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Le CCAS assure le portage des repas en mode sans contact

Photo Cédric Montfort

“Nous avons doublé le nombre d’agents en livraison grâce au renfort d’autres services mairie. Nous sommes passés de 8 à 16”, explique Cédric Monfort, responsable au CCAS du portage des repas à domicile. Ce service qui livre des repas à domicile aux personnages âgées et vulnérables, a dû faire face à une augmentation de demandes et au renforcement des mesures de protection sanitaire. Avec par exemple des glacières sorties sur le pas de porte.

Elisabeth Peyrie est habituellement ATSEM et s’occupe des tout-petits à la maternelle Henri Sautet. Mais depuis plus d’un mois, elle livre régulièrement des repas pour personnes âgées. “C’est sur, ce n’est pas le même public”, sourit-elle. “Mais on s’attache vite. Dans l’ensemble, elles sont très reconnaissantes que nous continuions à venir et attendent impatiemment notre passage car avec le confinement, elles ne reçoivent plus de visites, ne voient plus personne, juste leur aide-ménagères. Je me sens vraiment utile. Pour moi, c’était un devoir de continuer à assurer ce service, c’est même une fierté.”

Comme beaucoup d’agents municipaux volontaires qui se sont mis à disposition d’autres services, l’ATSEM a du s’approprier de nouveaux gestes. “En fait, c’est un travail beaucoup plus complexe qu’on s’imagine. Il ne s’agit pas juste de porter des repas: il faut suivre une procédure codifiée. Chacun prépare sa livraison, charge son véhicule à la cuisine centrale, il faut vérifier qu’il y a bien tout, certains bénéficiaires ont un régime spécial, il faut tout contrôler. Il faut aussi avoir repérer le circuit, l’habitation… Et une fois la tournée terminée, nettoyer et reconditionner le véhicule.”

Heureusement, pendant quelques jours, Elisabeth est passé par une adaptation en doublon avec un permanent du service. “La première fois que je me suis retrouvée seule, j’ai eu peur de me tromper, j’ai un peu tourné en rond, mais maintenant ça va. Ce que je crains le plus, c’est le risque de transmettre le virus à ces personnes à risque. Alors je suis d’autant plus attention sur les geste barrières.” La panoplie du livreur intègre désormais le trio masque, gants et gel hydroalcoolique.

Avec le confinement, la consigne est simple: ne pas rentrer dans le domicile. Alors le service a opté pour un système D propre à maintenir la liaison froide : “La personne doit déposer une glacière devant sa porte dans laquelle l’agent qui est masqué dépose les barquettes, c’est propre et ça permet de garder les plats à température”, explique le responsable Cédric Monfort. “Si nous ne rentrons plus dans le domicile, nous avons toujours le rôle de nous assurer que tout va bien. Alors on sonne, on se recule, on attend que la personne arrive, on regarde si elle va bien, un ou deux paroles avant de repartir.”

Pour les personnes qui sont alitées ou ont des problèmes de motricité, il faut pourtant franchir le seuil. “L’agent se lave alors les mains au véhicule, met des gants avant de rentrer déposer le repas. Il vérifie qu’il n’y a pas de problème et dès qu’il revient au véhicule, il jette ses gants dans une poche prévue à cette effet et se désinfecte les mains. La procédure est un peu plus lourde, mais notre service participe ainsi au maintien des personnes à domicile. Nous travaillons en concertation avec les familles ou tutelles, les professionnels de santé et les autres services du CCAS. Nous faisons remonter les observations de nos agents par le logiciel Pacco.” Cette Plateforme Aquitaine d’aide à la communication est un outil de partage de données entre professionnels de santé  pour une prise en charge coordonnée.

Le service se révèle encore plus utile en ces temps de pandémie où les personnes âgées sont plus à risque face au virus. Il a d’ailleurs dû répondre à une demande supérieure. “Nous sommes passés de 325 bénéficiaires auparavant à 375 bénéficiaires actuellement. Avec le confinement, ces personnes avaient du mal à être ravitaillées par les familles ou les aides à domicile, certaines manger au restaurant… Heureusement de notre côté, dès le début du confinement, nous avons doublé les équipes afin d’anticiper aussi d’éventuels arrêts maladie et préserver le personnel par un système de roulement. Le service est ainsi passé de 8 agents en livraison à 16 grâce à 8 agents en renfort venus d’autres services de la Ville. Ils viennent des centres socioculturels, du garage, des espaces verts, de la culture, de l’entretien et de l’enfance éducation.”

Il tarde justement à Elisabeth Peyrie de reprendre son travail d’ATSEM et surtout de “retrouver les petits de l’école”: “La maîtresse nous donne de leurs nouvelles, nous envoie des photos ou des dessins que lui transmettent leurs parents. Je lui ai moi aussi fait passer des photos. il y a toujours un lien. La coupure a été brutale pour eux comme pour nous.” Bientôt…

 

 

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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