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Marie Modiano, une rêveuse inspirée

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Modiano, fille, en concert hier soir au Théâtre, a donc ouvert la Foire du livre de Brive. Un concert entre chansons et lectures. Magie des mots, équilibre des voix, harmonie des notes… un moment tout en subtilité, d’intimité partagée et une belle préface à la manifestation qui a débuté ce matin pour tout le week-end.

1“Il y a cet arbre dans cette petite ville de l’autre côté de l’océan. J’ai entendu ce rire de jeunesse, il connait mes souvenirs…” Marie Modiano lit et le temps s’arrête. Cheveux négligemment relevés en chignon, robe sombre zébrée, l’artiste joue la sophistication dans la sobriété. A l’image de cet instant mélancolique. Pas de mièvrerie, d’artifices lascifs, nulle fioriture. Le trio de musiciens fait corps au centre de la scène dans un noir absolu. Les mots se chuchotent, les notes se répondent. Dès les premières chansons, la magie aura happé le public, l’entrainant dans un voyage à travers l’écriture élégante de cette rêveuse inspirée. “Un quai de gare, un horizon, les départs que tu redoutes, les retours que tu attends.” Toujours les mêmes chimères, les mêmes obsessions crépusculaires.

L’inspiratrice Patti Smith plane. Un peu des Doors aussi. Beaucoup de Peter von Poehl sur scène à ses côtés. Le musicien suédois avec qui elle partage tout, même la vie, a collaboré à ses deux derniers albums, l’un en français (Espérance Mathématique), l’autre en anglais (Ram On a Flag). La voix de Marie se pose sur les mélodies de Peter, sillonnant les registres pour partager ce moment qui rend hommage à l’écriture élégante de cette rêveuse inspirée. “La prochaine chanson parle d’un moment que j’aime beaucoup, c’est le crépuscule. 2Elle s’appelle Entre chien et loup.” Marie parle de cette “brume derrière la brume”, “de demi-teintes en labyrinthe”. Comme dans ses textes, “on avance à tâtons en silence, funambule dans le noir qui bascule”. Le rythme de sa diction, la musicalité de ses poèmes et sa voix qui arpente les silences à pas de loup.

“Les années passent, mais le temps reste.” Des mots mis en musique, de la musique mis en mots pour un univers finement ciselé. Le rappel aura réservé de nouvelles pépites : une très belle interprétation d’I’ll be home de Randy Newman, un moment complice entre la brune et le blond penchés à quatre mains sur le clavier “side by side” pour finir par “une petite dernière pour la route” avec I’ll be your baby toonight et Marie se déhanchant autour du piano. Une belle parenthèse intimiste avant l’effervescence de ces trois jours de Foire du livre. “Ainsi ne reste qu’un écho d’écume, qu’on tente en vain d’attraper. Et la vie continue.”

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Marie Christine MALSOUTE

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