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Un atelier pour réparer les livres

Ce samedi 3 juin, de 15h à 17h, la médiathèque municipale vous dévoile comment elle répare les livres des outrages des prêts. Un atelier découverte gratuit qui montre un travail minutieux souvent méconnu du public. De quoi glaner quelques astuces…

 

«Hôpital du livre» lit-on sur la porte du bureau que Nathalie Valente partage avec 3 de ses collègues, sous les combles de la médiathèque. Un intitulé bien plus explicite que «Équipements des documents». C’est ici, loin du public, que passent obligatoirement tous les documents avant de rejoindre leur rayon de destination: ils y sont côtés, estampillés d’un antivol et leurs couvertures renforcées par un film adhésif.

C’est aussi là qu’ils reviennent se refaire une santé après avoir subi usure ou dégradation. “Certains lecteurs abîment les livres, les dégâts sont multiples: feuilles déchirées, couvertures détachées, tranches salies, page arrachée…”, liste Nathalie Valente qui a développé au fil des ans une trousse de secours très efficace pour panser tous ces maux et effacer les cicatrices. Une “ré-éducation” savante qui manie gomme, colle, ciseaux, papier à poncer, vinaigre blanc, séchoir… “Un jour, après une forte averse, on nous avait rapporté beaucoup de livres mouillés et comme on ne pouvait pas tous les sécher d’un coup, on les a congelés afin de les traiter au fur et à mesure”, se souvent-elle en souriant. “Un roman taché est toujours récupérable”, assure l’agent municipal. “À une époque, j’avais même confectionné de l’amidon de pomme de terre pour reblanchir les pages, mais l’odeur n’était pas très agréable.”

Pour les ouvrages trop dégradés, il faut employer les grands moyens: refaire entièrement la reliure et c’est la spécialité de Nathalie Valente. Elle s’y est formée il y a 15 ans et transmet aujourd’hui son savoir à ses collègues. Elle “désosse” en quelque sorte le livre puis massicote, cartonne, coud, renforce au fil de soie, colle… De 1200 à 1300 livres sont ainsi reliés par an. Une opération qui reviendrait à l’extérieur à environ 35 euros le livre et qu’elle effectue avec un budget d’environ 500 euros de fournitures à l’année en colle, carton et toile. « Une belle économie et la perte est réduite au maximum. Très peu de livres partent aujourd’hui au pilon.» Une meilleure gestion des documents qui conduit à moins de déchets et donc à préserver aussi l’environnement. Il est donc tout à fait logique que ce “docteur” du livre partage son savoir avec cet atelier découverte proposé dans le cadre de l’exposition “Petits gestes pour la planète” qui se tient en ce moment dans le hall de la médiathèque.

 

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

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