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Un dispositif PAERPA pour prévenir la perte d'autonomie des plus de 75 ans

intro maintien domicile Photo ARS DR

PAERPA pour Personnes âgées en risque de perte d’autonomie. Le dispositif qui se met en place à titre expérimental sur le bassin de Brive – ils ne sont que 9 en France -, vise à améliorer la prise en charge des personnes fragiles en coordonnant et mobilisant tous les acteurs de terrain (médecin traitant, aides à domicile, praticiens hospitaliers, professionnels de la santé comme du social…). Le but est d’apporter une réponse personnalisée, donc efficiente centrée sur les patients et leurs aidants. Tous les acteurs de ce parcours étaient réunis ce matin pour le lancement à l’hôpital de Brive. Avec en prime, un numéro d’appel unique, le 05.19.07.81.81.

 

Tous les acteurs de la prise en charge réunis pour le lancementPAERPA. Un sigle bien abscons pour parler d’un problème majeur, le vieillissement de la population, encore plus marqué dans notre région, et les conséquences en terme de perte d’autonomie et de dépendance. Il faut savoir que le territoire d’expérimentation autour du bassin de Brive compte 17.000 plus de 75 ans, dont plus de la moitié vit seul à domicile. Près de la moitié des hospitalisations de ces aînés passe par les urgences… alors qu’elles auraient pu être évitées ou programmées si une évaluation avait pu être réalisée en amont.

Au delà de l’intitulé, c’est donc une révolution des mentalités qui s’amorce pour tous ceux qui interviennent auprès de cette population âgée car le dispositif prône un décloisonnement des structures pour une prise en charge plus concertée.

“C’est un projet à caractère extrêmement innovant qui demande aux acteurs de mieux travailler ensemble dans un système de santé qui fonctionne encore beaucoup trop en tuyaux d’orgue“, illustre Philippe Calmette, directeur général de l’ARS Limousin (Agence régionale de santé). “Chacun intervient dans sa mission sans se coordonner.” Il est désormais question d’englober tous les aspects, médicaux, sociaux, socio-médicaux dans une approche globale, mais individualisée sur la personne âgée en question.

photo ARS. DRLe dispositif vise ainsi à mettre en place une stratégie de prévention concertée autour d’un PPS, encore un sigle pour Plan personnalisé de santé. La démarche s’appuie sur les réseaux de professionnels au plus près des personnes âgées, ces “acteurs de terrain” que sont les aides à domicile, assistantes sociales, soignants… à même de détecter une fragilité. Au final, “il s’agit de faire en sorte que la perte d’autonomie arrive le plus tard possible.”

Dans ce dispositif, le médecin traitant a un rôle pivot à jouer, mais il pourra compter sur la coordination territoriale d’appui (CTA), une sorte de guichet unique, portée par la Maison de l’autonomie du Conseil départemental de la Corrèze. Son président Pascal Coste a d’ailleurs salué les qualités de ce projet porté par “des volontés communes”, axé sur “l’efficience et la proximité”.

De gauche à droite: Martine Martineau de la CPAM, Vincent Delivet le directeur du centre hospitalier, le docteur Florence Gourdeau Nauche responsable du pole gériatrie, Philippe Calmette directeur de l'ARS et Pascal Coste, président du Conseil départemental

Lors de la conférence de presse, de gauche à droite: Martine Martineau de la CPAM, Vincent Delivet le directeur du centre hospitalier, le docteur Florence Gourdeau Nauche responsable du pole gériatrie, Philippe Calmette directeur de l’ARS et Pascal Coste, président du Conseil départemental

La proue du dispositif est donc le numéro d’appel unique – une révolution là aussi – à la disposition des professionnels du territoire comme des personnes âgées et leurs aidants. Au bout du fil, une infirmière spécialement formée qui pourra ensuite enclencher vers des réponses adaptées. La partie immergée de l’iceberg. Le dispositif pourra aussi s’appuyer sur l’équipe mobile de gériatrie mise en place au centre hospitalier de Brive, à même de se déplacer à domicile pour une évaluation et apporter son regard pluridisciplinaire.

maintien domicile . Photo ARS DRPour le docteur Florence Gourdeau Nauche, responsable du pole gériatrique du centre hospitalier, il s’agit de “détecter la fragilité qui ne va pas forcément avec un maladie organique”: “c’est ce petit grain de sable dans les rouages pouvant faire rentrer dans une cascade qui conduit la personne âgée vers une perte d’autonomie“. Ce qui n’exclut pas si besoin hospitalisation dans un parcours accompagné et suivi.

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Le territoire PAERPA du bassin briviste

Pour être pertinent, le dispositif exige une réactivité des acteurs qui devront accorder leurs informations. Dans un premier temps, sous forme de dossier papier. A moyen terme, “d’ici la fin de l’année”, précise l’ARS, grâce à une messagerie sécurisée qui permettra une transmission en direct et un partage instantané, avec évidemment des accès différents selon la nature des informations, médicales ou non, et la nature des interlocuteurs. Le PAERPA dispose même d’une tarification, de 100 euros pris en charge par la CPAM qui a su elle aussi s’accorder pour accompagner ce processus de prévention. Une façon également de préserver notre modèle social bien mis à mal.

Ce dispositif est expérimenté par neuf ARS depuis septembre 2013, sur la base d’un cahier des charges national. Celui du bassin de Brive fait partie de la 2e vague à être mise en place. Avant même le lancement du dispositif, une dizaine de PPS ont déjà été réalisés. “Pour une fois, tous les acteurs se disent qu’on peut changer les choses et travailler différemment ensemble”, se réjouit le directeur de l’hôpital Vincent Delivet, invoquant “un vent de fraicheur et d’espoir” qui amène à mieux se recentrer sur les personnes âgées et leurs aidants. Et, au delà de l’aspect économique, c’est bien là l’essentiel.

 

 

 

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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