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Brive solidarité: aller plus loin ensemble

Seul on va peut-être plus vite. Mais ensemble, on va certainement plus loin. C’est cette conviction qui a présidé à la création de l’office municipal de la solidarité qui comptait parmi les engagements de mandat de Frédéric Soulier, maire de Brive. Créé fin 2016 et adossé au CCAS, Brive solidarité met en relation tous les acteurs sociaux locaux. L’enjeu: créer une dynamique sociale pour améliorer le service rendu aux personnes en difficultés. Une réunion plénière en milieu de semaine a permis de dresser un bilan des actions menées et des prochains défis à relever.

Le social. C’est une compétence partagée par plusieurs acteurs sur le territoire. C’est certainement une bonne chose. Mais c’est mieux encore quand tous ces acteurs travaillent de conserve. Et cela ne va pas forcément de soi. “Les grandes associations caritatives font un travail super chacun dans leur domaine mais elles ne parlaient pas ensemble”, explique Michel Blanchet, président de Brive Solidarité qui regroupe une soixantaine d’associations. “Aujourd’hui, le dialogue est engagé entre elles et la coordination favorisée avec la dizaine d’institutions (ARS, centre hospitalier…) et les trois collectivités locales (la Ville, l’Agglo et le Conseil départemental) également réunies au sein de l’office.”

Pour œuvrer, des groupes de travail ont été définis. Leurs cibles: les personnes âgées, les jeunes et les familles. L’enjeu: “Apporter une solution aux personnes en difficultés, notamment autour de la question majeure de l’isolement“, a précisé Frédéric Soulier, maire de Brive et président du CCAS, en parlant d’innovation sociale. Celle-ci passe notamment par la mise en place de parcours coordonnés et d’actions transversales.

Fédérer sans ingérence, c’est le but de Brive solidarité qui ne se pose pas en chef de file mais en moteur. Moteur pour lancer des réflexions et des actions répondant au plus près des besoins préalablement identifiés. “La volonté n’est pas de rester dans l’abstrait des analyses ou des études mais d’apporter des solutions concrètes”, explique Michel Blanchet.

Le décloisonnement à l’œuvre est ainsi pour les bénévoles et les professionnels l’occasion de mieux embrasser toutes les aides existantes sur le territoire – il y en a environ 80 – et donc de mieux accompagner les personnes aidées. “Ce recensement a permis d’en redécouvrir certaines, peut-être moins connues, comme le microcrédit proposé par le Secours catholique”, poursuit le président. “C’est le moyen pour une personne ne pouvant pas bénéficier d’un prêt classique de passer son permis de conduire et d’acheter une voiture par exemple.”
Autres exemples de pistes lancées pour mieux répondre aux besoins des familles et simplifier le parcours d’accès aux aides, l’expérimentation à venir d’une commission de coordination des aides, sorte de guichet unique social.

Pour les seniors, l’une des priorités définies est de “repérer ceux qui échappent aux radars sociaux “, poursuit le président. Pour cela, une sensibilisation du grand public, des bénévoles et des professionnels a été lancée et celle des conseillers de quartier le sera en 2019. “L’idée est de mobiliser des personnes référentes dans chaque quartier pour identifier les personnes isolées pour qu’elles soient ensuite mises en relation avec le CCAS.”

Pour les jeunes, les problèmes de santé mentale, véritable frein à l’insertion, et de décrochage scolaire ont été identifiés comme prioritaires. En Corrèze, environ 150 jeunes auraient décroché. Pour les accompagner sur le chemin de la scolarité, de l’insertion ou de la formation, des acteurs et des solutions existent déjà.
Pour aller plus loin, l’idée à venir serait de contribuer à une plus large information sur les dispositifs existants, de favoriser des partenariats entre l’Éducation nationale et la Ville, les entreprises et associations caritatives pour l’accueil de stagiaires; mais aussi de mobiliser des bénévoles pour accompagner les jeunes décrocheurs, leur redonner confiance, sur le principe de “Une visite, un sourire“, explique François Fuguet, chargé de mission à Brive solidarité.

“Que de la coopération entre différents acteurs et instances naisse une dynamique… L’idée n’est pas nouvelle. On le voit avec les nombreux offices municipaux de la culture ou du sport”, relève Géraldine Delivet, directrice du CCAS. C’est moins courant dans le domaine du social, estime-t-elle. Et pourtant, cette mise en relation des acteurs et des aides apparaît essentielle à l’amélioration du service rendu aux personnes en difficultés. Et c’est là tout l’enjeu.

“Pour chaque action, des indicateurs nous aideront à mesurer l’effet produit”, termine Michel Blanchet. “Nous serons disposés et disponibles pour ajuster le tir en fonction des remontées du terrain”, termine Frédéric Soulier, en pointant l’idée de souplesse nécessaire. “En matière de politique sociale, il n’y a pas de modèle. Les choses évoluent très vite. Nous aussi nous devrons être capables de nous adapter.

 

 

Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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