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Mathieu Bosredon dans la roue des Jeux de Rio

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A  23 ans, c’est le plus jeune international de sa discipline, le handbike (vélo handisport), où ses concurrents s’alignent plutôt entre 30 et 40 ans. L’an dernier, le jeunot s’est même classé 4e mondial, avec désormais un objectif qu’il sait pouvoir atteindre : Rio 2016.

portrait mathieu« Une préparation des Jeux se fait en 4 ans. 2013 était pour moi une année test : il fallait que je me prouve que j’étais capable d’y aller. Sinon, j’arrêtais, c’était clair dans ma tête. J’avais pas envie de perdre mon temps.» Le voilà donc rassuré. En 2013, Mathieu Bosredon a accumulé les podiums : 2e à la coupe du monde en Italie, que ce soit dans l’épreuve chrono ou en ligne, et une première place par équipe ; deux victoires, en chrono et en ligne, à la course internationale de Bilbao, une autre première place chrono en Suisse, une 5e place aux Mondiaux au Canada… Un palmarès prometteur pour le double licencié, à l’Union cycliste briviste et au Club handispsort pays vert.

« Le sport, c’est jamais acquis »

Avec 2014, l’athlète de haut niveau, membre de l’équipe de France, a basculé dans la vraie préparation pour les Jeux. « Je connais mon potentiel. Maintenant, on affûte l’entraînement, on va mettre en place une stratégie, on se construit vraiment.» «On», car l’athlète ne se désolidarise pas de son staff : son préparateur physique Joël Pintapary, son entraîneur vélo Laurent Lagier et une diététicienne. « C’est pas compliqué, il faut que je sois dans les 5 meilleurs mondiaux sur les 3 ans avec si possible des podiums, des victoires. L’objectif, il est là.» C’est donc une course de fond qui s’enclenche. « Le sport, c’est jamais acquis. Il va falloir gérer chaque saison, créer une stratégie d’entraînement pour être chaque fois au top au mois d’août pour les Mondiaux.»

Dans la quinzaine de courses qui jalonne une saison, le Corrézien sait qu’il ne devra pas rater 4 rendez-vous cruciaux : les coupes du monde (il est d’ailleurs officiellement qualifié pour les deux prochaines en mai en Italie et juillet en Espagne), les Mondiaux fin août (cette année à Greenville aux States), et bien sûr les championnats de France pour un titre cocorico « par fierté».

«Je me prépare à quelque chose d’assez extraordinaire. Un rêve de gamin »

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Toute sa vie tend désormais vers les Jeux. « Je me prépare à quelque chose qui est assez extraordinaire, que peu de personnes peuvent faire.» Avec une inévitable contrepartie : « Sur 4 ans, je mets de côté la vie personnelle, sentimentale, mon avenir professionnel. Pas de fêtes entre amis… » Mathieu aura intelligemment bouclé auparavant ses études, une licence bac+3 en commerce. « Je ne fais que reporter. J’ai déjà des idées de reconversion, dans ma branche commerciale, liée au sport. Je veux être mon propre patron. Cette partie Jeux ne sera d’ailleurs que du plus.» Avec surtout l’assurance de vivre « un rêve de gamin». «Je me vois lever les bras aux Jeux, devant ma famille. Ça me quitte jamais, le matin quand je me lève, sous la douche, le soir quand je me couche… Je me vois.» Un rêve qui remonte à ses 6 ans.

entrainement 3« Le sport a toujours fait partie de ma vie.» À l’époque Mathieu pratiquait la natation avant de virer à l’adolescence au handbike : « Je me sentais plus fort pour ça. Il faut savoir qu’à mes 14 ans, on démarrait à l’époque avec les cadors, il n’y avait pas de niveau junior. Je concourais avec Joël Jeannot (plusieurs fois champion paralympique), Raphal Wilk (le Polonais champion en titre), je me prenais des tours, ils me passaient deux fois», s’amuse-t-il en y repensant. Une adversité qui loin de le démoraliser, le motive. De cette même rage qui l’a fait se battre lorsqu’à 4 ans et demi il a été victime d’une paraplégie engendrée par un accident vasculaire. « J’ai tout le temps été comme ça, heureux d’y être.»

Aujourd’hui, Mathieu savoure le plaisir d’avoir rejoint ceux qu’il admirait gamin dans Handisport magazine. Il sait d’ailleurs qu’il devra travailler son mental : « J’ai encore trop de respect pour ces coureurs et ça peut me bloquer pour chercher une gagne.» Il a pourtant déjà battu le voisin Périgourdin Joël Jeannot, son principal concurrent et néanmoins coéquipier. « En chrono, pas en ligne», précise-t-il. On se voit encore toujours le petit. C’est un travail à faire sur soi.» Le sprinter sait que l’assurance viendra avec l’expérience et l’entraînement, avec une meilleure gestion des courses. De ses efforts aussi. « C’est une belle discipline», résume-t-il. « Je suis fier de l’avoir choisie, c’est un sport qui a de la gueule. »

Vous pouvez suivre Mathieu Bosredon sur sa page facebook et sur son site http://m-bosredon.com.

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Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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