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Ma vie au temps du confinement : Marie-Ève Champclaux, psychologue du travail (7)

Comment le confinement pourra-t-il faire évoluer le rapport que nous avons à notre travail ? Nous avons posé la question à Marie-Ève Champclaux, psychologue du travail à Brive exerçant en indépendante.

Malgré le confinement, certains organismes de formation pour lesquels Marie-Ève Champclaux travaille sont restés disponibles à distance, à l’instar du centre de bilan du campus Inisup à Brive où les appels de personnes désireuses de se réorienter ne se font pas rares. D’habitude, ce sont plutôt les mois d’hiver, quand il fait gris et froid, qui précipitent ces envies de changement. La pandémie a rebattu les cartes saisonnières. « Le confinement est une période propice pour se recentrer sur soi, réfléchir à son cheminement professionnel», décrypte la psychologue du travail. Il existe différentes façons d’entamer cette démarche. Le coaching en est une, le bilan de compétences qu’elle propose en est une autre.

Bien que réduite de moitié durant cette crise, son activité perdure avec les personnes qui le souhaitent mais par téléphone, confinement oblige. « Ce n’est pas convivial comme le face à face. Cela met un frein à la relation mais elle persiste, d’autant que dans ces circonstances, cela fait du bien aux gens d’être écoutés, de penser à autre chose qu’à la crise. »

Elle poursuit : « Un bilan de compétences est une démarche confuse pour les gens, abstraite même pour les personnes qui se lancent au début. Sans même envisager de changer d’activité, c’est l’occasion de travailler sur soi, son contexte professionnel. C’est aussi un bon outil pour prendre du recul sur la vision que l’on a de son travail et définir ses propres besoins de manière à s’adapter au milieu professionnel dans lequel on est et qui évolue très vite. » L’idée étant que « le changement vienne de soi plutôt que d’attendre que ce soit le milieu professionnel qui nous l’impose. »

Et, dans un monde du travail qui évolue sans cesse, a fortiori dans les grandes villes et les grandes entreprises, on peut perdre de vue le nord, le sens, choisir même de ralentir, de revenir au local, à l’artisanal, au manuel. « C’est un mouvement qui existe déjà. » Et Marie-Eve Champclaux de citer l’exemple de cette photographe parisienne tombée amoureuse de la Corrèze où elle a lancé un projet de maison et chambres d’hôtes ; ou encore de cet ingénieur dans une grosse société qui a tout plaqué pour devenir maraîcher.

Ce mouvement pourrait-il s’amplifier après la crise ? « On sait en tout cas qu’il faut un déclic pour que dans son parcours, l’envie d’évolution professionnelle surgisse. Cette crise sanitaire qui peut faire basculer dans une crise existentielle pourrait être ce déclic et nourrir une envie de changement. »

 

Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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