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L'industrie, un vivier d'emplois méconnus

L’industrie, une solution pour l’avenir? Et bien oui! Et ce n’est pas le président de la CCI de la Corrèze avec sa sensibilité d’industriel, pour qui c’est justement “le moteur indispensable à l’économie“, qui vous dira le contraire. Sauf qu’il faut en changer l’image perçue par les jeunes. D’où cette 3e semaine nationale qui se tient du 18 au 24 mars. Une opération séduction auprès des jeunes: des chefs d’entreprise et leurs collaborateurs se rendent directement dans les lycéens pour expliquer leurs métiers, les filières, leurs carrières, bref leur réussite. Parce qu’un bon parcours vaut toujours mieux qu’un long discours.

Il y a cette industrie qui dégraisse par centaines d’emplois pour satisfaire les contingences financières de ses actionnaires, entrainant ses sous-traitants dans la chute. Il y a aussi cette industrie à plus petite échelle, celle des PME-PMI qui peuplent nos territoires. “L’industrie en Corrèze, c’est 12.000 emplois, c’est à dire 1 sur 5“, quantifie Jean-Louis Nesti. “Essentiellement dans l’agroalimentaire, la mécanique, l’électronique, le bois et 5.900 emplois dans le BTP“.

Certes, cette industrie aussi a souffert, indéniablement, notamment de la concurrence mondiale et des délocalisations, mais pour le président consulaire, elle fait preuve d’une “vraie énergie” pour chercher de nouveaux marchés, de nouveaux produits,de nouvelles technologies, pour maintenir ses emplois, se développer et donc embaucher. “Entre 2008 et aujourd’hui, le monde de l’industrie a fortement évolué. Ce n’est plus des grands sites de mille personnes mais des plus petites structures très réactives.” Bien loin de l’image qu’expriment les jeunes qui en ont une idée souvent très archaïque. “Il est essentiel de montrer toutes les possibilités, que cela ne se réduit pas à ouvrier ou chef d’entreprise”, explique Dominique Lasserre, directrice du pôle industrie et international de la CCI. “Beaucoup ignorent la palette des métiers offerte, technicien, ingénieur, RH, commerciaux… Même les séries littéraires peuvent être concernées. Il faut aussi montrer qu’il y a moyen de faire carrière, on peut rentrer comme opérateur et 10 ans plus tard être chef de projet ou responsable qualité.”

Pour mieux convaincre, la CCI a décidé de “faire concret“, en demandant aux chefs d’entreprises ou à leurs collaborateurs, dont certains issus de lycées corréziens, de venir parler aux jeunes. Quelle meilleure preuve par l’exemple. “L’important, c’est le contact direct“, assure Dominique Lasserre en misant sur “le charisme” de l’intervenant. La formule séduit au fil des ans tant auprès des industriels que des établissements d’enseignement qui répondent de plus en plus à l’appel. “L’impact est plutôt positif, même s’il reste modeste“, analyse la directrice qui assure que l’opération doit s’inscrire dans la durée pour vraiment revaloriser le monde de l’industrie. “L’important est de marteler le message pour que les jeunes identifient les possibilités.” Car si tant est qu’il y a des entreprises qui embauchent, encore faut-il en face des prétendants qualifiés.

Cette semaine de l’industrie s’intègre dans une année 2013 dédiée toute entière à ce secteur. Cette initiative nationale fait d’ailleurs l’objet en Corrèze d’un programme spécifique qui va se décliner jusqu’en décembre.

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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