L'actualité en continu du pays de Brive


Une partie de l’usine Argueyrolles reprend vie

La rue Balzac cache un petit trésor patrimonial briviste qui, depuis quelques années, reprend vie grâce à la détermination de deux architectes installés à Bordeaux tombés sous le charme de ce bâtiment datant des années 1940. Une petite perle dénichée sur un site Internet bien connu proposant, en autres, des immeubles à vendre. Ce bâtiment c’est l’usine de chaussures Argueyrolles, plus exactement une partie de ce site, l’immeuble qui a abrité pendant plusieurs décennies les bureaux de l’entreprise située au numéro 23.

Bénédicte Charnassé et Billy Bourdier en sont les heureux propriétaires. Acheté la veille du confinement, cela fait deux ans qu’ils le retapent. Il a été inauguré ce week-end en présence du maire de Brive, Frédéric Soulier. Une plaque avec les grandes dates de l’usine Argueyrolles a d’ailleurs été dévoilée et restera fixée à l’entrée de l’usine à côté du portail (bientôt réinstallé). Là où les ouvriers pénétraient pour gagner la fabrique située au fond d’une petite allée bordée d’un côté par les bureaux et de l’autre par la maison familiale Argueyrolles. Le patron habitait au beau milieu de son usine. Une époque aujourd’hui révolue. Jusqu’au tout début des années 1980, les ouvriers ont fabriqué ici des sabots, des galoches et chaussures pour pompiers et militaires avant que l’entreprise ne déménage à l’ouest de Brive. Cet endroit, c’est un peu un voyage dans le temps.

L’horloge installée au dessus de l’entrée de l’usine, un grand bâtiment blanc, est restée figée sur 19h, l’heure de la dernière débauche ici, rue Balzac. « A l’intérieur nous avons pu voir qu’il y avait aussi une pointeuse bloquée sur 19h », raconte Bénédicte.

L’enseigne tout en haut de bâtiment est, elle aussi, le témoin d’une époque mais aussi le vestige d’une petite histoire dans la grande histoire de la manufacture. On peut lire « Ar_ueiroles » mais l’on devine qu’est inscrit Argueyrolles… « Le ”G” est tombé, explique Bénédicte mais nous l’avons en notre possession ». Le ”I” a été transformé grossièrement en ”Y” et le second ”L” a été peint mais il est à peine visible. Tout ceci demande une petite clarification orthographique. « A sa création en 1918, l’entreprise s’appelle P.L Argueiroles, des prénom et nom du fondateur Pierre-Louis. En 1954, la famille change ou plutôt corrige son nom en Argueyrolles, il y aurait eu une erreur lors de la transcription sur les registres de l’état civil. L’enseigne a donc été modifiée. » Avec les moyens du bord…

Cérémonie peu banale car il s’agit d’une initiative 100 % privée comme le financement mais, avec cette rénovation, c’est un pan de l’histoire briviste qui vient d’être en quelque sorte ressuscité. Il fallait marquer le coup. D’ailleurs certains ouvriers de la manufacture étaient présents lors de cette inauguration. Quatre grands panneaux, spécialement conçus pour l’occasion, retracent les 100 ans de l’histoire Argueyrolles. Bénédicte et Billy ont reçu l’aide de passionnés pour réaliser cette fresque.

La plaque fixée à l’entrée de la villa Argueyrolles présentée par Bénédicte.

 

Le bâtiment dénommé Villa Argueyrolles se compose désormais de quatre appartements totalement refaits à neuf. Deux studios au rez-de-chaussée, dont l’un était auparavant le bureau personnel d’Alain Argueyrolles, et deux T2 au premier et au second étage. Tout est déjà loué. Les deux architectes ont, pour l’ensemble du bâtiment parties privatives et communes, essayé au maximum de conserver l’esprit Argueyrolles que cela soit dans le choix des couleurs, le vert notamment typiquement Argueyrolles, ou dans la réutilisation de matériaux ou détails d’époque (faïences, portes, poignets de portes…) qui étaient sur place. Un coup de cœur qui a un coût. Achat et travaux, tout compris, la facture s’élève à un peu moins de 300 000 euros.

 

Avec cette rénovation, une partie de l’usine Argueyrolles revit, sans le va-et-vient des ouvriers et le bruit des machines, mais grâce à ses habitants et grâce bien entendu à Bénédicte et Billy.

Bénédicte poursuit également ce devoir de mémoire puisqu’une page Facebook créée et animée par l’architecte est entièrement consacrée à la villa Argueyrolles… Une histoire à suivre donc.

Facebook. Villa Argueyrolles-Brive

Julien Allain

Julien Allain

Laisser un commentaire

cinq × 3 =