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Un Mercredi de Michelet au cinéma

La première causerie du musée Michelet de 2024 vous invite au cinéma Rex, mercredi 24 janvier à 14h, autour de la projection de La Passagère. Un film testament du Polonais Andrzej Munk qui décrit les relations ambiguës entre une surveillante de camp et une détenue d’Auschwitz.

La projection sera suivie d’un échange autour du processus très singulier de fabrication du film, de l’histoire des images et de la représentation des camps au cinéma. Il sera animé par le directeur du cinéma Romain Grosjean et Nelly Cabanot, professeur de lettres et d’histoire et géographie au lycée Georges Cabanis, professeur missionné comme responsable du service éducatif du Centre Michelet.

Voici un film à la douceur trompeuse. Il débute sur un paquebot de luxe, coupé du temps. Une jolie jeune femme confie soudain à son mari avoir été dans le passé surveillante d’un camp nazi. Une confession abrupte qu’elle livre, l’air de rien, en passant. Liza a cru reconnaître parmi les passagers une ex-détenue du camp d’Auschwitz où elle était surveillante SS. Ce sont d’abord des fragments qu’elle arrange afin de construire un récit dans le but de se justifier, mais peu à peu la véritable histoire se reconstitue. La cruauté survient par touches, sous une couche de bienveillance pleine de désir trouble. Car Liza éprouve pour sa prisonnière Anna, dont l’amoureux se trouve aussi au camp, un sentiment d’envie très fort.

La construction du film repose ainsi sur la tension entre ce qui reste et l’oubli. De ce film, d’ailleurs, que reste-t-il ? Le réalisateur Andrzej Munk, figure essentielle du nouveau cinéma polonais dans le dégel post stalinien,  est mort dans un accident de voiture pendant le tournage. Deux ans plus tard, ses amis et collaborateurs décidèrent de terminer le film avec les éléments existants. Cette œuvre hybride est composée d’images fixes avec une voix off et de longues séquences filmées à l’intérieur du camp. Paradoxalement, le récit acquiert une force qui lui donne une énorme portée éthique : faire œuvre de mémoire, avec une construction en forme de souvenir. Les ombres imprègnent le film jusque dans sa composition, puisque les intentions du cinéaste, elles-mêmes, ont glissé de l’autre côté.

Tarif: 5,50 euros (cartes d’abonnés acceptées). Infos auprès du cinéma Rex au 05.55.22.41.69.

 

 

 

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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