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Quand L’empreinte mise sur la création

Le lancement inaugural de L’empreinte, la nouvelle scène nationale, aura lieu du 4 au 13 octobre, conjointement à Brive et Tulle, avec des spectacles dans et hors les murs, des visites “déguidées”, une nuit ouverte, des embrasements… Et parmi eux une création issue d’une résidence qui a lieu en ce moment au théâtre de Brive: Berlin Sequenz avec le Bottom Théâtre, jouée jeudi 4 octobre à 20h30. Rencontre avec la metteure en scène Marie-Pierre Bésanger.

Le rendez-vous est d’importance pour la compagnie corrézienne qui ouvrira la scène nationale. “C’est une marque de confiance et une façon pour L’empreinte d’afficher ses choix dès le lancement“, reconnait Marie-Pierre Bésanger. “Nous jouerons ce texte pour la première fois avec 10 jeunes comédiens. Les spectateurs vont mettre le pied sur ce que peut être la fragilité d’une création. C’est assez audacieux de la part de L’empreinte et j’en suis touchée.”

La pièce se situe dans le Berlin d’aujourd’hui, sous forme de scènes dialoguées ou monologuées, de séquences, d’où son titre. La metteure en scène a découvert en janvier 2017 ce texte “ré/raisonnant” de Manuel Antonio Pereira qui donne la parole à une génération des 20 ans en Europe. “C’est un groupe de jeunes activistes engagés dans les mouvements alternatifs. Ils veulent changer le monde, en tentant de ne pas trop “collaborer” avec le système et en cherchant à mettre en place d’autres relations au travail et à la société, d’autres mondes possibles.

Et il y a Jan, le personnage central. “Un Rimbault moderne. C’est un écorché vif, un “pur” qui a un désir d’absolu. Lui ne veut pas pactiser avec le système qu’il condamne. Il veut agir plus radicalement et va rentrer en conflit avec ces rebelles si raisonnables à son goût. Il est prêt à aller jusqu’au bout, au point de se brûler… Et il va se brûler. Mais, avec cette ardeur que permet la jeunesse, il pose la bonne question: peut-on rester intègre sans se brûler, quelle action encore possible dans ce monde consumériste et jusqu’à quel point on ne se perd pas en composant avec le système?”

Un texte d’une grande pertinence et cette interrogation ne s’adresse pas qu’aux jeunes: finalement qu’avons nous fait de nos rêves? “Je voudrais que le spectacle remue tout ça en chacun de nous”, éclaire Marie-Pierre Bésanger. De quoi, pour L’empreinte aussi, marquer les esprits.

S’appuyant sur cette pièce et les autres rendez-vous, le lancement inaugural sera un temps fort à l’image de cette première saison. Il se veut un condensé des ambitions qui imprègnent L’empreinte en proposant des spectacles très divers, portés par de belles compagnies, venues d’ailleurs mais aussi d’ici.

Vous pourrez ainsi y croiser Trois Mousquetaires dépoussiérés façon Monty Python, un duo en équilibre sur son échelle (Météore), un écrivain en mal de réécriture (Le Procès de Philippe K.), des jeunes en quête de leur avenir (Berlin Sequenz)… En tout 6 spectacles qui seront joués sur plusieurs représentations, à Brive ou/et à Tulle, mais aussi pour l’un (Spectateur: droits et devoirs) à Nespouls, Argentat et Meymac.

Il y aura aussi tout une “Nuit ouverte au théâtre de Brive“, le 12 de 20h à 8h (pensez à prendre vos affaires de toilette et un sac de couchage). Surtout, laissez-vous transporter au sans propre comme figuré (le spectacle se fait en transport en commun) entre Brive et Tulle, avec La Visite déguidée de Bertrand Bossard qui livre la savoureuse histoire « revisitée » des relations entre les deux villes (les 4, 5, 6, 7 et 13, plusieurs horaires, réservation obligatoire).

Dix jours « inauguraux » qui s’achèveront le 13 par un embrasement urbain avec des tableaux incandescents à Tulle puis à Brive, suivi d’un bal. De jolis moments pour faire connaissance. À noter que les visites déguidées, Les Trois Mousquetaires, la Nuit ouverte et les embrasements sont gratuits.

Infos et billetterie au 05.55.22.15.22 et sur sn-lempreinte.fr.

 

 

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Sylvain MARCHOU

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Sylvain MARCHOU

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