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Vous prendrez bien un peu de bison ?

La Ville vient d’ouvrir une souscription pour financer la statue en bronze d’un bison dans le quartier Brune. Réalisée à taille réelle par l’artiste briviste Pierre Mouzat, elle rappellera la mémoire du lieu. Naissance d’une œuvre.

Comment faire un don

  • Par virement ou CB sur collecticity.fr,
  • En numéraire ou par chèque en mairie, sur rendez-vous au 05.55.18.18.37.

Les contreparties

  • Une déduction fiscale (de 66 % pour les particuliers et de 60 % pour les entreprises) ;
  • Une invitation à l’inauguration ;
  • Le livret photographique de la création à l’installation ;
  • Avec l’accord du donateur, l’inscription de son nom sur la liste des donateurs accessible par QR code à côté de l’œuvre.

Pour les plus gros donateurs :

  • Photographie de l’œuvre numérotée et signée par l’artiste ;
  • Possibilité d’assister à la fonte ;
  • Remise d’une miniature de l’œuvre.

 

Brune. L’ancienne caserne du 126e régiment d’infanterie briviste, désormais relogé à l’est de Brive, vit sa mutation en nouveau quartier où s’intégreront progressivement bureaux, services, commerces et logements. Deux bâtiments dominent déjà l’ancienne place d’armes transformée en espace paysager. C’est au cœur de cet espace que trônera la future œuvre d’art. Pour la réaliser, la Ville de Brive a choisi le sculpteur briviste Pierre Mouzat, qui a participé à de nombreux salons internationaux, dont le très coté Art Fair de Beyrouth.

« Il était évident que cette sculpture devait être un bison, emblème du régiment d’infanterie qui existe depuis plus d’un siècle“, reconnaît l’artiste. J’aurais pu le concevoir très contemporain, mais j’ai choisi une représentation réaliste, comme s’il se promenait aujourd’hui dans le parc. » Si l’insigne du régiment a été stylisé, l’artiste est convaincu que les soldats ont voulu se référer à l’animal à l’état brut, pour les valeurs qu’il véhicule et qu’il incarne : la force, le courage, la bravoure mais aussi la dissuasion et la paix. « Je l’ai représenté avec les deux pattes avant sur une même ligne pour bien montrer qu’il est paisible, sûr de sa force, mais celles arrière décalées, la queue relevée, signe qu’il est prêt à charger à n’importe quel moment pour défendre son territoire ou les siens. »

La sculpture porte l’empreinte de l’artiste, faite « de vides et de manques, qui peuvent être des blessures, des cicatrices dues au combat qu’il a mené pour défendre les valeurs de la République », détaille Pierre Mouzat qui traduit ainsi la fragilité de notre humanité. « Ce sont davantage nos manques qui nous construisent que nos pleins. Vivre, c’est vieillir, et vieillir, c’est vivre. Il n’y a pas d’autre choix », explique-t-il devant la première maquette en plâtre. « Là-dessous, j’ai d’abord fait le squelette d’un bison en fil de fer. Mon professeur à l’École Boulle nous disait : “Ce n’est pas parce que cela ne se voit pas qu’il ne faut pas le faire, car ça se ressentira.”

La maquette va passer au scanner pour être agrandie à l’échelle réelle dans une mousse polyuréthane très dure. « Je vais alors pouvoir retravailler la forme, retirer de la matière au cutter ou ajouter du plâtre et de l’enduit. Une fois le bison entièrement terminé, il sera découpé en morceaux, le corps, les pattes, la queue, la tête. La fonderie va mouler chaque partie, tirer des cires, des enrobés, puis le bronze. Ensuite, il faudra le remonter entièrement, souder, ciseler et patiner. »

Un long travail de six mois reste à accomplir. « Au quotidien, je mange, je dors bison », reconnaît l’artiste. L’imposante œuvre pèsera une tonne et demie. La bête fera 1,80 mètre au garrot sur près de 3 mètres de long. À l’intérieur, une structure en acier inox dont les tiges descendront dans le sol pour éviter tout basculement. L’artiste signera là sa première sculpture monumentale. Avec cette émotion troublante de laisser une œuvre pour la postérité. « Ce n’est pas de l’ego car finalement, dans un siècle, peu importe qui l’aura faite, elle existera toujours, un peu comme ces sculptures grecques. Les gens se demanderont pourquoi un bison ici, ce qui leur permettra de connaître leur histoire. » L’artiste est aussi très sensible et fier d’inscrire une œuvre dans sa ville, dans un lieu qui va prendre forme. « Je suis né à Brive, j’y vis, j’y travaille. Avoir une sculpture ici me touche, particulièrement dans ce parc qui porte le nom de Simone Veil. »

Le financement de cette œuvre, sa conception, sa fabrication et son installation, s’élève à 200 000 euros. La Ville de Brive ouvre un financement participatif pour récolter la moitié de la somme. Une façon de moins impacter son budget tout autant que de fédérer autour du projet. La campagne de mécénat va s’étaler de septembre 2021 à avril 2022. En donnant selon ses moyens, chacun, particulier comme entreprise, pourra ainsi s’approprier la force tant culturelle que mémorielle de ce bison. Faire corps derrière son régiment, sa ville, comme son histoire.

« Le bison est l’emblème du 126e régiment d’infanterie, présent dans notre cité depuis plus d’un siècle et jusqu’à hier encore dans ce qui était la caserne Brune. Ce projet est une forme originale et dynamique d’associer les habitants et les entreprises à cette œuvre monumentale qui symbolisera le passé, le présent et le futur de ce site“, commente Philippe Lescure, maire adjoint à la Culture.

“C’est la volonté d’identifier ce site et de le rattacher de manière permanente à son histoire. Il y a aussi une volonté de création artistique, l’occasion de permettre à un artiste briviste d’illustrer son savoir-faire. Plus globalement, cette œuvre s’inscrit dans la réflexion que nous menons, avec nos services et les associations, sur notre offre culturelle qui se veut ambitieuse pour les prochaines années. C’est la première fois que nous allons mettre en œuvre par nous-mêmes un financement alternatif. Il se fera principalement à partir d’une plateforme Internet sécurisée, spécialisée dans le portage de projets des collectivités locales. Ceux qui souhaitent s’associer à cette réalisation et contribuer aussi à marquer l’histoire de Brive pourront faire des dons qui seront, point important, éligibles à un crédit d’impôt. Ils pourront ainsi porter et s’approprier l’œuvre autant que le lieu. »

 

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

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