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Une pêche « électrique » dans la Corrèze jeudi 28 octobre

© Siav-Vézère

Pêche électrique… l’intitulé peut faire peur, mais l’action, sans danger pour les poissons ensuite relâchés dans la rivière, se révèle un moyen efficace pour étudier les espèces aquatiques et mieux les protéger. L’opération va être effectuée pour la première fois à Brive, toute la matinée de ce jeudi 28 octobre, entre le pont Cardinal et le quai Tourny.

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Le spectacle va certainement attiré les badauds. Initiée par le SIAV (Syndicat mixte à la carte pour l’aménagement de la Vézère qui a changé d’intitulé mais gardé son sigle historique), l’opération est réalisée par la Fédération de pêche de la Corrèze qui dispose du matériel et de l’expérience nécessaires. Elle va mobiliser une quinzaine de personnes, techniciens de pêche, agents du SIAV et bénévoles des différentes associations de pêche. Ils se déplaceront dans le lit de la rivière, en cuissardes et munies d’épuisettes pour capturer les poissons en plusieurs points d’échantillonnages en remontant le courant. De l’amont vers l’aval sur la portion entre le pont Cardinal et le quai Tourny.

Autorisée par arrêté préfectoral, la méthode obéit à un protocole très strict. La technique est simple :il s’agit d’attirer les poissons grâce à l’émission d’un faible champ électrique. « C’est totalement inoffensif pour les poissons », assure Guillaume Bornet, agent de milieu aquatique du SIAV. « Lorsqu’on plonge deux électrodes de charges opposées dans un cours d’eau, on crée un champ magnétique. Le courant se propage alors entre l’anode, le pole positif, et la cathode, le pole négatif. Le poisson qui se trouve dans ce champ électrique va avoir une nage forcée vers l’anode où il pourra être attrapé à l’aide d’une épuisette puis stocké à terre dans un bassin oxygéné. »

© Siav-Vézère

Les poissons prélevés passeront ensuite par un atelier de biométrie pour être référencés, comptés, mesurés et pesés. « Pour les espèces menacées, nous allons aussi étudier leur état sanitaire en effectuant un prélèvement pour analyse ADN. Ce sondage va nous permettre non seulement d’estimer la population piscicole mais aussi son habitat. Nous allons observer la profondeur du lit, la présence ou l’absence de caches, la nature du fond en graviers, galets ou sable, la qualité de l’eau avec la présence d’algues, de sédiments en suspension, de déchets… »

Les poissons seront ensuite relâchés dans la rivière, sauf les espèces indésirables comme le poisson-chat, l’écrevisse américaine ou encore le goujon asiatique. « Nous sommes dans une zone à barbeau, avec une diversité d’espèces », s’attend le spécialiste. La répartition des espèces sur un cours d’eau dépend de nombreux facteurs, tous les pêcheurs le savent. « En aval, on aura une zone à brèmes, celle des espèces moins exigeantes. En amont, la zone à truite avec les plus exigeantes en eaux oxygénées. Mais on peut avoir de belles surprises, car il y a de la truite sauvage dans Brive. »

L’opération va durer toute la matinée. La Fédération de pêche a ensuite un gros travail de référencement et d’analyse à effectuer avant de faire connaître les résultats, vraisemblablement dans le courant du premier trimestre 2022.

« Ces opérations nous permettent ainsi d’étudier les espèces aquatiques, de mieux les protéger et de préserver la vie de la rivière« , commente Daniel Freygefond, président du SIAV. L’Agglo de Brive adhère depuis de nombreuses années à ce syndicat qui regroupe de nombreuses communes et intercommunalités autour de des rivières Vézère et Corrèze, de leurs affluents et du bassin versant. Il a pour vocation de gérer pour leur compte les cours d’eau et leurs milieux aquatiques. Son action s’étend entre autres à l’entretien des berges comme au référencement des sources de pollution. Plus d’infos sur siav-vezere.fr.

 

 

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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