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Foire du livre de Brive: un je-ne-sais-quoi qui la rend spéciale

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Tout le monde veut en être, l’ambiance y est chaleureuse comme nulle part ailleurs, on y vend beaucoup de livres… De l’avis général, la Foire du livre semble être un cas atypique, unique en son genre. Mais qu’est-ce qui rend la manifestation si spéciale?

“Ce n’est pas qu’un symbole”, confiait hier après-midi à l’occasion de la conférence de presse (nous vous en avons déjà parlé dans cet article), le maire de Brive Frédéric Soulier. “La Foire du livre est une véritable entreprise de spectacle.”

conference de presse foire du livre2Une centaine de rendez-vous répartis sur trois jours, des spectacles pour les enfants, des expositions, la manifestation donne en effet matière à voir, à découvrir, à ressentir, à réfléchir. Plus de 350 auteurs y participent. Des plumes de renom, du cru ou de demain. Que les écrivains soient prometteurs ou confirmés, chacun a sa raison de venir. Il y a les habitués, les gros vendeurs, qui ne passent jamais leur tour (Amélie Nothomb, Alexandre Jardin, Christian Signol, Bernard Werber et Michel Peyramaure…) Mais pour un jeune talent, être présent à la Foire du livre de Brive veut aussi dire quelque chose, comme l’a rappelé Serge Roué, chargé de la programmation pour Faits & Gestes. “Pour Sylvain Prudhomme, jeune écrivain qui vient de recevoir le prix Georges Brassens, de bon augure pour lui à Brive, venir à la Foire du livre est une gratification, un moment qu’il attend.”

foire livre2“Des histoires d’écrivains se jouent à Brive”, poursuit-il. Des histoires de présidents aussi. Ceux de la foire ont de leur propre chef pris l’habitude de revenir d’une année sur l’autre, comme Frédéric Beigbeder ou Laure Adler. (Alain Mabanckou qui se réjouissait à l’idée de revenir cette année, n’a finalement pas pu caser sa venue dans son emploi du temps chargé qui le mène outre-atlantique.) “Même Jean Teulé, qui a  tendance à refuser les honneurs d’habitude, a accepté de présider la Foire. Il n’en revenait pas d’ailleurs qu’on lui demande”, a confié Serge Roué. De même, la venue de Jean d’Ormesson n’est pas anecdotique: “Il a réservé sa seule sortie de l’année pour Brive.

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A cela s’ajoute le fait que la Foire de Brive est une foire où les livres se vendent, le chiffre d’affaires de 650.000 euros, l’an dernier, en atteste. “Brive reste le carrefour de l’industrie éditoriale”, a pointé le maire. “Certains achètent en prévision de Noël, d’autres en reviennent avec des livres pour toute leur année”, a précisé Serge Roué, “cette foire est vraiment singulière”.

Il semble aussi que la convivialité qui règne sous la halle participe de l’aura de la manifestation briviste. La convivialité (le ton est donné dès le train du livre) et un sentiment de liberté aussi. “D’habitude, les auteurs tels que Coben ou Zep n’accordent qu’une heure de dédicace”, a relaté hier Myriam Entraygues, chargée de mission pour la politique du livre. “Quand les attachés de presse nous demandent le temps consacré aux signatures, on leur répond qu’ils font ce qu’ils veulent!” Et, ça marche, la magie opère! “Zep est arrivé en disant: “Je reste 1h30”. Il est resté toute la journée. Même chose pour Coben, il venait pour deux heures, il a fait la matinée et l’après-midi”, poursuit-elle, laissant entendre que l’auteur à succès britannique R.J. Ellory risque à son tour de rester longtemps cette année! (Sa présence est attendue le samedi toute la journée et le dimanche matin.)

foire livre4Autre marque de cette liberté prise, la clôture de la Foire sur le mode poétique décidé par le président Jean Teulé pour “aller là où on ne l’attend pas”, a rapporté Serge Roué. Les organisateurs de la Foire, d’abord surpris, ont laissé faire. Le président et le comédien Dominique Pinon proposeront ainsi le dimanche à 16h30 au théâtre une lecture d’Aragon, Baudelaire, Rimbaud, Verlaine ou encore Villon. “Finalement, c’est assez cohérent avec la remise du Grand Prix Mallarmé” cette même après-midi, suivie d’une rencontre avec le lauréat Hubert Haddad, à 15h15, espace Claude Duneton.

“Notre volonté est de conserver le traditionnel, ce qui fait la Foire, et d’accompagner son évolution en se dirigeant vers de grands thèmes dont on sent qu’ils pourraient accrocher l’intérêt du public”, a terminé Guillaume Delpiroux, commissaire général de la Foire du livre. “Nous sommes dans une démarche de constante rénovation, tout en restant dans une dimension humaine.”

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Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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