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“Montrer aux gens que malgré le handicap, tout est possible”

Marion Magnaudet, 34 ans, atteinte d’un syndrome de Little, est agent communal. Elle nous parle de son quotidien, son travail, sa vie et son investissement dans la commission Autonomia qui œuvre au sein de la Ville pour améliorer l’accessibilité et l’inclusion.

Marion est atteinte d’un syndrome de Little : « Dans mon cas, ça crée des raideurs excessives au niveau des membres inférieurs principalement. J’ai des difficultés pour me déplacer et marcher. C’est un peu invalidant, mais ça va encore. »

Après une année de droit à Bordeaux et un BTS en secrétariat médical à Brive, la souriante jeune femme est arrivée en 2013 dans l’équipe Brive mag’. Elle y est restée quatre ans avant d’intégrer le service mutualisé des finances de la Ville et de l’Agglo. « Je suis totalement autonome dans mon travail, mon bureau est accessible, je me sens bien. Ce qui me manque, c’est le lien avec le public, l’usager. » L’accueil en mairie ? « Il est correct et chaleureux, il y a des ascenseurs, de longs couloirs plats. »

Depuis deux ans, Marion fait partie de la commission Autonomia de la Ville. « J’avais le désir de m’engager pour le handicap. L’accessibilité dans la ville a été grandement améliorée ces dernières années. La réfection de trottoirs coûte assez cher et il faut comprendre que cela prenne du temps. Il y a eu beaucoup d’avancements sur la voirie dans l’hypercentre et les boulevards. Il reste encore à faire dans le cheminement plat hors du centre : supprimer les petits trottoirs avec un grand poteau au milieu, ça forcément, un fauteuil ne peut pas passer. Il faudrait aussi veiller à ce que les bus s’arrêtent vraiment au bord du trottoir rehaussé. »

Marion n’a pas encore de permis, mais c’est en cours. « C’est plus fastidieux qu’un permis classique car les systèmes de conduite sont plus compliqués. Dans mon cas, tout se situe au niveau du volant, ça demande beaucoup de coordination. C’est assez technique, il faut plus de leçons et c’est aussi plus cher. J’ai touché un peu d’aides de la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées, NDLR), mais pas beaucoup car je travaille à temps plein. En attendant, j’utilise des taxis ou le service Libéo accessible de l’Agglo. »

Ce qu’elle aimerait voir évoluer : « Il faudrait que les logements soient davantage adaptés. Il y a des subtilités dans les aides : si on est trop autonome, si on peut s’habiller, se laver, manger tout seul, alors la prise en charge de l’aménagement d’une douche par exemple n’est pas effectuée. » Surtout, elle aimerait que « l’État allège la lourdeur administrative. Quand on ne rentre pas dans la petite case à cocher, ça devient très vite compliqué ».

Marion a une vie bien remplie : « J’ai des amis très fidèles, pour la plupart des amis d’enfance, nous faisons régulièrement des soirées, des activités et des voyages. Je veux aussi refaire du théâtre. » Et elle a un grand projet : « Publier un témoignage qui puisse aider d’autres. Même si je suis en situation de handicap, je peux avoir une chouette vie. J’aimerais montrer aux gens que malgré le handicap, tout est possible, que bien qu’une maladie soit là, l’important, c’est d’aller plus loin et plus haut. Handicap ou pas, la vie est compliquée et c’est ce qui fait sa richesse. »

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Fatima Kaabouch

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Fatima Kaabouch

1 commentaire

  •    Répondre

    Quel beau témoignage Marion!! Je retrouve bien la pitchounette courageuse que j’ai connue il y a 34 ans donc…déjà !!! Je te redis que si un jour tu avais besoin de quoique ce soit …toujours là pour toi!! Bon maintenant çà a des limites !!! je suis une mémé (avec un handicap invisible ) … tu es bien entourée et celà me fait plaisir et ne m’étonne pas !! Tu es un aimant..tu as toujours attiré l’affection !!!
    Je t’embrasse bien fort…

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