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Quand le 126 enterrait son drapeau

Dissous pendant la seconde guerre mondiale, le régiment briviste avait enterré son drapeau puis récupéré début 1945 pour participer à la campagne d’Allemagne. Le drapeau qui a été restauré pour l’occasion, témoigne de cette page d’histoire qui sera commémorée ce 7 février par 3 événements

Il y a 75 ans renaissait le 126. L’épisode ignoré par nombre de Brivistes pourtant très attachés à leur régiment, est retracé dans le livre Fier et vaillant publié l’an dernier par le 126e RI. Envoyé dès le début de la guerre sur la ligne Maginot, le régiment briviste mène des combats jusqu’en Allemagne, perdant dans la campagne la moitié de ses effectifs, avant de se replier en Corrèze où il est officiellement dissous le 5 août 1940.

Mais pas question que le drapeau tombe en des mains ennemies. Son dernier chef de corps, le colonel Duché, l’enterre dans un jardin de la ville (les annales ne disent pas où). Il y restera caché durant toute l’occupation jusqu’à la reconstitution du régiment à partir des divers mouvements de résistance. Et c’est celui qui l’aura sauvegardé, qui va officiellement le remettre le 3 janvier 1945 lors d’une cérémonie à Brive à son successeur le commandant Maurice Passemard. Une résurrection qui se poursuivra par la campagne d’Allemagne et l’épopée Rhin et Danube. C’est ce 75e anniversaire de la recréation du régiment que s’apprêtent à commémorer les Brivistes jeudi 7 février avec une grande prise d’armes place du 14 juillet qui rassemblera quelque 600 Bisons dont ceux tout juste rentrés de Sentinelle Paris.

Pour l’occasion, le 126 a fait restaurer le drapeau d’époque qui trônait dans sa salle d’honneur. « Ses couleurs sont passées, il est très endommagé, a été reprisé à plusieurs endroits et is sous cadre, ce qui montre la valeur qu’on lui porte », explique la restauratrice de textiles briviste Aline Gaillard Létrange. « Il raconte de lui-même une histoire et c’est ce qu’il fallait conserver. Il ne s’agissait donc pas d’intervenir en profondeur, mais de faire une remise en forme. Certaines parties sont manquantes, d’autres trop abimées ne tiennent que par quelques fils. Elles ont été mises entre deux voiles de soie. Il faut le recoudre sur un fond avant de le remettre sous un cadre sans le comprimer. » Un travail minutieux tant l’emblème est fragile. Le drapeau sera exposé côté portant ses 4 inscriptions cousues en lettres d’or, ses faits d’armes faisant particulièrement honneur au régiment, pendant la campagne napoléonienne ou le premier conflit mondial : “Bérézina 1812, Artois 1915, Auberive 1917, Italie 1918.”

Avant de retrouver sa salle d’honneur, le drapeau sera exposé aux archives municipales avec d’autres éléments en lien avec cette période et que le régiment sort exceptionnellement de sa caserne, notamment le fanion signé du maréchal de Lattre et sur lequel était apposé pour la première fois l’insigne du régiment, le fanion allemand remis par le lieutenant-colonel Böhmer lors de la reddition de la garnison le 15 août 1944, l’uniforme du commandant Passemard, à la tête du régiment nouvellement reformé… Une commémoration qui rend ainsi hommage aux soldats corréziens et périgourdins d’il y a 75 ans.

La commémoration sera marquée par 3 événements:

  • une prise d’armes, jeudi 7 février à 11h place du 14 juillet avec la participation de 600 Bisons et la musique militaire de la région. Avec remise de décorations, discours et vin d’honneur.
  • une conférence, mercredi 6 février à 18h30 salle d’honneur de la mairie sur la renaissance du régiment et la campagne d’Allemagne par le colonel Hugues Perot, précèdent chef de corps du 126. Dans la limite des places disponibles.
  • une exposition, du lundi 3 au jeudi 6 février aux archives municipales, 15 rue Massénat. Autour du drapeau de l’époque qui vient d’être restauré. Entrée libre de 8h30 à 12h et de 13h30 à 17h.
Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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