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Lutte contre les incendies: un Super Puma en exercice au lac du Causse

Un Super Puma était ce matin en action sur le lac du Causse. Il a effectué plusieurs rotations de captage et largage d’eau devant des sapeurs pompiers venus de plusieurs départements. Ce nouveau matériel qui pourra désormais être utilisé dans la lutte contre les incendies, nombreux en Corrèze au printemps, offre rapidité et souplesse d’intervention.

Les manœuvres bruyantes ont offert un spectacle inattendu aux quelques promeneurs ou sportifs venus profiter du site. Si le lac est habitué depuis de nombreuses années au captage des Canadairs pour combattre des feux alentour, c’est la première fois qu’il recevait la visite de ce type d’hélicoptère lourd. En quelques secondes, le Super Puma a écopé 4 tonnes d’eau dans son « Bambi bucket », un gros récipient souple au bout d’une élingue de 30m, avant de procéder à des largages extrêmement précis.

Au sol, des sapeurs pompiers de Corrèze, des Deux-Sèvres, Creuse, Dordogne, Charente ainsi que de l’état-major de la zone Sud qui englobe 21 départements de Paca, Corseet Occitanie. Les professionnels du feu n’ont rien perdu des manœuvres, appréciant le potentiel de cet appareil qui pourrait se révéler un précieux renfort dans la lutte contre les incendies dont notre vert département ne manque pas.

Il faut savoir, en effet, que « la Corrèze est un des départements qui a le plus de feux de broussailles et forêts au printemps », précise le colonel Franck Tournié, directeur du SDIS 19. « Avec le changement climatique, la zone d’incendies évolue. Nous avons davantage de départs de feu, accidentels ou criminels », explique le lieutenant-colonel Marc Mazaleyrat, conseiller technique départemental pour les feux de forêts. « Nous avons un couvert végétal qui s’étend sur 50% du département, avec 60% de feuillus, 40% de résineux, ce qui représente un impact économique comme écologique. »

Pour lutter contre les incendies, les sapeurs pompiers corréziens déploient des moyens au sol et peuvent faire également appel aux avions bombardiers d’eau nationaux. Cet hélicoptère ne fait pas partie de la flotte de la Sécurité civile, mais fait l’objet d’une convention d’intervention qui permettra de le prioriser en cas de besoin. Ce Super Puma appartient à la compagnie privée de travaux héliportés, Airtelis, basée à Avignon, une filiale de RTE (Réseau de transport d’électricité) mais le sigle de la Sécurité civile a été ajouté sur la carlingue. Les pilotes qui manipulent des pylônes de lignes électriques en milieu escarpé, sont habitués à une extrême précision. Ils ont suivi une formation spécifique pour effectuer ce nouveau type d’interventions. Ils ont d’ailleurs prouvé leur efficacité l’été dernier sur la Corse où il a été mobilisé trois mois durant.

« Nous avons mis 45 minutes pour venir de Bordeaux où nous avons effectué hier une première démonstration pour d’autres départements de la zone », relate Olry Guillot, le pilote commandant de bord. Son Super Puma de 11 tonnes, peut évoluer à une vitesse de croisière de 300km/h. À la différence des avions , nul besoin d’un aéroport à proximité. « On peut se poser pratiquement n’importe où et intervenir sur des zones encaissées. Nous avons une heure d’autonomie sur zone et nous sommes toujours suivi par un camion ravitailleur. »

Autre atout: sa capacité à écoper l’eau sur une surface très restreinte. « Il nous faut 4 mètres de profondeur, 10 à 20 mètres de circonférence et l’on peut emporter 4 tonnes d’eau. » Une contenance certes moindre que les 6.000 litres d’un Canadair. « Notre intérêt en attaque de feu est d’avoir une rotation rapide. Si le feu n’est pas loin, nous pouvons opérer des largages toutes les minutes », précise le pilote. « La Corrèze possède six mille points d’eau », complète le colonel Tournié. Tous ne sont pas éligibles à l’écopage, mais le Super Puma pourra ainsi trouver un ravitaillement proche.

« Le Super Puma se positionne en complémentarité des autres moyens« , commente l’officier conseiller technique départemental. « Il peut apporter une rapidité et une souplesse d’intervention. » Une polyvalence qui dépasse sa simple utilisation en bombardier d’eau. « Nous n’avons pas de type d’appareil », reconnait le colonel Gérard Patimo, chef d’état-major de la zone Sud. « Aujourd’hui, nous le testons dans un contexte de feux de forêt. L’idée à terme est de l’utiliser dans d’autres situations comme les inondations. Il peut évacuer des personnes, amener des sauveteurs et du matériel. »

 

 

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

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