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Quand des écoliers viennent parler cinéma aux lycéens

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Une fois n’est pas coutume, ce sont les petits qui ont apporté leur expérience aux grands. Cet après-midi dans la salle de conférences du lycée d’Arsonval, les CM1-CM2 de l’école Lucie Aubrac à Rivet sont venus présenter aux lycéens de 1ère L le fruit d’une action réalisée pendant deux ans avec la Cinémathèque de Paris en lien avec l’univers de François Truffaut, et notamment leur court métrage Lettre à Antoine Doinel. La spontanéité des petits a vite ébranlé la timidité de leurs aînés. Une rencontre pleine de fraîcheur et de tendresse.

 

Lettre a Antoine Doinel2Lorsque le car a déversé son flot d’écoliers venus des hauteurs de Rivet, les élèves de 1ère L2 attendaient déjà leurs invités devant l’entrée principale du lycée, comme pour les aider à démystifier cette impressionnante cour des grands. “Ça fait un peu de stress”, avouait un des enfants. “On est célèbre”, se donnait du courage un autre à peine plus hardi.

C’est donc côte à côte que grands et petits ont cheminé jusqu’à la salle de conférence avant de s’y retrouver dans un face à face d’abord muet. Les uns avaient beaucoup de choses à dire, les autres à découvrir, mais pas facile de jeter d’emblée des ponts entre les deux générations. “Ça fait bizarre d’aller de l’école au lycée sans passer par le collège”, résumait Olivier Gouéry, médiateur cinéma du pôle régional d’éducation à l’image Les Yeux verts.

Lettre a Antoine Doinel7Un court métrage aura finalement tissé le lien. Il s’agit du petit film d’à peine 4 minutes dans lequel les élèves se mettent eux-mêmes en scène en écrivant une lettre à Antoine Doinel, personnage récurrent dans plusieurs films de François Truffaut. Les grands, amusés, ont découvert ces images d’éternels écoliers s’échinant à la dictée, des scènes qu’il n’y a pas si longtemps ils ont eux-mêmes vécu.

Lettre a Antoine Doinel10On a été choisi sur 15 écoles de France parce que la nôtre avait déjà fait un film sur le quartier”, explique Mathias. Tour à tour, les élèves expliquent le déroulé de leur aventure, se passant le micro comme un fil inaltérable entre eux. “On a regardé le film Les 400 coups et on a tous bien rigolé. Il y en a qui ont un peu dormi”, renchérit une de ses camarades, déclenchant les rires de part et d’autre. Ils auront également visionné trois autres films du réalisateur: L’enfant sauvage, L’argent de poche et La nuit américaine. “On les a tous aimés”, assurent-ils en bloc à leurs aînés. “Et bien, maintenant, on va vous montrer Les cahiers de cinéma qu’ont a faits”, s’impatiente un des écoliers.

Lettre a Antoine Doinel9Si amusés soient-ils, ceux de 1ère littéraire prêtent une oreille attentive aux réflexions des plus jeunes car ils devront eux aussi bientôt réaliser des Petits cahiers du cinéma. Comme leurs cadets, ils devront pratiquer l’écriture, s’essayer à la critique pour reprendre des aspects de l’oeuvre de Truffaut et rattacher ce projet aux perspectives du bac.  “Ces élèves suivent tous un enseignement de spécialité artistique, cinéma, histoire des arts ou bien arts plastiques”, explique Carole Cremoux, leur professeur de lettres et de cinéma. “Ils ont déjà assisté à deux projections de Truffaut et une conférence sur le personnage d’Antoine Doinel.” Une rencontre, avec de part et d’autre, une belle éducation à l’image.

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Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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