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Une Briviste meilleur barbier d’Europe

C’est une grande première dans la profession ! Le meilleur barbier d’Europe est une barbière et elle a seulement 24 ans. La Briviste Margaux Fovanna a remporté son titre fin 2019 à Lyon lors du Barbers international Trophy, ancien concours championnat national qui sert aussi à désigner le meilleur barbier de France.

Même si le métier se conjugue de plus en plus au féminin, il reste encore sous prépondérance masculine. Dans la catégorie « confirmés », la plus disputée concernant ceux qui exercent depuis plus de 5 ans, les candidates n’étaient d’ailleurs que 6 parmi la cinquantaine de concurrents. Guère plus dans la catégorie « espoirs » remportée aussi par une femme.

« Il y a plus de coiffeuses qui travaillent dans des salons mixtes que de barbières proprement dit. C’est compliqué d’être dans un milieu d’hommes et c’est d’autant plus gratifiant d’être la première à remporter le titre. Ça peut encourager d’autres femmes à choisir cette profession ou tout simplement à faire ce qui leur plait. Faut juste essayer et y croire. »

Car Margaux a remporté le trophée devant des professionnels bien plus expérimentés : « C’était très impressionnant d’échanger avec ces passionnés. Quand on a donné le nom du 3e, un Portugais de 68 ans qui a fait un coiffage parfait à la pince à épiler, puis du 2e, un coiffeur de Périgueux de 40 ans, l’un des meilleurs barbiers d’Europe… Pour moi c’était fini. Je n’y croyais vraiment pas, j’étais déjà très contente d’avoir participé… Et j’ai entendu le mien. Je me suis mise à pleurer ».

Si novice qu’elle soit dans le monde des concours, c’était le tout premier auquel elle participait, la jeune femme a déjà une solide carrière qui l’a aidée à rester concentrée. « Il y avait beaucoup de pression, mais c’était motivant. Il fallait effectuer une coupe homme et une taille de barbe avec coiffage. En 45 minutes. C’était un délai très court, surtout pour se démarquer en faisant un dégradé à blanc. Lorsque le chrono a été déclenché, les autres concurrents avaient tous peigne et tondeuse en main, prêts à se lancer. C’était stressant. Du coup, je me suis posée en prenant le temps de nettoyer mon matériel alors qu’ils avaient tous attaqué leur coupe. »

Comme modèle, elle avait choisi un fidèle client. « Il fallait bien connaître le cheveu de la personne. Je me suis entrainé 3 à 4 fois sur lui en condition d’examen. Ensuite, il a dû se laisser pousser les cheveux et la barbe pendant deux mois pour qu’il y ait une grosse épaisseur et que l’effet soit plus marquant, c’était un gros critère pour la note… Il lui tardait le concours, ça a été une libération pour lui », s’amuse-t-elle. « Ce qui est valorisant aussi, c’est que les quatre jurés étaient unanimes et m’ont tous redemandé mon âge… Ils étaient surpris quant même. »

Margaux qui a grandi entre shampoings et coupes, fait aussi la fierté de toute une lignée de coiffeurs. « Grands-parents, parents, oncle et tante… on est tous coiffeurs. » Son trophée, un blaireau surmonté d’un rasoir coupe-chou, trône d’ailleurs bien en vue dans le salon de la rue Farro dans lequel elle travaille en famille. Margaux envisage désormais de s’attaquer dans quelques années au Mondial. “La marche est plus haute. Mais c’est d’autant plus motivant.”

 

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

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