L'actualité en continu du pays de Brive


Le collège Cabanis a essayé et adopté le quart d’heure de lecture

Mis en place il y a 2 semaines au collège Cabanis, le dispositif Silence, on lit!ne devait pas durer plus de quelques jours. Il a finalement emporté l’adhésion des élèves et fait l’unanimité auprès des professeurs lors du conseil pédagogique de mardi soir. Prochaine étape, le conseil d’administration où le vote relatif à sa pérennisation jusqu’à la fin de l’année ne laisse que peu de doutes. Émanation du “Temps du livre” initié par Danièle Sallenave, présidente de la 34e Foire du livre de Brive en 2015, ce quart d’heure de lecture venu d’un lycée d’Ankara, a essaimé dans 700 établissements de l’hexagone.

Ils n’avaient pas l’intention de faire grand bruit en lançant l’opération. Un simple mot envoyé aux parents d’élèves. Mais ça a fait des émules au sein de l’établissement et même la machine médiatique s’est emballée. Presse locale et nationale (France Info et France Inter) ont relayé l’opération au grand étonnement du principal du collège Marc Bartoli.

“À l’école, on apprend à lire. Mais comment susciter l’envie, transmettre le plaisir ?” L’équilibre trouvé entre un temps de lecture imposé et la liberté du livre choisi semble fructueux.” Roman d’hier ou d’aujourd’hui, bande dessinée, manga et même revue spécialisée, tout est possible!

“Cela fait longtemps qu’on avait envie de mettre ce dispositif en place. Mais il fallait trouver le bon format.” C’est après la récréation entre 10h et 10h15 que le quart d’heure de lecture a été placé. Un quart d’heure qui a fait sa place en prenant trois minutes sur chacune des quatre heures de cours du matin. Et c’est à la faveur d’une nouvelle sonnerie installée à Toussaint et réglée sur 11h58 au lieu de 11h55, que les dernières trois minutes ont pu être glanées.

In fine, ce quart d’heure qui n’empiète sur presque rien semble tombé du ciel. Il arrive en fait du lycée d’Ankara où ce temps de lecture a été mis en place dès 2001 par le proviseur Ayşe Başçavuşoğlu. Le réalisateur Olivier Delahaye et l’Académicienne Danièle Sallenave l’ont porté jusqu’en France. D’abord lors de la Foire du livre de Brive, en 2015. Une première en France ! Depuis, il s’est étendu dans les établissements de la ville comme Bossuet, Jean-Lurçat et donc Cabanis.

“Le quart d’heure lecture a été ritualisé pour l’immense majorité des élèves”, explique le principal. “C’est acquis. On rentre en classe après la récréation, on sort son livre. Même pas besoin de demander le silence”, note le professeur de mathématiques Jérôme Dufour. Quant à Hélène Labruyère, professeur d’anglais, elle raconte que des élèves ayant fini plus tôt une évaluation ont demandé à sortir leur livre, en attendant que les autres terminent. Du jamais vu! Sans compter que dans la cour, les élèves échangent leur livre, se parlent de leurs lectures … Ça aussi c’est nouveau.

“C’est parfois un peu dur de s’arrêter net quand la sonnerie retentit alors qu’on est en plein milieu d’une page”, témoigne même Julie, élève en classe de 4e. Si commence à poindre de la frustration, c’est bon signe pour le principal: “On a gagné!” Gagné en sérénité également.

Cela a été pointé par l’ensemble des professeurs et même beaucoup d’élèves. Après un quart d’heure de récré où on s’oxygène et on lâche la soupape, le quart d’heure de lecture permet de se poser et d’aborder plus apaisé les cours jusqu’à midi, d’autant que le créneau 11h-12h est connu pour être un moment de tension. “Même pour les élèves dans la contestation, les résultats ont été au-dessus de nos espérances. Il n’y a pas eu de conflit”, souligne le principal.

La lecture plébiscitée par tous, c’est presque trop beau pour être vrai. “A la longue, ça risque peut-être de lasser”, s’interroge un collégien. L’avenir le dira. En attendant, le quart d’heure lecture a toutes les chances d’être pérennisé à l’occasion du prochain conseil d’administration début février et d’ici là, ce qui aura été pris de plaisir et d’habitude de lecture ne sera plus à prendre!

 

 

 

Jennifer BRESSAN, Photos : Diarmid COURREGES

Jennifer BRESSAN, Photos : Diarmid COURREGES

Laisser un commentaire