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Nicolas Marciano ou l’éloge de l’enfance

Présentés à la chapelle Saint Libéral jusqu’au 22 mars, les dessins et peintures de Nicolas Marciano invitent à un voyage étrange et fantasmagorique en terre d’enfance, entre inquiétude et plénitude.

Pénétrer dans la chapelle Saint Libéral et replonger en enfance. S’approcher tout près des dessins et des peintures de Nicolas Marciano. Suivre au doigt et à l’œil le tracé dont la finesse d’abord toute académique se prolonge par le trait enfantin, malhabile. “Un trait incertain mais chargé d’intentions”, précise l’artiste. C’est là précisément ce qui l’intéresse dans le dessin d’enfant.

L’enfance, voilà 5 ans que Nicolas Marciano explore ce thème dans son travail. Une exploration qui n’a rien d’abstrait. L’artiste s’implique régulièrement au sein de l’association La Source créée en 1991 par le peintre Gérard Garouste et qui entend, par la création artistique, accompagner les jeunes en difficultés et lutter contre l’exclusion. “Ces ateliers sont devenus partie intégrante de ma pratique. Il lui donne du sens et m’éloigne de la solitude et du nombrilisme.” Les enfants qui apparaissent dans ses peintures et dessins sont ceux des ateliers, les dessins d’enfants sont aussi les leurs. Il les reproduit de la main gauche pour en préserver la naïve maladresse et précieuse immédiateté.

Décliné en 3 volets, son travail sur l’enfance s’est déjà déployé autour du jeu et des cabanes; et, plus récemment autour du totem, nouvelle série dont il expose aussi à Saint Libéral quelques œuvres réalisées pour l’occasion et fraîchement terminées. «Je m’attache à présent à construire une mythologie du futur avec des formes passées », explique-t-il en pointant dans ses peintures et dessins l’apparition de dinosaures et autres crânes d’animaux disparus.

A travers ces trois séries, Nicolas Marciano s’aventure par-delà le temps et l’espace et fouille dans la mythologie de l’enfance. Une manière de revisiter ce sujet qui a traversé l’histoire de l’art mais aussi d’impliquer les premiers intéressés, les jeunes, en questionnant “les clés qu’on donne aux générations futures pour construire le monde de demain. »

“L’artiste se fait de plus en plus médiateur”, remarque Vincent Rigau-Jourjon, directeur du musée Labenche. “Surtout les jeunes artistes. Nicolas Marciano, artiste plasticien émergent, est aussi le plus jeune que nous avons exposé”. Son travail, a par ailleurs souligné Frédéric Soulier, maire de Brive, confirme “l’ouverture de la chapelle Saint Libéral à la création contemporaine la plus récente.” Une création qui se poursuivra par-delà ce lieu d’exposition au travers d’ateliers de pratiques artistiques que Nicolas Marciano animera les 11, 12 et 13 mars avec les jeunes de la classe préparatoire arts plastiques du lycée d’Arsonval, du centre socioculturel Jacques Cartier et du collège Jean-Lurçat.

Du fantasme au totem, dessins et peintures de Nicolas Marciano. Jusqu’au 22 mars à la chapelle Saint libéral, rue de Corrèze à Brive. Entrée libre et gratuite. Infos: Musée Labenche.

Crédit photos: musée Labenche – Sylvain Marchou.

Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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