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Le campus, théâtre d’un événement artistique non identifié

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Jeudi soir, De(s)faire, une proposition singulière de la chorégraphe Patricia Ferrara se joue dans l’amphithéâtre du campus de Brive. Fruit d’une immersion dans l’université et d’un processus atypique d’écriture recentré sur 5 jours et 5 personnes ne se connaissant pas, elle est programmée par les Treize arches dans le cadre de Danse en Mai.

Spectacle2Que va-t-il se produire jeudi soir dans l’amphithéâtre du campus de Brive? De la musique, de la danse, de la parole, des objets graphiques. Oui, mais encore ?Personne ne le sait. Pas même les 5 personnes, réunies pour l’occasion, qui travaillent sur ce projet. Et pour cause ! “C’est une proposition que l’on découvre en la faisant”, éclaire la chorégraphe Patricia Ferrara.

Au point de départ de De(s)faire, il y a la rencontre avec un lieu, le campus en l’occurrence, et les personnes qui gravitent autour: étudiants, enseignants, personnels techniques et administratifs. Une vingtaine de gens en tout avec qui Patricia Ferrara, en immersion sur le campus la semaine dernière, a échangé  autour de la thématique du lien.

De ces conversations ont été extraits par une graphiste présente durant l’échange des mots et groupes de mots reproduits sur une feuille surmontée d’un calque. Il a ensuite été demandé aux personnes interrogées de les relier entre eux, au feutre. Il ne restait plus qu’à utiliser cette matière offerte, l’embrasser, la discuter, la mâcher, la faire sienne. C’est l’objet des échanges de ces jours-ci entre Pascale Ferrara et les personnes réunies autour d’elle pour ce projet: le musicien Lê Quan Ninh de l’ensemble Hiatus, la danseuse Muriel Corbel, artiste associée aux Treize arches et Alice Gervais-Ragu, danseuse et doctorante à l’université Paris 8.

Spectacle7“Nous ne formons pas une équipe artistique”, indique la chorégraphe. “C’est rafraîchissant de travailler de manière éphémère avec des personnes que l’on ne connait pas”, ajoute Alice Gervais-Ragu.”C’est aussi déroutant.” Un sentiment qui apparaît effectivement au cœur de la démarche de la chorégraphe qui veut  “déplacer nos représentations et même notre idée de la représentation.”

Travailler hors les murs du théâtre, in situ, dans un collège, un centre culturel ou un campus pour “saisir l’actualité du lieu”, n’est pas la seule singularité de ce projet habité par une remise en question globale. Tout est discuté: le commencement du spectacle, l’accueil des spectateurs et leur position dans l’espace… Eux qui sont le plus souvent sagement assis, le regard tendu vers un point précis de la scène. Pas ici. A la suite de chorégraphes et metteurs en scène tels que Cunningham ou Forsythe, l’équipe entend “disperser le regard“, l’ouvrir.

“A chaque spectateur de faire son propre parcours”, indique Lê Quan Ninh en soulignant le sentiment de liberté qui émane de ce projet. “Liberté et respect”, ajoute-t-il. “On ne va pas utiliser les ressorts grossiers qui permettent à certains spectacles de ne pas ennuyer son public. Il y aura de la fulgurance et du banal, c’est cela aussi qui fabrique le rythme.”

Myriam Martinez, responsable de la bibliothèque du campus de BriveDe cette expérience, une trace écrite restera, éditée par le Service commun de la documentation de l’université de Limoges et “financée par la médiathèque du campus”, ajoute Myriam Martinez, sa responsable. “C’est un événement qui aura contribué à faire fonctionner ensemble des structures du campus qui ont l’habitude de travailler chacune dans leur coin. Il aura permis aux gens de se rencontrer et de se parler différemment.” C’est aussi l’une des vertus de ce type de projet qui n’a “rien de conceptuel” assure la chorégraphe. “C’est finalement simple, concret.”

De(s)faire, jeudi 26 à 20h30 à l’amphithéâtre du campus universitaire de Brive. Durée indéterminée. En partenariat avec l’université de Limoges et la médiathèque du campus universitaire de Brive. Gratuit. Réservation conseillée. Plus d’infos auprès des Treize arches au 05.55.24.62.22.

 

 

 

 

Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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