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“Mort point final” de Frank Klarczyk

Un prof de français qui “pète les plombs” en plein cours façon Stephen King, un obscur attentat qui se trame… les rebondissements s’enchainent avant d’atteindre le point final du 3e polar de Frank Klarczyk, paru cette fois dans la toute nouvelle collection Plumes noires de Lucien Souny. Rencontre avec un singulier auteur briviste.

 

Dans la vie, Frank Klarczyk est un “policier de la rue” comme il aime préciser, c’est-à-dire en tenue, sur le terrain. Un métier de police-secours qu’il exerce depuis plusieurs années à Brive, après avoir débuté en région parisienne puis dans le Nord, sa région d’origine. De quoi donner véracité à une écriture devenue “exutoire” à l’égard de son quotidien. Avec Mort point final, ce brigadier-chef n’en est pas à son premier crime. Il a déjà signé Sanglante vérité et Les crocs de la Corrèze, parus respectivement en 2013 et 2015 chez Geste Éditions. Deux premiers romans noirs très bien accueillis par les lecteurs et qui prenaient leur action du côté de Tulle et de Brive, en collant aux basques d’un attachant lieutenant Gabriel Marsini.

Cette fois, les lieux n’offrent pas de repères. Pas non plus de l’enquêteur habituel. L’histoire débute dans une ville de province paisiblement insignifiante comme une autre, pendant un cours gentiment chahuté semblable à tant d’autres, avec un enseignant qui doit comme ses collègues jongler entre le niveau de ses élèves et le respect des programmes scolaires. Si ce n’est que, ce jour-là, en verrouillant étrangement la porte de sa classe, le prof de français fait basculer ses élèves dans un terrifiant huis-clos.

“Il va vraiment péter les plombs”, insiste l’auteur. Douce métaphore, et la lecture de la dédicace adressée aux enseignants, dont son frère qui lui a fait découvrir le maître de l’horreur Stephen King, aurait déjà du nous alerter. Car si Frank Klarczyk s’inspire de son expérience professionnelle, il aime particulièrement “flirter avec le fantastique”, écrire sur le fil du rasoir. Rien d’étonnant lorsqu’il avoue ses préférences pour des auteurs comme Grangé, Thilliez ou Lemaitre.

Dans Mort point final, on frise le gore avec ce prof qui s’en prend brutalement à ses élèves. Victime d’un “burn out” qui émaille l’ordinaire de nos faits divers. Mais la fiction n’est pas si simple, elle se fait double, en déclenchant une autre menace, celle des attentats. Un deuxième thème qui colle malheureusement lui aussi à l’actualité. Sans préméditation. “J’avais déjà commencé cette histoire bien avant les attentats parisiens. Lorsque c’est arrivé, comme beaucoup d’auteurs de polars, je ne pouvais plus écrire… c’était trop”, explique le policier.

Frank Klarczyk a heureusement repris son écriture fluide pour servir une intrigue psychologique rebondissante. “C’est une histoire assez rythmée, je n’aime pas qu’on s’ennuie.” Une histoire qu’il qualifie en préambule comme un “exutoire pour enseignants”. Lui-même aurait d’ailleurs voulu être prof et rend ainsi hommage à une profession souvent malmenée. Une histoire donc “hors sol”, mais l’auteur n’a pas laissé tomber son enquêteur Marsani. Il reviendra peut-être dans un futur roman…

Pour l’heure, l’écrivain policier va s’atteler à son quatrième opus. “J’ai déjà la trame et les personnages.” Il en avait délaissé plusieurs mois l’écriture pour se consacrer à celle d’un scénario de film qu’il qualifie de “fantastique policier” et au nom équivoque de Projet hybride (il paraît même qu’il y fait l’acteur). Le montage est en cours d’achèvement et le film devrait être programmé fin 2018 début 2019 dans les salles Art et essai, à commencer par le Rex à Brive. “Mon tout premier texte que j’ai écrit à l’adolescence, était un scénario pour une comédie policière”, s’amuse Frank Klarczyk. Peut-être une troisième casquette pour celui qui a tapissé son bureau d’affiches de films cultes, L’Arme fatale, L’Inspecteur Harry, Les Rivières pourpres

Frank Klarczyk sera bien évidemment présent à la prochaine Foire du livre de Brive, les 10, 11 et 12 novembre. Vous pourrez également le rencontrer à Beynat dimanche 22 octobre, lors de la Fête de la châtaigne, puis à nouveau à Brive, samedi 25 novembre chez Autour du dessert à la Pigeonnie (17h-19h). Vous le retrouverez samedi 16 décembre à la librairie La Baignoire d’Archimède (de 15h à 17h) avec Corinne Champougny, autre auteur briviste de polar, qui signe Souris, tu ne peux pas tous les tuer.

 

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Sylvain MARCHOU

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Sylvain MARCHOU

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