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Une coopération renforcée entre les hôpitaux de Brive et Sikasso

Déjà très active depuis de nombreuses années, la coopération entre les deux hôpitaux prend de l’ampleur grâce à une convention sous l’égide de la Fédération hospitalière de France. Le directeur de l’hôpital de Sikasso, présent une semaine à Brive, repart “très satisfait” de ce renforcement qui va contribuer notamment à réduire la mortalité maternelle et néonatale.

S’appuyant ici sur l’association Brive-Sikasso et au Mali sur son homologue Teriya, ce jumelage a fait de la santé un des axes forts d’une coopération qui existe depuis 39 ans. Un axe dans lequel s’inscrivent pleinement les deux hôpitaux, colonnes vertébrales dans ce domaine. L’histoire du jumelage est ainsi jalonnée par des campagnes de vaccination, l’envoi régulier de matériel, des échanges formateurs dans le médical comme le biomédical et, depuis dix ans, la venue tout aussi régulière de médecins maliens. Encore récemment pendant un mois en chirurgie digestive.

“Depuis 2012, nous avons déjà accueillis huit médecins dans différentes spécialités”, rappelle le directeur François Gauthiez. L’un d’entre eux a même ensuite pu réaliser la première pose de pacemaker de Sikasso. “Ce partenariat a aussi permis d’améliorer les équipements de notre hôpital, de renforcer le plateau technique afin d’améliorer la prise en charge des malades”, renchérit son homologue malien, le docteur Dadé Haidara. À titre indicatif, l’hôpital de Sikasso qui à vocation régionale, couvre une population de 3 millions et demi d’habitants répartis sur la superficie de la Nouvelle Aquitaine, emploie 253 agents dont une quarantaine de médecins.

Des actions concertées qui répondent aux réels besoins exprimés sur le terrain et qui ne se sont pas relâchées malgré une action rendue plus difficile par la situation au Mali“, précise Michel Blancher, président  de l’association Brive-Sikasso.

C’est ce lien fructueux qui a justement permis de valider l’appel à projet qui se traduit aujourd’hui par une convention signée entre le centre hospitalier de Brive et la FHF, Fédération hospitalière de France, au bénéfice du centre hospitalier de Sikasso. Cette convention qui court sur trois ans a été rédigée avec l’appui de l’association Brive-Sikasso, poursuit trois objectifs bien définis: réduire la mortalité maternelle et néonatale, prévenir les maladies non transmissibles comme le diabète, l’hypertension artérielle ou les maladies cardiovasculaires, organiser le bloc opératoire. “Il y a vraiment un écart énorme. Ici, tout est nickel”, s’émerveille Dadé Haidara après sa visite au plateau technique. “Il nous faut améliorer le circuit des patients, la sécurité des soins et une bonne stérilisation.”

S’il n’est pas question, au vu de la situation toujours instable, de se rendre sur place (la dernière délégation remonte à janvier 2020), les formations devront continuer de composer avec la visioconférence ou s’appuyer sur des ONG présentes sur le terrain, comme par exemple en ce qui concerne la maintenance des matériels. Nous avons l’expérience dans cet accompagnement et nous avons défini un calendrier de visioconférences afin de suivre les projets sur place”, ajoute Michel Blancher.

Parallèlement l’association prépare l’envoi en fin d’année d’un sixième conteneur pour acheminer du matériel médical: tables d’examen, de bloc opératoire, échographe, couveuses, tensiomètres et autres matériels d’orthopédie… fournis principalement par l’hôpital et les deux cliniques de Brive ainsi que de Saint-Céré. Deux nouvelles ambulances devraient également être convoyées: l’une fournie par l’hôpital à son homologue, l’autre d’une société d’ambulance à destination du centre de santé de référence.

“Même si le contact direct reste irremplaçable, nous maintenons des liens privilégiés qui sont la force de notre histoire“, insiste Michel Blancher. “Les efforts ne se sont pas relâchés malgré la situation. L’aspect humain ne décline pas, on le sent même au sein de la population”, se réjouit le docteur Dadé Haidara. “Nous avons aussi à apprendre de vous, notamment en ce qui concerne le traitement de la Covid”, relève le directeur adjoint du CHG briviste, Michel Da Cunha. “Nous avons effectivement l’expérience des maladies à virus comme Ebola, ce qui nous a permis de faire face à a Covid”, répond le directeur malien, également épidémiologiste. L’occasion de s’enrichir de part et d’autre.

 

 

 

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

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