L'actualité en continu du pays de Brive


“L’Escapade” de Philippe Bouret 

Philippe Bouret, auteur et psychanalyste dédicace son ouvrage Escapade samedi 27 mai de 14h à 17h 30 à la librairie Cultura du centre ville.

C’est première en matière éditoriale, la première conversation consistante menée entre un écrivain et un psychanalyste : un ouvrage où la question de la mémoire est en jeu sur les plans de la littérature, de l’histoire et de la psychanalyse. Une mémoire en jeu d’autant plus active puisqu’elle est inscrite dans une « actualité qui dure ». Cette actualité à un nom : elle hante et continue de le faire les deux auteurs puisqu’il s’agit de la guerre de Bosnie, de ses conséquences, de ses souvenirs, de ceux que l’on ose raconter et de ceux que l’on évoquera jamais et dont nombreux se souviennent quand même.

Escapade est construit comme une conversation vivante et engagée entre Louise Lambrichs, sur le travail qu’elle a mené pendant presque vingt ans sur la question du déni et de la répétition (concepts freudiens) dans le contexte de la guerre en ex-Yougoslavie. Dénis de génocide, de justice et d’agression, répétition génocidaire.

Mené sur un ton très libre, cet échange a pour visée de communiquer le désir de savoir. Il s’ouvre un débat qui, depuis une dizaine d’années, n’a guère été soulevé en France. Que s’est-il réellement passé en ex-Yougoslavie ? Est-il vrai, comme le soutient Louise Lambrichs, que la plupart vivent en Europe dans un déni de génocide ? Est-il vrai que la montée du radicalisme islamiste était prévisible ? Et qu’elle a même été anticipée ? 
La conversation révèle le travail de fond déjà publié par l’écrivain sur la guerre, témoigne de son travail romanesque et des réactions qu’il a suscitées. L’échange du texte à deux voix permet à l’écrivain de se détacher de son œuvre tout en continuant d’en soutenir le propos et l’actualité, tandis que l’analyste la suit et nous fait part à la fois de ses résistances et de son désir de savoir et de faire savoir.
L’enjeu de cette conversation animée, parfois passionnée, est sans doute de penser la terreur actuelle sans pour autant céder à la terreur de penser.

Programme riche si il en est et qui sera sans aucun doute abordé avec passion par Philippe Bouret qui sait manier parfois avec fougue l’art de la conviction.

Photo Miguel Bueno.

Frédérique Brengues

Frédérique Brengues

Mot clé

Laisser un commentaire