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Zep et Pénélope Bagieu, deux "stars of BD"

La rencontre “stars of BD” réunissait ce matin, à l’espace Gazeau, deux personnalités attachantes: Pénélope Bagieu, connue pour la série des Joséphine, et Zep, père du célèbre Titeuf.

Belle affiche pour les fans de BD ce matin sous la halle Brassens, à l’espace Gazeau. Pénélope Bagieu et Zep faisaient face à une foule dense. Ces deux “stars of BD”, pour reprendre l’intitulé de la rencontre qui fait référence au nouvel album de Pénélope Bagieu Stars of the stars, ont permis aux invités de parler du 9e art, dont Zep est une référence et Pénélope une étoile montante.

Pénélope Bagieu a évoqué Joséphine, le personnage qui lui a permis de se faire connaître au delà de la sphère internet où elle fait office de pointure grâce à son excellent blog Ma vie est tout à fait fascinante.

“Joséphine est un personnage que j’ai finalement arrêté de dessiner assez rapidement mais que je continue à aimer comme on aime son premier enfant”. Récemment, une rencontre dans un train lui a donné l’occasion de changer de voie. “Je rentrais d’Angoulême après le festival de la BD et j’ai discuté avec Joan Sfar”.

Artiste majeur de la BD et également réalisateur de long-métrages (on se souvient de son très bon Gainsbourg, vie héroïque), Joan Sfar a écrit le scénario de Stars of the stars pour Pénélope, “une histoire dont il savait que j’aimerais la dessiner. Ou plutôt la mettre en scène, car je n’ai pas été une simple illustratrice, j’ai découpé le scénario et mis en scène les personnages”.

L’album Stars of the stars, c‘est l’histoire de 7 danseuses venues auditionner à New-York. Des extraterrestres vont se mêler à l’histoire, qui rappelle à la fois Fame et Star Trek.

“Quand je sais que je travaille sur un livre, qui est un bel objet qui va durer, j’ai une pression que je ressens moins lors de collaborations avec des magazines, dont on sait qu’ils finiront sans doute à la poubelle avec des épluchures dedans!”

Zep ne partage pas cet avis. Il peut même se laisser surprendre par la réussite d’un dessin dans un contexte où la pression n’existe pas vraiment: “Parfois, en dédicace, je réalise des dessins que j’aurais envie de garder, dont je sais déjà qu’ils ne ressembleront à aucun autre. J’aurais envie de les photographier avant de laisser l’album au lecteur, mais ça ne se fait pas”, rit le papa de Titeuf.

Zep a vendu 20 millions d’albums de Titeuf. Pourtant, il se sent “en totale liberté avec ce personnage, qui n’appartient qu’à moi et pas à un studio”. Alors, régulièrement, il délaisse le petit blondinet. Il a certes du mal à ne pas le dessiner pendant plus d’une semaine, mais il prend la liberté de créer d’autres histoires, d’autres albums, parfois avec d’autres éditeurs. Sa dernière BD, Une histoire d’hommes, n’a rien à voir avec Titeuf. Vraiment rien.

“J’ai réussi le défi de créer une histoire qui ne soit pas une comédie. Avant, je ne me l’autorisais pas. Cette fiction évoque les retrouvailles de 4 personnes qui furent, durant leur jeunesse, membres d’un groupe de rock plutôt ambitieux. Un seul est devenu une star du rock. Au fil de l’album, on découvre de nouveaux éclairages sur les événements qu’ils avaient vécu ensemble”.

Ce gros bosseur, qui “dessine tous les détails” tout en admirant les traits d’un Hugo Pratt qui suggère plus un décor qu’il ne le reproduit, adore “bouffer de l’image et remplir des carnets”. Pour lui, “la BD, ce n’est pas de la littérature avec des images ni du cinéma dessiné. Il peut se passer 2 années en 2 cases et ¼ de seconde à la suivante. Aucun autre média ne peut permettre ça.”

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Olivier SOULIÉ

Olivier SOULIÉ

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