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Soirée amoureuse pour Marcel Proust

Jean Rochefort n’a pas lu Marcel Proust mais le public qui avait rempli la grande salle du théâtre lui a facilement pardonné. Jean-Paul et Raphaël Enthoven ont évoqué par la suite, avec passion et intelligence, les contours d’une œuvre et d’un écrivain complexes. 

Victime d’une indigestion de madeleines, Jean Rochefort n’a pas finalement lu Marcel Proust. L’oeil espiègle, chaussé de magnifiques baskets jaunes qui lui donnaient l’air d’un vieil oisillon tombé du nid, le comédien préféra lire Jean Roger Caussimon, Bobby Lapointe, Boris Vian, Raymond Carver et Verlaine. Une séance qui aurait pu tourner court si Jean Rochefort n’avait transformé son apparition en jeu avec la salle. Interpellant les spectateurs ravis, jouant avec son micro et de son  humour fin et délié,  il charma un public déjà plus que conquis.

Dans sa suite, et dans un autre registre, Jean-Paul et Raphaël Enthoven auteurs du Dictionnaire amoureux de Marcel Proust,  surent faire partager leur passion pour l’auteur de la Recherche. Ce livre, « né d’un désaccord constant entre nous deux » a été la base d’un long dialogue, drôle, intelligent, éclairant et qui ne pouvait que donner envie à ceux qui n’avaient pas lu Marcel Proust de le découvrir et aux autres de le relire.

Comme l’a précisé Jean-Paul Enthoven « A la recherche du temps perdu est un livre que l’on doit lire aux quatre âges de notre vie, car à chaque fois c’est un livre différent ». Avec érudition le père et le fils ont donc évoqué cette œuvre de plus de 3.000 pages, « livre d’un homme qui découvre qu’il est un écrivain », livre également « d’un homme qui veut surmonter sa peur de la mort ».

A travers les anecdotes et les différentes entrées de ce dictionnaire Jean-Paul et Raphaël Enthoven ont cherché à respecter la complexité d’un homme et de son livre. Qu’ils en soient remerciés.

 

Michel DUBREUIL

Michel DUBREUIL

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