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Pour dire stop aux violences conjugales

En fin de matinée, des gerbes ont été déposées devant la stèle du square Marcel-Cerdan. 147 roses pour autant de femmes, d’hommes et d’enfants décédés l’an dernier en France de ces violences au sein d’un huis-clos familial. “Un fléau malheureusement toujours d’actualité”, témoigne l’association SOS Violences conjugales.

 

Cette cérémonie se déroule habituellement chaque 25 novembre, à l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes partout dans le monde. Pour des raisons d’organisation, elle n’a eu lieu qu’aujourd’hui. Une trentaine de personnes, avec parmi elles pour la première fois des représentantes du Conseil départemental et des Femmes élues de Corrèze, se sont massées ce matin autour de la stèle dressée dans un angle de la roseraie.

« J’ai reçu des fleurs aujourd’hui », dit la première ligne du texte qui y figure (nous vous invitons à lire ce poème en cliquant ici). En écho à cet épitaphe, la stèle a reçu comme son lot de roses: 147 exactement pour autant les 109 femmes, 29 hommes et 9 enfants, victimes collatérales souvent oubliées, tombés l’an dernier sous les coups de leur conjoint, ex-conjoint ou père. De jolis bouquets dont la beauté révèle malheureusement la monstruosité des faits.

Dénoncer, encore et toujours, ce “fléau sociétal”, comme le qualifie Georgette Chastanet, présidente de SOS Violences conjugales. “Ce chiffre toujours trop élevé touche tous les âges, nationalités et catégories socio-professionnelles“, précise-t-elle, déplorant encore “le drame récent qui s’est déroulé il y a 15 jours dans notre département, où une femme, policière de surcroît, battue à mort par son conjoint, est décédée à l’hôpital de Limoges des suites de ses blessures”.

Dans ce combat, son association joue un rôle crucial afin de prévenir ces situations extrêmes. SOS Violences conjugales reste mobilisé à travers ses différentes structures pour “apporter un soutien, venir en aide aux victimes, les accueillir en toutes confidentialités, recevoir leur parole, les accompagner, les informer et les orienter si besoin”. Car les violences conjugales ne sont pas uniquement caractérisées par la violence physique. “Elles recouvrent aussi une violence plus invisible, insidieuse qui s’exerce dans le huis clos conjugal et familial, comme l’emprise, le harcèlement moral, le contrôle permanent, la violence sexuelle, économique, le mariage forcé, les dénigrements, humiliations, insultes…”

Si la libération publique de la parole est aujourd’hui à l’œuvre, elle doit pouvoir se poursuivre au-delà de l’ampleur médiatique actuelle. “Seule la partie visible de l’iceberg émerge.” En Corrèze comme ailleurs, ce fléau est malheureusement bien présent. L’association en apporte la preuve avec des chiffres égrainés en un triste bilan. Le Pôle écoute et entretiens a été en contact avec 96 femmes, enregistré 205 appels, tenu 79 entretiens. L’accueil de jour Inform’elles a reçu 153 femmes. Le CHRS Solidarelles, 29 femmes et 20 enfants. Trois personnes ont également été bénéficiaires du dispositif de Téléprotection grave danger. SOS Violences conjugales ne se décourage pas pour autant et souhaite en 2018 se rendre davantage accessible et repérable pour les femmes porteuses de handicap, elles aussi très concernées par les violences. Un engagement qui ne peut pas faiblir.

Samedi, lors de la journée internationale, le président Emmanuel Macron a d’ailleurs décrété l’égalité entre les femmes et les hommes “grande cause du quinquennat”, annonçant un éventail de mesures destinées à lutter contre les violences sexistes et sexuelles. Pour favoriser les plaintes, un signalement en ligne devrait créé dès le début de l’année pour les victimes de violence, harcèlement ou discrimination. Devrait aussi voir le jour un nouveau délit visant le harcèlement de rue, immédiatement verbalisable et sans dépôt de plainte. Il y a urgence, d’autant que dans un récent rapport, l’Inspection générale des affaires sociales déplore une prise en charge sanitaire défaillante des femmes victimes de violences et réclame plus de moyens.

Le message est fort pour les victimes: il faut oser en parler. Un numéro pour briser le silence: le 3919 (appel gratuit et anonyme, de 8h à 22h du lundi au samedi) dont le numéro n’apparait pas sur les factures de téléphone.Il est possible également de contacter l’association SOS violences conjugales au 05.55.88.20.02.

Pour s’informer sur internet, deux sites à consulter:

  • http://www.stop-violences-femmes.gouv.fr/. C’est le site du gouvernement, des rubriques très claires, qui expliquent ce qu’il faut savoir, comment comprendre votre situation, où s’adresser… Son plus: en un clic, vous pouvez à tout moment quitter rapidement le site et même effacer toute trace de votre passage.
  • http://www.sosfemmes.com/index.htm.  Le site décortique les mécanismes de la violence conjugale, comment elle s’installe, ses formes, ses cycles, ses conséquences, les adresses à connaître, que faire si votre voisine en est victime… et des modèles d’attestations et de formulaires.

Chacun doit aussi connaître un discret signe d’appel à l’aide: un point noir dessiné dans la paume de la main, un moyen pour les victimes d’alerter leur entourage, afin que celui-ci puisse déclencher tout aussi discrètement les structures d’aide.

Marie Christine MALSOUTE, Cyril Granet

Marie Christine MALSOUTE, Cyril Granet

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