans ses racines, plusieurs truffes”. 

Ouverture du marché.La matinée, conviviale, se poursuit au rythme de gestes symboliques. Selon la tradition, “il faut sonner les cloches!” Patricia Bordas, présidente du syndicat du Causse Corrézien, se prête au jeu avec plaisir : ce n’est qu’après ce rituel que le marché est déclaré ouvert. Tout au long de la matinée, des démonstrations et des explications ont permis au public de découvrir l’univers de la truffe. Patricia Bordas a exprimé sa “fierté face à ce patrimoine local, ce trésor qui est l’un des plus beaux fleurons du Causse corrézien. Il s’agit, à travers ce type d’événement, de démocratiser la truffe”. C’est dans cet esprit que les archives, en association avec les trufficulteurs de la Corrèze, ont mis en place une exposition autour du diamant noir (inaugurée hier matin et à découvrir jusqu’au 25 mars au Archives municipales, à Brive).

Chien au pied du stand

Le chien était la star de la matinée. Après Porcinette, une cochonne de deux mois, Pif, un chien truffier, a mené à bien un cavage. Sous les yeux éberlués d’une cinquantaine de personnes, Pif s’avance sur le terrain, calme et serein. Quelques secondes se passent et il s’immobilise, donne quelques coups de pattes dans la terre à un endroit précis après quoi, il s’allonge sur place. Le trufficulteur prend alors le relais, “le palpitant aux aboies, comme à chaque fois”, révèle-t-il. Délicatement, il sonde le sol et rapidement, il extrait le trésor de la terre, ce trésor si souvent convoité et si rarement débusqué. L’action est étonnante, presque émouvante.

Porcinette, la vedette.Avant la dégustation de vin chaud et autre “brouillade” (omelette aux truffe cuite au bain marie), la confrérie du diamant noir a réservé une surprise à l’assistance. Elle lui présente son emblème, la Chartrine. Il s’agit d’une truffe, cela va sans dire, mais c’est sans doute l’une des plus grosses au monde. Enorne, elle a été confectionnée en plâtre et recouverte de terre. La confrérie n’est pas peu fière du résultat. Cet emblème la suivra de marchés en manifestations”, avance Bernard Reynal. Et Guy Roques, maire de Chartrier-Ferrière d’ajouter : “Cette truffe symbolique nous permettra, à l’avenir, de porter haut et fort les couleurs or et noir de la truffe, trésor de la commune”.


Cavage avec Pif.

Le palmarès : la médaille d’or a été décernée à René Barre, l’argent à Stéphane Foissac et le bronze à Sébastien Anquétil. Le Prix spécial a été remis à Pierre Jarnolle, le coup de cœur à Serge Delbut, l’Espoir à Louis Lascaux et le prix de la plus belle truffe à Jean-Pierre Vaujour.Enfin, un prix spécial, décerné par le ministère de l’Agriculture, a été décerné à Georges Saulle, producteur et membre de la Confrérie.

 

La Chartrine.

Un chêne truffier a été offert à tous les enfants présents.

 

Truffe au nez

Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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