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Manssour Makboul, JSP et engagé

En 3e au collège Jean Moulin, le Jeune sapeur pompier de 15 ans est du genre responsable et actif : bon élève – « 16,5 de moyenne générale » -, ce joueur de foot, aussi entraineur et arbitre, est prompt à s’impliquer.

« Il faut être motivé dans la vie. Si on veut que les choses changent, c’est d’abord par soi-même. » Derrière les beaux cils enfantins, le regard est déjà mature. Trois ans déjà que Manssour est Jeune sapeur pompier. « Depuis la CM2, je voulais faire JSP. L’envie de porter l’uniforme, de porter secours, d’aider les autres. » Avant lui, son frère aîné en avait rêvé. Mais intégrer cette section qui court de la 5e à la 3e, se mérite. La sélection se fait sur dossier scolaire, lettre de motivation et entretien devant un jury composé d’enseignants et sapeurs pompiers responsables de cette section mise en place conjointement depuis 2006.

Le programme dispense chaque semaine aux 26 élèves de ce cursus, quatre heures supplémentaires dans l’emploi du temps : deux heures de sport le jeudi et deux autres le vendredi, avec alternativement une semaine sur deux un enseignement citoyen au sein du collège, cours théoriques et pratiques à la caserne. « En troisième année, on fait davantage de pratique, parce qu’on connaît plus les techniques, c’est plus sympa. Par exemple, on vient d’apprendre à extraire une personne dans le noir en ayant l’ARI (Appareil respiratoire isolant, NDLR)… »

Manssour qui doit valider en mai son JSP2, aimerait poursuivre cette formation au lycée et plus tard devenir pompier volontaire. Une voie qui le fait grandir : « Ça m’améliore, j’apprends des valeurs : travail en équipe, courage, respect, civisme, dignité… » Il apprécie particulièrement cet « engagement citoyen » qui lui est transmis : « Au collège, on intervient pendant les exercices incendie, on contrôle les salles, on va expliquer les dangers dans les écoles primaires… On participe aussi aux cérémonies. Pendant les commémorations, je pense aux personnes qui sont mortes pour la France… Je me sens utile pour la société. »

Déjà bon élève avec 16,5 de moyenne générale, le collégien suit le parcours d’excellence, une heure supplémentaire hebdomadaire afin de faire grimper ses notes pour le brevet. Car Manssour vise une mention, « bien ou très bien, on verra ». Il est aussi délégué de classe et siège au conseil d’administration de l’établissement. Et comme si cela ne suffisait pas, il entretient sa grande passion : le foot qu’il pratique depuis petit. « À l’Étoile. Je joue latéral. » Il entraine aussi les jeunes et le samedi arbitre les matchs avec tout un art dissuasif de menacer d’un carton. L’ado qui sait se faire respecter, ambitionne une école d’arbitrage « en sports études à Mérignac, Toulouse ou Limoges ». Partir le chagrine d’ailleurs un peu : qui sait s’il pourra poursuivre sa formation de pompier. « Il n’y a que quelques casernes qui prennent des JSP. »

Malgré son jeune âge, Manssour penche naturellement vers les autres. « En CE2, quand j’ai compris que les profs s’impliquaient pour nous, moi aussi j’ai eu envie de m’impliquer. C’est une façon de remercier, de partager, d’être ensemble, de motiver les autres », essaie-t-il d’expliquer. Au centre Jacques Cartier aussi, il est toujours là pour aider, que ce soit pour les enfants du centre de loisirs ou les animations. Il est très impliqué dans le local Jeunes comme dans une démarche environnementale. Un jeune très responsable. Et plus tard ? « J’aimerais être médecin… » Toujours être utile aux autres. Un vrai parcours citoyen.

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Fatima Kaabouch

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Fatima Kaabouch

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