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L'univers "visionnaire" d'Enki Bilal

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Ses dessins sont sa signature, immédiatement identifiables, souvent visionnaires. “Moi, je visite le futur”, répond Enki Bilal à un Christophe Ono-dit-Biot s’évertuant retrouver la source de ce pouvoir divinatoire. Hier soir au Théâtre municipal, le monstre de la BD s’est livré entre souvenirs et univers graphique. Pour le plus grand bonheur de ses fans.

 

Theatre conversation avec Enki Bilal3C’est l’un des dessinateurs les plus connus de l’hexagone et ses personnages étranges ont même été exposés au Louvre. Impossible d’avoir échappé à son esthétisme. La Foire aux immortelsLa Tétralogie du monstreMecanhumanimal, La couleur de l’air… son style s’impose depuis plus de quatre décennies tant dans la bande dessinée qu’au cinéma.

C’est d’ailleurs par des extraits de sa création Ciné Monstre que débute la rencontre. L’immersion est immédiate tant ce créateur multimédia use avec bonheur des modes d’expression.

Son interlocuteur s’émerveille d’un tel succès pourtant sans concession: “Je ne choisis pas la facilité”, clarifie Bilal. “L’idée du défi me plait.” Une forme avérée de résistance. Dans la vie comme tout au long de cette conversation où s’instaure un jeu du chat et de la souris. Theatre conversation avec Enki Bilal5Peut-être le lot inévitable face à un tel personnage. Et c’est un Ono-dit-Biot troublé, ne sachant choisir entre le “tu” de sympathie et le “vous” de circonstance, qui tente de cerner l’origine de cette “apparente noirceur”.

Dans son enfance d’abord, à Belgrade, dans ce pays qu’on appelait alors Yougoslavie. Dans l’absence temporaire du père maître-tailleur proche de Tito. Dans son arrivée en France avec l’apprentissage d’une autre langue… D’où lui vient ce talent à construire ces mondes imaginaires? Si Enki Bilal reconnait “une vison du monde marquée par les émois d’enfance”, il n’en revendique pas moins “le champ de liberté de création” qu’octroie la BD. “Je ne suis pas devin”, réfute-t-il en assurant trouver dans l’actualité et le cours du monde sa source d’inspiration. Theatre conversation avec Enki Bilal6“J’ai senti”, répète-t-il simplement à son interlocuteur qui s’accroche à sa vision, passant en revue mondes en déclin, personnages inquiétants et monstres attachants, explosions atomiques et destructions, visions fantasmées et prophétiques…

“Est ce que vous avez encore fois en l’humain?”, demande-t-il à bout d’argumentation. “Oui”, rétorque la célébrité en invoquant les nouvelles addictions numériques qu’ils voient salvatrices. “On était vraiment en fin de course, politiquement, financièrement…” Et de conclure avec humour: “Ça m’ennuie de dire ça: je ne vais plus pouvoir raconter des choses catastrophiques si je pense que ça va être pas mal.”

 

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Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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