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Vue ouverte sur le stade Gaëtan Devaud

Adieu les vilaines plaques de béton défraîchies qui bouchaient la vue le long de la rue Léonce-Bourliaguet. Elles ont été avantageusement remplacées par un muret supportant des croisillons grillagés. La nouvelle enceinte donne à voir la structure et ses espaces.

Photo Fatima Kaabouch

Haute de 2,10 mètres, la nouvelle enceinte qui sécurise les lieux rend désormais visibles la belle architecture Art déco typique de l’architecte Georges Jean, les pelouses et les arbres, offrant ainsi un horizon verdoyant et dégagé. Habitants et passants apprécient la métamorphose. Le portail, lui aussi fatigué, a également été restauré et repeint pour retrouver de sa superbe. Le site étant labellisé depuis 2010 « Architecture contemporaine remarquable », les Bâtiments de France ont été très attentifs à tous les choix de matériaux et couleurs.

Ces travaux d’enceinte s’élèvent à 115 000 euros et s’inscrivent dans un projet plus vaste de rénovation du complexe entamé par la Ville qui en est propriétaire depuis dix ans. En 2012, la commune l’a en effet racheté 1,44 million d’euros à la SNCF dont le CE gestionnaire des lieux ne pouvait plus assumer les coûts de fonctionnement. La municipalité souhaitait conserver dans ce secteur un endroit où l’on puisse pratiquer le sport. Adossé à la voie ferrée, le lieu est certes emblématique du passé cheminot de la cité gaillarde, mais aussi de son histoire sportive. Il en fut véritablement le premier complexe moderne comprenant un stade, une piste d’athlétisme, une piscine, des terrains de tennis, des locaux, un centre de loisirs. Un équipement d’abord destiné au personnel de la compagnie ferroviaire puis ouvert à tous. Il a d’ailleurs accueilli un temps les entraînements du club de rugby CAB avant la création du Stadium. Mais la structure, qui date des années 40, devait être modernisée.

« Le stade Gaëtan Devaud est désormais plus visible et son portail plus accueillant, se réjouit l’adjoint aux sports Philippe Delarue. “Les Brivistes peuvent ainsi se réapproprier ce site de grande qualité. Lorsqu’il y a dix ans, la SNCF souhaitait s’en débarrasser, l’intérêt pour la Ville était de se doter d’un équipement sportif supplémentaire à l’ouest de Brive. Mais il fallait le mettre aux normes et le moderniser. C’est un gros complexe et nous y avons déjà investi plus de 832 000 euros.”

Depuis sa municipalisation, les travaux de mise aux normes et d’amélioration s’enchaînent sur les 4,5 hectares de l’équipement. Ils ont été menés sur les chalets, les terrains de boules, le gymnase, les terres battues du tennis, sous la grande tribune. La pelouse du terrain de rugby et de foot, qu’enserre une piste d’athlétisme cendrée, a été entièrement refaite. Un terrain de beach-volley a fait son apparition et des club-houses ont également été aménagés pour le foot et le rugby à l’étage du bâtiment principal.

“Cette municipalisation a permis de l’ouvrir davantage à la population. La structure joue un rôle majeur dans notre politique sportive. Elle est utilisée par de nombreuses associations. Elle offre également un poumon vert au quartier. Reste la question de la piscine qui, de par la faible fréquentation au regard du fonctionnement déficitaire et des coûteux travaux qu’elle aurait nécessités, n’avait plus sa raison d’être depuis l’ouverture du centre aquatique. Comme celle de Caneton. Des réflexions vont être menées avec le conseil de quartier pour son réaménagement. »

Le complexe est largement utilisé. S’il reste le fief de l’ASPO, forte de dix sections et qui doit y célébrer son centenaire en juin prochain, le lieu accueille de nombreuses autres associations sportives ou de loisirs. On y pratique foot, rugby, pétanque, boules lyonnaises, tennis de table, volley, judo, gym volontaire, athlétisme… Lycéens, collégiens et étudiants viennent s’y entraîner. Les enfants du primaire s’y succèdent toutes les semaines pour apprendre à rouler à vélo, encadrés par des éducateurs municipaux. Sans compter tous ceux, riverains ou non, qui l’utilisent comme lieu de promenade ou d’exercice. Au cœur du quartier de Bouquet, Gaëtan Devaud rayonne sur la ville.

Derrière le nom

Savez-vous qui était Gaëtan Devaud ? Il fut l’artisan de ce complexe, comme le rappelle une plaque commémorative. Cet ingénieur polytechnicien arrive à Brive comme responsable SNCF en 1939 alors que s’annonce le deuxième conflit mondial. Engagé dans la Résistance, il lance en 1942 la construction de ce complexe en embauchant de jeunes apprentis cheminots menacés de partir en Allemagne au nom du Service du travail obligatoire, des réfugiés espagnols clandestins ou des hommes recherchés par l’occupant. Grâce à lui et à ce chantier, plusieurs centaines de personnes passeront ainsi entre les mailles du filet des autorités allemandes et de Vichy. Le stade porte bien son nom.

 

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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