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“Les infos, c’est un robinet qui coule”

intro rencontre auteur residence

En résidence d’écriture à Brive, Raphaële Botte, également journaliste, a rencontré ce matin une classe de 5e du collège Bossuet pour leur parler de la presse et partager son expérience. D’où il ressort que les jeunes ont leur façon bien à eux de suivre l’actualité. Ou pas.

 

portraitElle est arrivée en résidence ce dimanche 17 janvier. Une expérience d’un mois, inédite pour Raphaële Botte. “Cela ne fait que 3 jours, mais c’est hyper agréable d’être coupée de sa vie. J’ai un rapport au temps différent, aucune contrainte, je peux travailler tard le soir si je veux.” Son nouveau roman va s’inspirer du destin de Minou Drouet, une enfant prodige, quasiment aveugle, devenue une star de la littérature dans les années 50. “J’ai beaucoup lu sur elle. Je vais écrire une histoire transposée à notre époque. Ce sera ma troisième fiction, les deux précédentes étaient assez courtes, cette fois je me lance dans quelque chose de plus long. Mais toujours à destination des jeunes.”

A peine arrivée, la voilà déjà en tournée dans les classes. Mardi, elle rencontrait des 4e du collège Bossuet, ce matin des 5e et jeudi prochain des 6e. “Je suis journaliste à Mon Quotidien et L’Actu. J’écris exprès pour des lecteurs de votre âge“, se présente-t-elle à la classe de 5e B impressionnée avant d’entamer un tour d’horizon de leur façon de s’informer. Les moins timides se lancent et citent télés, radios, journaux ou réseaux sociaux. Chacun ses habitudes. “Je regarde surtout les dessins”, explique un garçon. “Je vais sur Twitter pour suivre le sport et l’actualité du jour”, révèle un autre.

distribution petit quotidien“Il y a tellement de choses, ce qui est difficile, c’est de ne pas se perdre. Les infos, c’est comme de l’eau, c’est un robinet qui coule en permanence. Il faut faire le tri“, illustre la journaliste. Certains s’interrogent sur la nécessite d’une telle pluralité. “T’imagine si on avait qu’une seule chaine, ce serait mauvais signe, on aurait un gouvernement totalitaire. L’important c’est d’avoir le choix”, répond l’auteur. “Moi, ça ne m’intéresse pas, c’est trop compliqué et pas forcément important”, ose un élève. “Tu en as tout à fait le droit, c’est la liberté de chacun”, le rassure-t-elle.

Raphaël Botte écoute, demande des détails, apporte des explications techniques, explique un comité de rédaction, ce que l’on choisit de montrer ou pas. “Vous vous souvenez du corps du petit enfant syrien sur la plage?” Acquiescement général. “On s’est beaucoup engueulé pour savoir si on publiait la photo ou pas, personne n’était d’accord”, raconte-t-elle.

rencontre classeIl y a des images au 20h sur les attentats qui m’ont choquée“, avoue alors une fille. “Tu regardais seule le journal?”, s’inquiète leur professeur Corinne Duchamp. Le débat file sur l’accès à un traitement adapté de l’actualité . “Le coeur de mon métier est d‘expliquer une info quelquefois compliquée à des lecteurs plus jeunes“, commente Raphaële Botte.

Une heure durant, les élèves ont ainsi eu un avant-goût de la Semaine de la presse et des médias dans l’école qui aura lieu en mars prochain sur le thème déjà central l’an dernier: “La liberté d’expression, ça s’apprend”. Tout un programme.

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Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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