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“Pour l’honneur” fait salles combles à Brive !

(Photos : Production + Raphaël Josse)

C’était la première avant-première publique du film Pour l’honneur de Philippe Guillard ce mercredi 8 mars au CGR de Brive. Il y avait même une haie d’honneur pour accueillir le réalisateur venu à Brive en compagnie de ses acteurs principaux tout spécialement pour l’occasion. Olivier Marchal, Olivia Bonamy, Mathieu Madénian, et Geoffroy Thiebaut étaient en effet bien présents après la projection pour un échange chaleureux avec le public briviste et corrézien enthousiaste ! Un événement !

(Plus de 1000 personnes pour l’Avant-Première au CGR de Brive)

C’était soir de gala au cinéma CGR de Brive : 3 salles pleines du complexe remplies pour l’occasion ! Inédit ! Plus de 1000 personnes avaient pris place pour voir en avant-première ce film tourné chez nous cet été. Mieux : une haie d’honneur composée des jeunes des équipes de rugby de toute l’agglo étaient en place pour accueillir l’équipe de tournage.

Quoi de plus normal pour un film qui met en valeur notre sport iconique “ce sport de brutes pratiqué par des cœurs tendres” et notre beau territoire ! Le soutien et la contribution financière de la Ville et de l’Agglo allaient de soi pour un film réussi qui fait sens et donne une belle image de notre coin de Corrèze !

Une bataille de clocher

Après Le fils à Jo, Philippe Guillard, ancien joueur professionnel, revient en effet, dans son cinquième film, à ses premières amours, le rugby, et à son engagement de toujours sur les valeurs humaines. “Les vestiaires c’est mon seul diplôme” déclare tout de go le réalisateur. Une histoire simple mais qui fait échos à notre actualité (le CADA de Beyssenac). Le récit de réfugiés demandeurs d’asile qui débarquent dans un village de Corrèze et s’intègrent par le rugby sous fond de « guerre » de clocher.

 

(Solène Hébert, Olivier Marchal, Mathieu Madénian – Film Pour l’honneur)

C’est en effet autour d’une bataille de toujours entre deux villages imaginaires du Sud-Ouest de la France, Trocpont-sur-Tescou et Tourtour-les-Bains, que se déroule l’essentiel du film. Deux villages et même deux familles, les “Salaisons” Lalanne (Tom Villa qui est le méchant de l’histoire) contre l’équipe de Marco Bianchoni, incarné par Olivier Marchal. Deux équipes qui se tirent la bourre pour le match le plus important de leur histoire, le derby du centenaire… L’équipe des rouges du RC Tourtour est au plus mal, et n’a pas gagné depuis 10 ans. Malgré leurs difficultés, les Bianchoni, Anabella Bianchoni (Olivia Bonamy) en tête, vont accueillir des migrants, demandeurs d’asile…

(Olivia Bonamy – Film Pour l’honneur)

L’accueil de réfugiés

Tout ne va pas de soi, et certains sont contre la venue de ces réfugiés. Et pourtant, la suite va donner raison aux valeurs de l’entraide et de la solidarité. Mieux encore, Salifou (Saabo Baldé), l’ivoirien buteur magique, De Gaulle (Claude Musungayi), le géant congolais et Jawad (Sâm Mirhosseini), le lutteur afghan qui arrache tous les ballons, même à ses partenaires, vont redonner à l’équipe le goût de la victoire et une nouvelle âme à Tourtour.

(Olivia Bonamy, Philippe Guillard, Geoffroy Thiebaut – Film Pour l’honneur)

Une comédie très réussie, mais également un film qui aborde de front la question des réfugiés, de l’immigration et du racisme ordinaire. Dès les premières séquences le décor est planté, et les enjeux sont posés entre ceux qui prônent l’accueil et ceux qui s’y opposent fortement. La solution va venir du rugby, mais pas seulement… “Au rugby, y’a pas que des cons, mais ils y sont tous !”, rigole Philippe Guillard. “L’équipe de rugby est un faire-valoir pour expliquer qu’il faut se battre contre les aprioris. Évidemment qu’il peut y avoir des cons chez les migrants, comme il peut y avoir des cons chez nous. Les cons sont bien répartis ! ”.

(Philippe Guillard, Geoffroy Thiebaut – Film Pour l’honneur)

Le scénario a été proposé par Éric Fourniols, un ami de très longue date du réalisateur, et qui a joué lui-même au rugby à Toulon. C’est à la base une histoire vraie, qui a existé en Italie dans un petit village, plutôt dans un club de foot au départ. Très bien construit, il tisse des liens très forts entre rugby et accueil. Il fait également la part belle aux valeurs humaines qui drainent notre ovalie et ses habitants. “Le rugby c’est un sport de combat. Pour aller au combat ensemble, il faut être solidaires. Et pour être solidaire, il faut s’aimer un peu. Si on n’a pas des valeurs communes, et si on n’a pas envie d’être avec les joueurs avec lesquels on joue, en principe c’est la bérézina. On passe pas un tour”.

Une histoire de rugby en Corrèze

C’est à Brive et tout autour (Dampniat, Meymac, Treignac, Uzerche, Malemort) qu’ont pris place cet été les équipes du tournage. “Je cherche toujours à faire des films sur les terres de rugby”, affirme Philippe Guillard. “ Un tournage c’est long, et je préfère le faire là où on est bien accueillis. Un tournage à Paris maintenant c’est un enfer ! Moi je suis content quand je viens chez vous parce que ma vraie famille est là ! Que ce soit ici, à Gaillac, à Narbonne, dans les Landes ou au Pays basque. Je connais toutes les générations de joueurs de rugby. Tout ça c’est mes potes ! Et puis ça tourne toujours autour de la table et du festif ! ”.

(Philippe Guillard, Olivier Marchal, Olivia Bonamy, Mathieu Madénian, Geoffroy Thiebaut – Film Pour l’honneur)

Dans l’année de la coupe du monde France 2023 il y a eu un vrai élan pour ce tournage. Et c’est sur l’impulsion de Simon Gillham, président du CAB, que Philippe Guillard a décidé de tourner chez nous. Pas mal de caméos dans le film raviront les connaisseurs. On reconnaît tout le long des anciens joueurs de l’équipe de France notamment Louis Picamoles, Vincent Clerc, Dimitri Yachvili, Nans Ducuing et Guilhem Guirado… Aurélien Rougerie et Cédric Heymans apparaissent aussi en compagnie de joueurs de clubs locaux, d’Omar Hasan, l’ancien pilier de Toulouse de l’Argentine qui joue un curé.

(Mathieu Madénian – Film Pour l’honneur)

Jusque dans les métaphores alambiquées que certains coachs vous sortent pour motiver les troupes (spécial dédicace à Mathieu Madénian) et qui sont ici très drôles. Et jusque dans les sponsors de l’équipe de Tourtour-les-Bains, les mêmes que pour notre CAB : Andros, Derichebourg, Gamm Vert, …

(Solène Hébert, Olivier MArchal – Film Pour l’honneur)

Et y compris sur le terrain ! À grands renforts de figurants du coin recrutés tout exprès pour jouer les joueurs locaux (Régionnal 1). Plus de 200 gaillards ! “En figuration, on a fait jouer des joueurs de première série, un petit melting pot de toute la région… Sauf que les mecs ils s’entraînent une fois par semaine, et un match le dimanche. Et là pendant 15 jours ils ont fait 8h de rugby par jour ! En pleine canicule ! Donc j’ai appelé mon copain Christophe Foucault, ancien Kiné de l’équipe de France pour les accompagner. J’étais bienveillant !”

(Philippe Guillard, réalisateur du film Pour l’honneur)

C’est que “La Guille” comme on le surnomme ne plaisante pas sur la partie rugby. Le réalisateur Philippe Guillard a voulu que ça soit crédible à l’écran. Pendant 2 mois, chaque phase, chaque mouvement a été répété puis tourné dans le moindre détail. Les amateurs de rugby s’y retrouveront à coup sûr. 

Sur le tournage comme dans le film

La plupart des acteurs du casting international ont d’ailleurs appris le rugby pour l’occasion. Comme par exemple, “celui qui joue Jawad, Sâm Mirhosseini. C’est un iranien, qui a un parcours de dingue ! Il a fait la légion étrangère. Il est allé en Thailand où il a été boxeur professionnel. Il a été champion du monde de boxe thaï. Et quand il arrive, moi je vois un pilier. C’était écrit ! Il est crédible ! Je me suis dit que j’avais une chance inouïe d’avoir cette pépite ! On est tous tombés amoureux de ce mec ! Il a des yeux magnifiques. Quand il sourit c’est un beau gosse, et quand il arrête de sourire, vous lui donnez tout ce que vous avez, votre montre et votre pull,  tellement il impressionne ! C’est un miracle dans le casting ! ” s’enthousiasme Guillard.

(Benjamin Georjon, Mathieu Madénian – Film Pour l’honneur)

Comme aussi le jeune comédien qui joue Salifou, Saabo Baldé : “une future pépite du cinéma français !” nous prédit le réalisateur, et qui se révèle avoir un coup de pied phénoménal : “dans le film il les met toutes dedans, en vrai celles de 30 mètres il les mettait réellement !”.

“ On les a tous mis à l’entraînement. À Meymac, tous les soirs. Il y avait un coach, et tout ce qu’il fallait pour qu’ils prennent un peu les gestes du rugbyman. Ils ont travaillé et découvert ce que c’est vraiment le rugby, comme dans le film ! ”. Certains acteurs ont même fait les entraînements sans qu’on leur demande à Meymac avec l’équipe qui reprenait la saison au mois d’août. Y compris avec l’équipe de rugby de cinéma “Le Quinze de la peloche” ! – “Ils ont adoré !”.

La victoire ne se joue pas que sur le terrain

Le film est à l’image de l’ambiance de tournage. Un “feel good movie” qui ne transige pas sur le fond des messages de solidarité et sur l’authenticité. Une certaine exigence sur les séquences de sport, et de la bienveillance sur les qualités humaines.

Et des personnages de femmes très fortes dans un monde très masculin ! Comme Annabella (Olivia Bonamy) qui accueille les migrants, Emilie (Solène Hébert) qui joue un vrai rugby professionnel au Stadium de Brive, de cette afghane, Shabana (Ariane Naziri) qui veut passer le permis de conduire, de cette syrienne, Nawal (Nabiha Akkari) qui devient le médecin de l’équipe… “J’ai adoré faire ce personnage, déclare Olivia Bonamy, qui a un cœur gros comme ça, qui est droite dans ses bottes, qui n’a pas froid aux yeux, qui monte au créneau. C’est un cadeau à interpréter ! Je pense que Philippe a cette part de féminité ! Il a cinquante femmes en lui ! ”

(Olivia Bonamy, Philippe Guillard – Film Pour l’honneur)

“Quelle différence entre une française et une afghane ?” répond Philippe Guillard.  “ L’émotion est internationale ! Dans le monde entier on ne rigole pas pour les mêmes choses, parce qu’on a des cultures différentes, mais on pleure pour les mêmes choses ! Les émotions sont partagées. On doit plutôt se poser la question : “comment on fait pour les accueillir, pour que ça se passe bien, pour en tirer des bénéfices réciproques… ”

(Olivier Marchal – Film Pour l’honneur)

“On retient une grande chaleur des habitants du coin”, enchaîne Olivier Marchal. “Ils nous ont adopté, on les a adopté ! Ce qui est “tragique” c’est que le premier mercredi c’était la fête de village de Meymac, et on y est allé… Et on y est allé tous les mercredis ensuite à la fête des producteurs. Cela a rejailli sur l’ambiance générale, avec des grandes tablées de 50 personnes. C’est vrai qu’on s’est laissé embarquer par ce petit village charmant de gaulois ! Et moi j’ai découvert des gens d’un accueil et d’une gentillesse incroyables. Des gens vrais ! ”

Optimisme et tendresse

Une bonne ambiance et un optimisme qui se retrouvent à l’écran. Une joie évidente de travailler ensemble ! “On est dans le collectif en permanence”, affirme Olivia Bonamy. “Que ce soit sur le tournage, ou hors-tournage, comme les fameux mercredis, le collectif prend tout son sens dans ce film ! Et c’était quand même un pari parce qu’on était énormément d’acteurs. Et tout le monde s’est bien entendu. Et ce qui se jouait en dehors du film servait complètement le film, et que tout se mélangeait ! ”.

(Philippe Guillard, Olivier Marchal, Olivia Bonamy, Mathieu Madénian, et Geoffroy Thiebaut à l’avant-première du Film Pour l’honneur au CGR de Brive)

L’émotion transpire ! “C’est un film tendre !” complète Olivier Marchal. “Philippe a réussi un truc dingue !” s’exclame Madénian. “Il a fait une équipe de rugby, et il a fait une équipe de potes ! Moi je n’allais pas au boulot ! Et quand je regarde le film, j’ai l’impression de voir un film de vacances ! Mais ma meuf, elle était en larmes ! C’est comme un Pixar, il y a une double lecture. Moi j’étais un peu l’écureuil dans l’âge de glace”.  C’est vraiment un film de famille ! “A partir du moment où on veut faire une guerre de clocher c’est une comédie ! Mais après quand les migrants arrivent eux de la vraie guerre, et fuient quelque chose d’atroce ça contrebalance ! La comédie désamorce forcément le pathos. Le film n’est pas politique. Ce n’est pas un film d’engagement. C’est un film humain !

(Olivier Marchal, Olivia Bonamy, Philippe Guillard – Film Pour l’honneur)

Philippe Guillard était déjà venu à Brive en 2010 pour présenter son film Le fils à Jo, avec Gérard Lanvin, qui avait remporté un vrai succès à l’époque avec 700 personnes à l’avant-première. Cette fois-ci la projection s’est une nouvelle fois terminée sur un tonnerre d’applaudissements. et cette fois avec plus de 1000 personnes toutes enthousiastes. Pour Olivier Marchal “Philippe est revenu aux fondamentaux avec ce film !”

Le nouveau film de Philippe Guillard, Pour l’honneur (1h40) devrait sortir en salle le 3 mai 2023.

Avec Olivier Marchal, Olivia Bonamy, Mathieu Madénian, Solène Hébert, Saabo Baldé, Claude Musungayi, Sâm Mirhosseini, Nabiha Akkari, Ariane Naziri, Philippe Duquesne, Benjamin Georjon, Camille Aguilar, Geoffroy Thiebaut, Tom Villa… (et même une surprise corrézienne au casting, mais chut !).

En attendant, Mathieu Madénian cherche-t-il toujours un terrain en Corrèze ? 😉

 

 

Xavier HARISMENDY, Vidéo : Raphaël JOSSE

Xavier HARISMENDY, Vidéo : Raphaël JOSSE

1 commentaire

  •    Répondre

    Vu le film hier soir en avant première au Gaumont de Labege (31).
    Vraiment très bien. Très agréable et amusant. J’ai passé 1h30 de plaisir.
    Un succès assuré.

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