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Une nouvelle création pour la compagnie Koubi

La création de la compagnie Koubi en répétition au conservatoire

Toujours en tournée avec son précédent spectacle, récemment encore salué par la presse new-yorkaise, la compagnie Hervé Koubi a fait un bref séjour en résidence pour répéter sa nouvelle création: Les nuits barbares ou les premiers matins du monde. Des extraits seront dévoilés ce week-end au festival Karavel de Bron, avant la première officielle, fin novembre, au prestigieux Festival de danse de Cannes.

 

Hervé KoubiHervé Koubi aime décidément jouer avec les contrastes. Après Ce que le jour doit à la nuit en 2013, voici poindre Les nuits barbares ou les premiers matins du monde. Une suite, évidemment. Ou plutôt un “cheminement” lorsqu’on connait le personnage. Car autant sa création précédente révélait sa propre quête identitaire, autant ce nouvel opus laisse part à l’oeuvre commune avec ses douze danseurs. Comme si une fois l’origine clarifiée, il était temps de porter le regard sur une histoire plus collective, celle du bassin méditerranéen brassé par les marées de ses civilisations.

La création de la compagnie Koubi en répétition au conservatoire “Je choisis de porter mon regard sur ce qui me paraît le plus beaules mélanges de cultures, des religions, du sacré à travers l’Histoire qui ont nourri les fondations d’une géographie commune sur laquelle aujourd’hui d’un bout à l’autre du monde nous sommes debout trop souvent sans le savoir”, explique le chorégraphe tout en s’excusant “ce n’est pas toujours évident de mettre des mots sur des intentions”: ”

Le spectacle part ainsi des origines pour tendre vers l’universel. “Avec cette pièce, j’aimerais célébrer le vivant, ce qui nous rapproche.” Car avant de s’éveiller aux “premiers matins du monde”, cette humanité aura traversé quelques “nuits barbares”.

“Le barbare, c’est l’autre, l’étranger qui a toujours fait peur”, précise le chorégraphe en puisant dans l’étymologie du terme. Et c’est bien ainsi que les anciens Grecs puis les Romains désignaient ces peuples aux langages inaudibles, ces tribus aux origines incertaines mais aussi porteuses de civilisations finalement englouties par les vainqueurs. “J’ai choisi de mettre en scène cette peur ancestrale de l’étranger pour mieux aller chercher et dévoiler tout ce qu’il y a justement de savoirs cachés, de richesses, de raffinements derrière ces cultures barbares.” Pour questionner aussi quelques préjugés bien ancrés.

Hervé koubiLa pièce débute donc ainsi avec ces “barbares”, un aspect primitif rendu par une horde de corps sans visages, animés de spasmes, entrechoquant leurs cornes métalliques. Des sons lourds pour traduire cette peur fantasmée. Une bestialité à fleur de peau. Puissant. Tour à tour, les masques tombent, les costumes se dépouillent, les mains se tendent vers le ciel, les percussions se font Requiem, les corps se mettent au diapason du génome humain.

Combien de violences faudra-t-il encore, quel tribu faudra-t-il continuer à payer, pour qu’enfin notre même appartenance prenne le pas sur nos différences, semble interroger la pièce qui résonne d’une actualité immédiate. Le chorégraphe s’en défend: “Nous y travaillons depuis deux ans, en pointillés, dans une tournée bien remplie”, explique Hervé Koubi. Toute la difficulté de créer avec un calendrier digne d’un centre national. “C’est un petit miracle de tenir aussi longtemps avec une seule et même équipe de danseurs.” On ne peut qu’espérer voir encore une fois ce “miracle” sur une scène à Brive.

avant les costumes

La création de la compagnie Koubi en répétition au conservatoire

La création de la compagnie Koubi en répétition au conservatoire

La création de la compagnie Koubi en répétition au conservatoire

La création de la compagnie Koubi en répétition au conservatoire

 

 

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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