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Philippe Bouret, passeur de savoirs et d’émotions

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Après “Les Entretiens de Brive” publiés en octobre dernier, le psychanalyste briviste Philippe Bouret continue de fouiller le monde et les artistes qui l’habitent. Il a publié au printemps un dialogue avec l’illustrateur José Correa et va sortir le 15 octobre une conversation avec l’écrivain Louise L. Lambrichs sur la question du génocide en ex-Yougoslavie. L’auteur, présent lors de la prochaine Foire du livre de Brive, les 4, 5 et 6 novembre, y parfait sa position de prédilection, celle du passeur.

Philippe Bouret5On n’arrête plus Philippe Bouret. Le psychanalyste briviste a mis le pied dans le monde de l’écriture en octobre dernier en publiant “Les Entretiens de Brive” (édition Michèle): une plongée dans l’intimité de 10 figures emblématiques du monde artistique liées d’une manière ou d’une autre à la cité briviste. Un an plus tard, il s’apprête déjà à faire paraître un 3e opus, l’épais Escapade (le 15 octobre chez La rumeur libre éditions). Il est le fruit d’un an de conversation menée avec Louise L. Lambrichs. La romancière et essayiste qui souhaite ouvrir un débat resté clos jusque-là en France selon elle, veut donner à comprendre ce qui s’est réellement passé en ex-Yougoslavie et ce qu’il en est du déni de génocide.

Pourquoi le psychanalyste briviste s’est-il retrouvé mêlé à ce projet, lui qui n’a pas, de son propre aveu, l’érudition de Louise L. Lambrichs en ce domaine auquel elle se consacre depuis 25 ans ? Tout est parti d’une rencontre avec elle sur la Foire du livre de Brive. C’était en 2013. Depuis lors, l’écrivain et l’analyste ont tissé le fil d’une longue et régulière correspondance qui a formé la toile de fond de ce projet original. La conversation qui a suivi, menée sur un ton très libre, aurait permis à Louise L. Lambrichs de se “décoller de son écriture”, explique l’auteur qui adopte dans le livre la position du sceptique. Une distanciation qui sert une meilleure compréhension du sujet et qui éloigne le pathos : “L’énonciation du livre devait être aussi légère que son contenu est lourd”.

Philippe Bouret2Face à Louise L. Lambrichs qui endosse le rôle de la lanceuse d’alerte, Philippe Bouret apparaît une fois encore dans celui, discret mais décisif, du passeur. Une position qui fait le lien entre ses trois opus si différents : cette conversation au long cours, la série d’entretiens d'”Ecrire c’est vivre” et, entre les deux, le récit de rencontre: Dialogue avec José Correa aux éditions Claire Lorrain.

Philippe Bouret a extrait de cette rencontre plus de trois heures d’une dense conversation. Elle a offert la matière d’un livre riche d’une quinzaine d’illustrations de José Correa et d’une forme singulière inventée par l’auteur. Objet hybride, ce livre kaléidoscopique, comme polyphonique, mêle à la conversation, narrations, didascalies, descriptions et poèmes. Il offre une diversité de voies pour approcher l’intimité de José Correa formé à la peinture par François Augiéras, artiste misanthrope et inclassable.

Philippe Bouret6Dans une langue vivante, riche de néologismes et de formules pleines d’éclat, Philippe Bouret poursuit sa quête du “dire, bien dire, dire juste, juste dire”, et emmène son lecteur dans le huis-clos de son face-à-face pour qu’il puisse véritablement vivre cette rencontre. L’occasion pour le lecteur de découvrir que dans ce livre aussi le mystère opère, celui de prises de conscience jaillissant dans le vif de l’échange. En témoignent les propos de José Correa exprimant pour la première fois le “laisser aller jouissif” qui l’habite lorsqu’il dessine un homme, une réflexion qui lui vient à partir de ce que Philippe Bouret lui dit.”C’est étonnant ça“.

Une des clés est peut être à chercher du côté du regard bienveillant et de l’attitude toute en empathie d’un psychanalyste pétri d’admiration pour la figure de l’artiste et qui s’approche, comme le décrit subtilement le cinéaste Benoît Jacquot, de manière “non masquée et la main ouverte”.

Sur le premier ouvrage de Philippe Bouret, vous pouvez aussi consulter notre article:

Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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