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Peintures d'ar(t)chitecture

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Jusqu’au 27 mars, le Garage accueille une exposition du FRAC-Arthotèque du Limousin. Une dizaine d’oeuvres qui abordent la question de la relation entre art et architecture, de sa représentation principalement dans la peinture. Une exposition qui se ressent, se parcourt, s’habite. “Parce que ce bâtiment le vaut bien”, a insisté le directeur régional Yannick Miloux. Une visite guidée sera proposée gratuitement samedi 26 mars à 14h30 par la médiatrice culturelle du musée Labenche.

 

Expo garage7“Ici, on trouve de l’air pour les oeuvres”, se plaisait à répéter le directeur du FRAC-Artothèque du Limousin lors du vernissage vendredi soir. Après La ligne claire en 2014 puis Abstraction excentrique et géométrie comique en 2015, le lieu accueille cette année une exposition sur le thème “Peintures d’architecture”. Un thème en accord, pour Yannick Miloux, avec la structure du bâtiment: “son architecture particulière façonne l’exposition”.

Cette mise en “relief” a donc été “construite” selon un scénario très simple: dans la salle principale, sont exposées des vues extérieures alors que les deux parties annexes présentent au contraire des points de vue développées depuis l’intérieur d’une architecture. “L’exposition s’appuie sur cette dialectique et offre un rapport à l’espace.”

Edifice, ruine, vestige… l’architecture a, il est vrai, toujours intéressé les artistes. De simple décor sur une toile, elle a trouvé une place de sujet pour exprimer un espace signifiant, témoin de son temps. La dizaine d’artistes contemporains qui sont ici exposés montrent, avec des oeuvres très diverses, à quel point cette représentation architecturale est devenue autonome et constitue une expérience sensible.

Yannick Miloux, directeur du FRAC ArtothèqueAinsi d’Yves Belorgey, “peintre en barres”, pourrait-on dire, avec sa toile grand format de 2,40m sur 2,40m Préparation de la Muraille de Chine en vue de son explosion. Cet autodidacte qui a délaissé le droit pour la peinture, a reproduit cet immeuble stéphanois avant sa déconstruction sur le format favori d’Hubert Robert, un des principaux peintres du 18e siècle. La représentation, à partir d’une photographie, d’un habitat collectif aujourd’hui disparu, offre alors une réflexion quasi ethnologique de notre société.

Christophe Cumin qui lui aime à se définir comme “un artiste peintre en bâtiment”, joue aussi à sa façon sur cette perception entre illusion et réalité, se réappropriant les tags pour leur donner de la 3D. “Il a repeint en blanc selon leurs contours des tags urbains, non pour les faire disparaître complètement, mais pour les neutraliser et les transformer en fantômes”, explique Yannick Miloux. L’exposition présente également un ensemble de 20 sérigraphies qui composent son “Manifesto” et constitue l’unique trace mémorielle de ses interventions dans différents lieux d’exposition.

Expo garage2Autre expression avec Simon Bergala qui explore quant à lui un environnement en pleine mutation. Il livre en grand format ses visions de cité idéale. Ces villes colorées possèdent une poésie teintée d’humour, se nichant dans un casque de CRS (peut-être sont-elles ultra-sécurisées?), utilisant un peu plus loin une bâche de marché comme support pictural. Des villes grouillant de tuyaux de chantiers, tels des vaisseaux comme autant de flux d’informations d’un monde toujours en mouvement. Les tableaux aux châssis très fins peints par Damien Mazières se caractérisent quant à eux par une simplification des formes et des couleurs. Les vues urbaines se résument alors à des aplats colorés et à des signes visuels devenus presque génériques.

Expo garage3“L’exposition mêle deux générations d’artistes“, commente Yannick Miloux, “ceux d’une cinquantaine d’années dont certains très connus et des plus jeunes, 30-40 ans, qui travaillent différemment, n’utilisant pas les même outils, n’ayant pas les mêmes ressentis.” Des visions différentes, mais aussi des media différents. Par exemple, Marion Robin dont deux photographies de petit format documentent deux oeuvres éphémères. “L’artiste a retravaillé l’aspect extérieur d’une maison à l’aide d’artifices de toutes sortes, surlignant certains détails de la façade avec l’aide de figurants. Sur l’autre oeuvre, elle a créé une surface d’eau qui permet, selon le cadrage de la photographie, qu’une maison s’y reflète partiellement.”

Expo garage4Pour le premier adjoint au maire Christophe Patier, cette exposition permet ainsi de “faire se rencontrer l’art contemporain le plus pointu avec le public le plus large possible“. “J’ose espérer que ce n’est pas la dernière”, renchérit le directeur du FRAC. Toutes les œuvres présentées revendiquent ainsi de nouvelles connexions possibles entre langage et forme. Sur cette lecture de l’architecture, se construit alors une conscience d’un patrimoine. Peut-être entre mémoire et anticipation.

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Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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