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Paul Metayer : la barre toujours plus haut

Double champion de France cadet au saut en hauteur, 2 podiums internationaux, inscrit sur la liste du haut niveau, l’athlète cabiste de 18 ans, passé junior cette saison, s’accroche à ses rêves de Jeux olympiques.

C’est un garçon filiforme qui promène sereinement son mètre 94. L’apparence calme, l’esquisse d’un sourire, mais le corps prompt à décoller et le mental verrouillé sur des rêves de gloire. « J’adore l’ambiance compétition, avoir du public autour, il faut qu’il y ait de la claque, ça me porte… », reconnait Paul Metayer, un des « jeunes talents sportifs » encouragés par la Ville*. L’un des plus prometteurs. Le sauteur, double champion de France extérieur et en salle, figurait sur la liste des espoirs nationaux depuis 2016 et désormais sur celle du haut niveau dans la catégorie « relève ». On mise sur lui pour les Jeux olympiques de 2024 – « ce serait magnifique, mais je risque d’être un peu short en maturité physique -, plus sérieusement pour ceux de 2028.

« Depuis tout petit, je rêve des JO. J’en rêvais déjà à 7 ans alors que je faisais du foot. » Bien plus que taper dans le ballon, ce qu’il aimait c’était courir, énormément. « Au bout de deux ans, mon entraineur a fini par me suggérer d’essayer un autre sport. » À 9 ans, Paul Metayer foule la piste avec le CABrive athlétisme, fait ses gammes en poussin, puis benjamin, décroche en minime le bronze national « Pointes d’or » et se révèle véritablement au saut en hauteur. Jusqu’à un impressionnant bond à 2,10 mètres à tout juste 16 ans ! Son record personnel qu’il a renouvelé en juillet dernier au Festival olympique de la jeunesse à Bakou où il finit deuxième. Il intègre l’équipe de France cadets pour les championnats d’Europe 2018 où il décroche une 7e place et s’octroie l’or au meeting international d’Istanbul l’an dernier.

« Ce que j’aime, c’est la sensation de détente, d’envol, cette impression de presque planer quelques microsecondes au dessus de la barre. C’est intense et tout aussi frustrant car ça ne dure pas longtemps. » Tout juste 18 ans depuis janvier, il vient de rentrer dans la cour des juniors. Avec de belles ambitions : s’octroyer les plus hautes marches des podiums aux France à venir et se qualifier pour les championnats du monde cet été au Kenya à Nairobi et l’année suivante le championnat d’Europe. « Mon record date de presque deux ans, c’est beaucoup trop, on va pas se mentir », tranche le sportif qui « aime repousser les limites ».

« C’est un athlète à fort potentiel, c’est surtout quelqu’un qui s’entraîne beaucoup. Un bel exemple pour le club », déclare son entraîneur Yoann Cabirol. Au fil des jours, le junior enchaîne inlassablement les courses sur 400 ou 200, du renforcement musculaire… « Heureusement, j’adore courir. C’est beaucoup d’entrainements pour finalement peu sauter, seulement une fois par semaine, sans monter la barre très haut. On fait rarement des sauts au-delà de 2m, on se réserve pour la compétition. » Sans pour autant négliger ses études. Pour Paul en terminale S au lycée d’Arsonval, l’avenir se dessine entre IUT informatique ou école d’ingénieur, il n’a pas encore tranché. « Je serais de toute façon obligé de partir m’entrainer ailleurs, mais je resterais licencié au club. De toute façon, je sais que je ne pourrais pas me contenter que du saut en hauteur. J’aimerais aussi essayer la perche. Je pense que j’adorerais et ça me permettrait de pratiquer plus tard le décathlon. » Toujours plus haut, plus loin.

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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