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Mieux comprendre la maladie d’Alzheimer

Projection débat sur la maladie d'Alzheimer

Un public nombreux a assisté hier soir aux Trois provinces à la projection débat qui lançait la semaine de sensibilisation organisée par France Alzheimer Corrèze et le réseau Coglim. “Une vraie maladie de la communication“, a démontré le docteur Gourdeau-Nauche, gériatre et responsable de la consultation mémoire à l’hôpital de Brive.

Regards sur Alzheimer est l’angle pris par cette semaine de sensibilisation. Regards de spécialistes, mais aussi d’accompagnants, de proches, d’artistes. Regards convergents sur cette maladie insidieuse, implacable, qui bouleverse tout au quotidien, qui détruit les souvenirs, les visages, les relations aux autres jusqu’au repli total. les intervenantsOn accepte pas s’il n’y a pas d’amour“, témoigne pudiquement le mari d’une malade dans le bouleversant documentaire Alzheimer mon amour. Le film a tout dit, d’emblée, et le silence qui a suivi sa projection révèle une émotion palpable sur cette maladie qui plonge dans le désarroi malades et aidants.

Ce qui est perdu ne reviendra plus jamais et il faut s’appuyer sur les capacités qui restent”, explique Jean-Marie qui accompagne son épouse depuis 4 ans et demi. “Sinon, ça entraine un sentiment d’impuissance qui est destructeur. Il faut surtout se faire aider.” Troubles du langage, perte de la communication verbale, agitation nocturne, problèmes d’incontinence… “Aujourd’hui, il faut l’accompagner pour tous les gestes de la vie quotidienne. Elle s’achemine vers une grabatisation totale”, anticipe-t-il lucide, ne cachant rien des moments de fatigue, d’épuisement, d’énervement, de ras le bol. “J’ai aussi des moments de joie, des sourires… des moments de grâce dont il faut savoir profiter.”

AfficheLa maladie d’Alzheimer est une énigme“, a expliqué le docteur Florence Gourdeau-Nauche, responsable du pôle de gériatrie. “Si guérir est impossible, prendre soin, au sens étymologique “se soucier de”, a toute sa place pour préserver la dignité des patients et alléger le fardeau des aidants.” Ne nombreux angles ont été abordés: quels en sont les signes, les traitements en cours, les comportements à adopter, les thérapies non médicamenteuses, comme cet atelier toucher effleurage sur lequel témoignent deux aides soignantes du Service de soins infirmiers à domicile ou les formations proposées aux aidants par France Alzheimer, où en est la recherche, est-ce génétique…

Un échange qui a pu accompagner les proches à “faire le deuil d’une personne aimée de son vivant“, un être aimé que la maladie rend vulnérable. “C’est une vraie maladie de la communication: si les malades perdent les mots, ils gardent pleinement les capacités de ressentir les émotions. C’est à nous d’aller à leur rencontre.” Et de soulever cette réflexion: “Comment au 21e siècle, dans un siècle qui va vite, qui se déshumanise, sommes-nous confrontés au paradoxe de cette maladie qui nécessite de l’écoute, du respect, du partage et de l’humanisme?

Vous pouvez télécharger le programme complet sur santé-limousin.fr/coglim ou sur francealzheimer.org. Pour en savoir plus, contactez aussi l’association France Alzheimer 19 au 05.55.17.70.76. A noter que France Alzheimer Corrèze organise ce vendredi 23 une journée portes ouvertes de ses locaux 20 bis amiral Grivel (de 9h à 12h et de 14h à 18h).

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Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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