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Un espace pour la biodiversité inauguré aux Perrières

Tout en haut du parc, dans le verger à côté du rucher école, 750m2 ne seront tondus qu’en octobre. S’y s’épanouissent fleurs sauvages et insectes. Cet espace pour la biodiversité a été inauguré ce matin. Un deuxième existe au Prieur. On vous explique à quoi ça sert et comment vous pouvez vous aussi, chez vous, participer à cette préservation.

“Ici nous cultivons un espace pour la bio diversité” indique le panneau qui a été dévoilé dans la matinée par le maire Frédéric Soulier et des enfants venus participer aux animations proposées dans le cadre de la Fête des abeilles. “Il s’agit d’un espace où on laisse pousser l’herbe, où sans intervention de l’homme la nature sauvage peut s’exprimer. Pas de semis, pas de pesticides, pas d’engrais, pas d’arrosage et une fauche tardive à l’automne”, explique Émilie Gabet, éducatrice environnement au sein du CPIE (Centre permanent d’initiatives pour l’environnement) de la Corrèze. Le but est de garder ainsi une place à ce qu’elle appelle la “nature ordinaire”, mise à mal dans notre milieu urbain et à laquelle on ne prête même plus attention.

Parmi herbes et fleurs peut alors se développer tout un monde de papillons, vers, araignées, coccinelles et autres insectes… “Il existe par exemple mille espèces d’abeilles sauvages qui n’évoluent  que dans un rayon de 500m. En protégeant les pollinisateurs, et il n’y a pas que les abeilles, on protège également d’autres espèces.” On les appelle des espèces “parapluie”.

“Il nous faut préparer ce siècle où la part végétale prendra plus de place que la part minérale”, a rappelé le maire. “C’est un enjeu environnemental d’importance que nous avons pris en compte dans notre PCAET, notre Plan climat. . À Brive, 200 agents sont au service de la propreté, de la salubrité et des espaces verts. Il nous faut développer la ville de demain tout en préservant notre espace et il en va de la biodiversité comme de la ressource en eau.”

Pour l’éducatrice environnement, “il n’y a pas de petite action: chaque m2 compte. Chacun peut dans son jardin laisser un petit coin pour la biodiversité, ne serait-ce qu’un m2.” Le CPIE a d’ailleurs initié un programme “Un carré pour la biodiversité”. Particuliers et entreprises peuvent s’engager en signant une charte à délimiter un coin accueillant pour cette nature ordinaire, qu’ils identifieront par un visuel, l’idée est d’inciter d’autres à faire de même.

Il suffit de ne pas tondre. Au début, c’est joli avec des espèces qui fleurissent, mais quand ça sèche avec l’été, il faut accepter que c’est moins agréable à regarder. Ce qui compte, c’est de se mettre en démarche, de changer le regard sur le jardin, nos espaces communs, rues, parcs, cimetières, sur les espèces.” Il faut tondre seulement une fois par an à l’automne pour éviter que ronces et arbustes finissent par s’installer. Et il ne faut pas laisser l’herbe coupée se décomposer sur place, cela va enrichir le sol, ce qui va entrainer la disparition de certaines plantes pour en favoriser d’autres plus nitrophiles. Pour en savoir plus, vous pouvez contacter le CPIE Corrèze par sa page Facebook ou par mail à e.gabet@cpiecorreze.com.

Les enfants, générations qui seront particulièrement confrontées à ces enjeux, ont été très intéressés par cette initiative qui avait lieu dans le cadre de la Fête des abeilles ce jeudi 8 juin organisée par l’association L’Abeille corrézienne, la Ville, le CPIE et le Rotary Brive-Malemort. Comme chaque année depuis plus de 10 ans, plus de 500 enfants ont été accueillis sur la journée au parc des Perrières.

23 classes de Brive et alentour, de toute petite section jusqu’aux éco délégués collégiens ont participé le temps d’une demi-journée avec pique-nique aux différentes animations mises en place: explication du fonctionnement d’une ruche, création de bougies en cire d’abeilles, extraction de miel, dégustation, réalisation d’une fresque, rempotage de plantes mellifères avec le service des espaces verts, atelier lecture et détente “hors les murs” de la médiathèque… Les plus grands du primaire ont également eu un jeu à énigmes pour trouver les lettres d’un mot mystère. Les enfants étaient très fiers de repartir avec plante, bougie, petit pot de miel et badge de la manifestation. Le plein d’arguments pour transmettre à leur tour les bons messages à leurs parents et grands-parents.

 

 

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Fatima Kaabouch

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Fatima Kaabouch

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